Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens?

Homélie du 3° Dimanche du Carême C : Luc 13, 1-9

Source image: Clip Webtélé ECDQ

Résumé : Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens? Jésus invite chacun à la conversion personnelle afin que nous coopérions avec Lui au salut du monde.

Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens?

Les moyens de communication modernes (télévision, internet, journaux) nous ont habitués à voir chaque jour toutes les calamités du monde presque instantanément. Que ce soit un accident de chemin de fer qui a tué 200 personnes, un énorme incendie qui a mis à la rue plusieurs familles, un tremblement de terre qui a fait des milliers de morts, des guerres, des attentats à la bombe, des actes de terrorisme, des meurtres, la famine, des millions de réfugiés vivant dans des camps de fortune. Face à toutes ces mauvaises nouvelles et ces tragédies, nous pouvons avoir deux types de réactions: Première réaction: ce serait celle de nous dire: « Que pouvons-nous y faire? Il n’y a rien à faire! » Alors petit à petit, nous nous habituons à voir ces situations de violence, à l’injustice et à la mort scandaleuse d’autrui. Ainsi, avec le temps, nous pouvons regarder toute la misère du monde et rester totalement insensibles et sans aucune réaction contre elle. Deuxième réaction : serait celle de rechercher un coupable à condamner pour tous ces malheurs. Alors, on cherchera à analyser les situations afin de trouver une personne coupable qui serait à la source de ces injustices, de ces violences et de ces tragédies mortelles. Et quand on ne peut pas trouver un coupable humain, alors on peut accuser Dieu lui-même d’être à la source de tous ces malheurs. On peut aussi en profiter pour nier l’existence de Dieu en disant que si Dieu existait, il ne permettrait pas de telles choses. Mais faire cela est en réalité une contradiction car on ne peut pas accuser quelqu’un de faire du mal s’il n’existe pas.

Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens? Jésus invite chacun de nous à la conversion

En lisant l’évangile, nous voyons que Jésus a également été confronté à ces problèmes. Même à son époque, il y avait des mauvaises nouvelles. Par exemple, « ces Galiléens, dont le sang avait été versé par Pilate », puis « ces dix-huit personnes, sur lesquelles la tour de Siloé s’était effondrée et qui les a tuées. »  Notez bien que Jésus ne dit pas : « Que voulez-vous faire? Il n’y a rien à faire. C’est comme ça et c’est tout! » Non, car Jésus n’est pas insensible au malheur des gens. D’autre part, Jésus ne cherche pas nécessairement à condamner un coupable. Il n’accuse personne. En fait, devant toutes les misères du monde, Jésus renvoie chacun de nous à sa propre conscience et à sa propre responsabilité: « Croyez-vous que ces Galiléens étaient plus pécheurs que tous les Galiléens pour avoir subi ce sort? » En d’autres termes, pour Jésus, il n’y a pas à débattre de la culpabilité des uns et des autres mais il faut plutôt s’interroger sur notre propre responsabilité personnelle. Par exemple, nous pouvons à juste titre accuser les producteurs de vêtements pakistanais qui font travailler les enfants pour un salaire ridicule et les accuser d’exploiter les petits et les misérables. Mais si par la suite, nous ici au Québec, nous achetons ces vêtements parce qu’ils sont vendus à un prix très bas, nous sommes alors aussi coupables de soutenir le marché de l’exploitation humaine. Bien sûr, nous pouvons nous disculper en disant que nous sommes peu nombreux et que nous ne pouvons pas résoudre tout seuls les grandes injustices de notre monde. Mais comme vous le savez peut-être, en Chine, il n’y a pas de services de nettoyage des rues dans les grandes villes. Tout le monde doit nettoyer devant sa maison. Et ainsi, toute la ville est propre. De la même manière, nous pouvons espérer résoudre les graves injustices qui causent la misère dans le monde. Cependant, il est nécessaire que chacun s’engage à changer son cœur, sa mentalité et ses habitudes de vie afin que l’amour puisse un jour régner dans nos villes et nos pays. Mais si aujourd’hui je fuis devant ma responsabilité de me convertir à l’Amour de Dieu et de mes frères, alors je me condamne à la mort spirituelle et à perpétuer le cycle infernal de l’injustice et du mal. De cette manière, les dons d’amour, de bonté et de vérité que nous avons reçus de Dieu ne viendront jamais à maturité.

Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens? Croire que Dieu veille sur nous

Pour mieux comprendre cela, Jésus nous présente une parabole: la parabole du figuier. Par cette parabole, Jésus veut nous dire 3 choses importantes:

Premièrement: Dieu aime chacun de nous. Il s’intéresse à nous et il veille sur nous comme un bon père ou une bonne mère, ou bien comme un jardinier aimant son jardin qui veille soigneusement sur la croissance et le développement de chacune de ses plantes afin qu’elles puissent donner beaucoup de fruits.

Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens? Croire que Dieu veille sur les dons qu’il nous a faits pour nous sauver

Deuxièmement: Dieu a créé chacun de nous avec des talents différents. Chaque talent doit donner un fruit particulier. En tant que Dieu est un bon agriculteur, lorsqu’il sème certaines graines, il s’attend à voir croître les fruits correspondants. De la même manière, les dons naturels et surnaturels que Dieu a semés en nous devraient (comme les semences des divers légumes) donner des fruits correspondants. Par exemple, le don surnaturel reçu lors du baptême qui est celui de devenir « enfant de Dieu » devrait produire dans le baptisé le fruit de la fidélité à la Parole de Dieu. Le don du sacrement de la confession que Dieu nous fait et par lequel nous recevons le pardon de nos péchés devrait produire le fruit de la gratitude envers Dieu, ainsi que ceux de la paix et de la joie pour sa miséricorde et son pardon. Dans le don de l’Eucharistie dans lequel nous recevons en communion le Corps du Christ à la messe, le fruit que nous devrions produire est celui de devenir de plus en plus semblables à Jésus de telle manière que nous ayons la même façon de penser, de parler et d’agir que notre Maître.

Face aux tragédies du monde, que faire comme chrétiens? Bien utiliser le temps présent qui nous est offert par Dieu

Troisièmement, parce que le figuier de l’Évangile ne portait pas de fruits, le jardinier a déclaré:  « Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.» De cette manière, nous pouvons comprendre que chaque instant que nous avons maintenant est un temps de grâce dans lequel le Seigneur prend patience avec nous et nous offre sa miséricorde afin que nous puissions nous convertir à son Amour et ainsi travailler afin qu’il y ait plus de justice autour de nous. C’est pourquoi le temps du carême est important et précieux. Nous ne devons pas le gaspiller! C’est maintenant et pas l’année prochaine que nous devons nous convertir! Sinon, peut-être sera-t-il trop tard?

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 244 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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