Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église qui la divinise

Homélie du Dimanche de la Pentecôte C : Jean 7, 37-39

Source image: Seigneur à qui irions-nous: Jésus est Dieu

Résumé : Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église . Ainsi, sans le Saint-Esprit, l’Église serait morte et disparue depuis longtemps car c’est lui qui la divinise .

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : mais qu’est-ce que l’âme?

La Pentecôte est l’une des fêtes les plus importantes de l’année liturgique. Pourquoi? Parce qu’aujourd’hui, avec la descente du Saint-Esprit, l’Église est née. En fait, le Saint-Esprit est essentiel et vital pour la vie de l’Église. Le pape Pie XII a déclaré que le Saint-Esprit est l’âme de l’Église. Parler de l’âme aujourd’hui peut être incompréhensible pour beaucoup de gens. Qu’est-ce que l’âme? L’âme est ce qui vous fait vivre. L’âme permet à un organisme de se développer, de se renouveler, de s’adapter aux changements et de se défendre contre les attaques qui menacent sa subsistance.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : l’oublier fait en sorte qu’on réduit l’Église à être simplement qu’une organisation humaine

Malheureusement, beaucoup semblent aujourd’hui oublier la dimension spirituelle de l’Église. Beaucoup en fait ne considèrent que l’aspect humain de l’Église et oublient donc son âme qui est le Saint-Esprit. Par exemple, beaucoup de gens disent: « Je crois en Dieu, en Jésus. Mais je ne crois pas en l’Église (le Pape, les évêques, les prêtres). D’autres considèrent l’Église simplement comme une institution humaine, une organisation humaine ou une démocratie qui peut être transformée et dirigée comme le souhaite la majorité. On a donc tendance à faire comme dans les partis politiques: l’Église serait divisée en deux partis: la droite et la gauche, c’est-à-dire les conservateurs et les progressistes. Par exemple, les journalistes essaient constamment d’analyser les décisions du pape François afin de savoir s’il est progressiste ou conservateur. Mais faire cela, c’est oublier que l’Église est née le jour de la Pentecôte du don du Saint-Esprit, Lui qui a pour mission d’inspirer, de diriger, de renforcer et de faire vivre l’Église.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : que serait l’Église sans le Saint-Esprit?

Je rencontre souvent des gens qui me disent: « Père, avant d’être gravement malade, je n’appréciais pas vraiment le cadeau de la santé. Mais maintenant que je suis malade, je réalise à quel point la santé est un bien très important. » De la même manière, nous, chrétiens, risquons de ne pas apprécier suffisamment le Don du Saint-Esprit. Ce n’est que lorsque cela fait défaut que nous pouvons mieux comprendre à quel point le Saint-Esprit est important pour nous et pour toute l’Église. En fait, on pourrait dire que sans le Saint-Esprit, l’Église ne pourrait même pas exister. Ainsi, si on y pense un peu, que serait l’Église sans le Saint-Esprit? Sans le Saint-Esprit:

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : sans le Saint-Esprit, nous ne serions pas chrétiens aujourd’hui

  • Les apôtres seraient restés enfermés au Cénacle par crainte des Juifs. Ils n’auraient pas eu la force missionnaire d’aller aux quatre coins du monde pour annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection et nous pouvons donc affirmer que sans le Saint-Esprit, nous ne serions pas chrétiens aujourd’hui.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : sans le Saint-Esprit, il n’y aurait pas de martyrs ni de saints

  • Les apôtres n’auraient pas pu toucher le cœur des gens. Il n’y aurait pas de conversions. Il n’y aurait eu ni martyrs ni saints enflammés d’amour pour Dieu et les hommes.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : sans le Saint-Esprit, l’Église serait divisée et serait disparue complètement

  • L’Église ne serait pas restée fidèle à l’enseignement de Jésus, elle n’aurait pas pu résister à la persécution. Il ne serait pas resté unie devant les nombreuses hérésies, divisions, scandales causés par la faiblesse humaine. Ainsi, sans le Saint-Esprit, l’Église serait disparue aujourd’hui.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : sur le plan personnel, sans le Saint-Esprit, la foi serait insignifiante

Pour chaque membre de l’Église, le Saint-Esprit est également vital et essentiel, car sans la lumière du Saint-Esprit, Dieu semblerait très éloigné et Jésus ne serait qu’un personnage de l’histoire passée. Sans le Saint-Esprit, l’évangile serait insignifiant, incompréhensible et resterait lettre morte. Notre prière semblerait vide, aride et inutile. L’autorité dans l’Église nous semblerait être un pouvoir anonyme qui menace notre liberté. Sans l’Esprit Saint, nous n’aurions pas la force de résister aux tentations du Malin. Mais au contraire, avec le Saint-Esprit, nous pouvons percevoir les signes de la présence du Christ ressuscité dans nos vies. Grâce à l’Esprit Saint, l’Évangile devient une lumière pour guider nos vies. Notre prière devient un moment de rencontre amoureuse avec notre Bien-aimé. Par l’Esprit Saint, l’autorité dans l’Église est considérée comme un service permettant de préserver l’unité et de rester ainsi fidèle à la vérité révélée par Jésus, et nous avons la force de résister aux tentations du diable.

Le Saint-Esprit est l’âme de l’Église : mais il y a une condition pour le Saint-Esprit nous touche et nous transforme

Comme vous le voyez, le Saint-Esprit est Celui qui donne la vie à l’Église et à notre vie spirituelle. Cependant, l’action de l’Esprit n’est pas automatique dans l’Église et en nous. Il y a une condition pour qu’il agisse en nous et dans l’Église. Dans la première lecture des Actes des Apôtres, il est dit: « Alors que le jour de la Pentecôte était en train de se réaliser, ils étaient tous ensemble au même endroit. » Ainsi, pour que l’Église existe et soit transformée par le Saint-Esprit, nous devons être rassemblés parce que nous ne pouvons pas « faire Église » en étant séparés les uns des autres. Jésus avait dit la même chose: « Quand 2 ou 3 seront réunis en mon nom … » Quand je rencontre des gens qui se disent chrétiens mais ne viennent pas aux réunions de l’Église, je me pose de sérieuses questions sur l’authenticité de leur foi et de leur appartenance à l’Église. Cela me fait penser à une anecdote de la vie du Pape Jean XXIII: lorsqu’il était Nonce apostolique à Paris, il était invité à une réception de dignitaires. Or, il y avait une dame assise à côté de lui qui lui a dit: « Excellence, vous savez, je suis catholique mais je ne suis pas une pratiquante ». Et le cardinal Roncalli avait répondu: « C’est pareil pour moi: je suis nudiste mais je ne suis pas un pratiquant. « 

Demandons donc au Seigneur de faire l’expérience du Don du Saint-Esprit afin que chacun de nous puisse vivre en parfaite harmonie dans l’Amour de Dieu et devenir ainsi des Signes de la Lumière du Christ pour nos frères et sœurs.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 240 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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