Être baptisé en vue de l’Eucharistie

#1 de la Série : Notre héritage baptismal

Résumé : Être baptisé en vue de l’Eucharistie. Le baptême a comme but que nous devenions Eucharistie : Corps livré, Sang versé et Cœur transpercé.

J’aborde aujourd’hui le thème : Être baptisé en vue de l’Eucharistie. Mon objectif est que nous puissions découvrir ensemble que l’on peut être privé de la célébration de l’Eucharistie et de la communion eucharistique mais on ne peut pas être privé de l’Eucharistie parce que nous sommes appelés à devenir Eucharistie. L’épreuve d’être privé de la célébration eucharistique nous oblige à grandir encore davantage dans cette réalité de devenir nous-mêmes Eucharistie. L’an passé quand il y a eu fermeture d’églises, nous avons approfondi la Parole de Dieu car si on est privé de l’Eucharistie nous avons quand même la Parole de Dieu. On a exploré ensemble une réalité très belle qui s’appelle la communion spirituelle.

Être baptisé en vue de l’Eucharistie car le baptême est la porte d’entrée de tous les sacrements

Le Catéchisme de l’Église Catholique nous dit que « le baptême est le fondement de toute la vie chrétienne, le seuil de la vie dans l’Esprit et la porte qui ouvre l’accès aux autres sacrements ». Donc, le baptême est en vue de l’Eucharistie. Dans la tradition catholique actuelle, on considère que le baptême est le début de l’initiation chrétienne et le terme de l’initiation chrétienne est l’Eucharistie. C’est ce qu’on signifie dans le baptême des petits enfants où à la toute fin de la célébration on se rend à l’autel pour déposer le petit enfant sur l’autel en disant : tu es baptisé et nous espérons qu’un jour tu vas revenir ici pour communier et recevoir le Corps du Christ dans l’Eucharistie. Cela annonce le terme vers lequel on chemine.

Être baptisé en vue de l’Eucharistie afin de devenir Eucharistie

Mais le but du baptême n’est pas afin que l’on puisse participer à l’Eucharistie. On peut faire une comparaison : la nourriture, dans notre vie quotidienne on mange. Le but de la vie n’est pas de manger mais c’est un moyen pour grandir, se développer et parvenir à la vie adulte. Donc, on naît puis on mange pour grandir et devenir adulte. La nourriture que l’on mange on l’assimile. C’est un phénomène de biochimie fascinant : ce que mon corps est, c’est les pommes de terre, la viande, les œufs que j’ai mangés. Mon corps va chercher les protéines, les vitamines dont il a besoin pour constituer mon corps. Dans l’Eucharistie, les choses se passent différemment : je mange l’Eucharistie, Corps du Christ, non pas pour l’assimiler mais pour être assimilé. C’est moi qui suis transformé dans l’Eucharistie. C’est moi qui deviens Corps du Christ non pas par un processus de biochimie et non pas par un processus automatique mais par un processus libre d’adhésion de foi. Dans la mesure où je reçois l’Eucharistie dans la foi, je suis transformé dans l’Eucharistie. Saint Augustin redisait sans cesse : « Devenez ce que vous mangez ». On reçoit le Corps du Christ pour devenir nous-mêmes Eucharistie. Alors, on a deux sens de l’Eucharistie : l’Eucharistie en tant que moyen et en tant que but ultime de la vie chrétienne. L’Eucharistie que je mange est un moyen. Et l’Eucharistie que je deviens qui est le but. Ce sont deux choses différentes. On peut être privé de l’Eucharistie en tant que moyen comme actuellement on ne peut pas recevoir la communion eucharistique. Mais on ne peut pas être privé de l’Eucharistie en tant que but. Et même au contraire, lorsqu’on vit un temps d’épreuve comme on le vit actuellement, on reçoit cela comme un appel plus pressant à devenir Eucharistie.

Qu’est-ce que cela veut dire « devenir Eucharistie »? Cela veut dire devenir semblable à Jésus. Au fur et à mesure où la vie de Jésus s’incarne en moi je deviens semblable à Jésus. Cela veut dire bien sûr aimer à la manière de Jésus. Devenir entièrement amour à la manière de Jésus. Mais davantage encore, devenir semblable à Jésus en tant que Corps livré, Sang versé, Cœur transpercé. Alors quand on est privé de l’Eucharistie, lorsqu’on voit nos églises fermées et que l’on voit nos frères et sœurs qui ne peuvent pas aller à l’Eucharistie, on en souffre et cela transperce notre cœur. Alors on est uni à Jésus dont le Cœur a été transpercé.

Être baptisé en vue de l’Eucharistie : passer de l’Eucharistie du Jeudi-Saint à l’Eucharistie du Vendredi-Saint

Moi comme prêtre d’abord, quand je célèbre l’Eucharistie et quand je vous présente le Pain de l’Eucharistie et que je dis : « Prenez et mangez ceci est mon Corps livré pour vous », je ne suis pas seulement en train de vous montrer le pain de l’Eucharistie. Je suis en tant que prêtre uni à Jésus je dis : « Prenez et mangez ceci est mon Corps livré pour vous ». Quand je dis ces paroles, je vous entraîne aussi sur ce chemin pour devenir vie offerte en union avec Jésus et à devenir vous-mêmes Corps livré pour les autres, ce Sang versé pour les autres et ce Cœur transpercé pour les autres. Alors, on entre dans ce mouvement où l’on devient Eucharistie. À ce moment-là, on peut être privé de la célébration de l’Eucharistie mais non pas de l’Eucharistie puisque nous le sommes. Mon frère et ma sœur sont eux aussi devenus Eucharistie car nous sommes devenus Eucharistie les uns pour les autres. Alors on passe de l’Eucharistie du Jeudi-Saint à l’Eucharistie du Vendredi-Saint. À l’Eucharistie du Jeudi-Saint, Jésus rassemble ses apôtres, il leur partage le pain et le vin et leur dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous » et « Ceci est mon Sang versé pour vous ». Quand on va à la messe on pense au Jeudi-Saint. Mais il y a l’Eucharistie du Vendredi-Saint où Jésus accomplit ce qu’il a annoncé le Jeudi-Saint. Sur la croix mon Corps livré pour vous et mon Sang versé pour vous, mon Cœur transpercé pour vous. Donc, quand on va à l’Eucharistie, on fait mémoire et on vit l’Eucharistie issue du Jeudi-Saint. Quand nous sommes éprouvés dans toutes sortes d’épreuves qui nous unissent à Jésus Crucifié, on vit l’Eucharistie du Vendredi-Saint. Nous sommes invités en ces temps que l’on vit à contempler non pas ce que l’on nous enlève mais ce que l’on ne pourra jamais nous enlever : être Eucharistie les uns pour les autres. Je vous invite à bénir le Seigneur pour toutes nos Eucharisties du Jeudi-Saint. Et bénissons le Seigneur pour toutes nos Eucharisties du Vendredi-Saint. Laquelle est la plus importante? Les deux sont nécessaires et se complètent. Chacune en son temps. Vivons pleinement nos Eucharisties du Jeudi-Saint, vivons pleinement nos Eucharisties du Vendredi-Saint pour la plus grande Gloire de Dieu et pour le Salut de notre humanité!

SOURCE : CHAÎNE YOUTUBE NICOLAS TREMBLAY

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A propos Nicolas Tremblay 48 Articles
Nicolas Tremblay est prêtre dans le diocèse de Joliette.

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