Les conditions d’une foi ferme et victorieuse

Homélie pour le 4ème dimanche de l’Avent, Année «B», Dimanche 24 décembre 2017, Lc. 1, 26-38

La foi d’un père-maître

J’avais un maître des novices dans la vie monastique bénédictine, le Père Laurent van der Mensbrugghe, qui était un homme remarquablement « stable ». On avait l’impression que rien ne pouvait l’ébranler.

La foi de Pie XII

De fait, son esprit était « ferme » comme en témoigne l’histoire qu’il aimait me raconter pour fortifier la fermeté de ma  foi : Le révérendissime abbé Van Calloun, abbé de Saint André de Bruges, est appelé par le Pape Pie XII  à visiter les monastères du Brésil en grande difficulté. Le Pape veut son avis. Le Père abbé rend son rapport : la restauration des monastères bénédictins au Brésil est impossible. Le Pape Pie XII le remercie et lui dit : « Hé bien, maintenant, allez, et faites en telle sorte que ces monastères retrouvent leur dynamisme. » Mgr. Van Calloun s’incline et ces monastères retrouvèrent leur élan grâce à celui qui les avait considérés comme perdus.

La foi de nos ancêtres

Le Père Laurent van der Mensbrugghe concluait sa petite histoire en me disant : « Ne regardez pas ce qui se voit, marchez dans la foi. » L’Ecriture ne lui donnait-elle pas raison puisque nous y lisons que « la foi est le fondement des choses qu’on espère, une preuve des choses qu’on ne voit pas » ?  (He.11, 1)  Ce chapitre onze est d’ailleurs consacré aux héros de la foi biblique. Il faudrait que nous le connaissions par cœur.

La foi a sa source en Dieu

La foi a d’abord sa source en Dieu : « Gloire à Dieu, qui a le pouvoir de vous rendre fermes, conformément à l’évangile que je proclame en annonçant Jésus-Christ. » (Rm.16, 25)

La foi a sa source en l’homme

Mais elle a aussi sa source en nous puisque nous voyons souvent le Seigneur louer la foi de ses interlocuteurs. Ainsi Jésus dit :

  • Au centurion romain qui pense qu’un seul ordre du Seigneur suffira à guérir son serviteur : « Je vous le dis : même en Israël Je n’ai pas rencontré une telle foi ! » (Lc.7, 9)
  • A une femme pécheresse, sans doute Marie-Madeleine: « Ta foi t’a sauvée, va en paix. » (Lc.7, 50)
  • A une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans et qui s’est approchée pour toucher Son manteau par derrière, ayant foi que ce geste suffirait à la guérir : « Ta foi t’a sauvée, va en paix. » (Lc.7, 50)
  • A un lépreux guéri, venu Lui rendre grâce de sa guérison : « Relève-toi et va ton chemin, ta foi t’a sauvé. » (Lc.17, 19)
  • A un aveugle criant pour se faire entendre de Jésus afin qu’Il le guérisse: « Recouvre la vue, ta foi t’a sauvé ! » (Lc.18, 42)

Quel chemin prendre pour posséder cette fermeté dans la foi d’un maître des novices bénédictin, d’un centurion romain, d’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans, d’un aveugle, d’une femme pécheresse, d’un lépreux ?

1. Les conditions d’une foi ferme et victorieuse

Dans les exemples précités, il y a manifestement :

  • De la part du centurion, une conviction qu’il s’adresse à Quelqu’un à qui « tout est possible »: « Dis seulement une parole… » (Lc.7, 7)
  • De la part de la femme pécheresse, une certitude, qui d’ailleurs la bouleverse, que Dieu, en Jésus-Christ, Lui a pardonné.
  • De la part de la femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans, une confiance telle en l’absolue sainteté de Jésus que toucher ses vêtements, suffira à la guérir.
  • De la part de l’aveugle guéri, une certitude absolue que Celui qui passe ne peut que prendre pitié et le guérir.

2. Les raisons d’une foi faible…           

On pourrait résumer toutes ces qualités de la foi à une seule : une parfaite assurance en la puissance, en l’amour, en la sainteté et la bonté du Christ. Des comportements contraires viennent annihiler la vertu de foi :

  1. La peur : « Jésus monta dans la barque et ses disciples Le suivirent. Mais la mer devint de plus en plus agitée, si bien que des vagues passaient par-dessus la barque ; et Lui dormait. Ils s’approchent donc et le réveillent en lui disant : “Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus !“  Mais Lui leur dit : “Comme vous êtes peureux, gens de peu de foi !“ » (Mt. 8, 24- 26)
  2. L’incrédulité en la puissance de Dieu : Au père dont le fils est épileptique, Jésus dit : « “Si tu peux… Mais tout est possible pour celui qui croit !“ Aussitôt le père de l’enfant s’écrie : “Je crois, mais viens en aide à mon manque de foi !“» (Mc.9, 23)
  3. L’inquiétude mal placée : « Vous avez bien peu la foi ! donc laissez là vos inquiétudes : Qu’allons-nous manger ? Qu’allons-nous boire ? Comment nous habiller ?  Laissez les païens courir après toutes ces choses, car votre Père du Ciel sait que tout cela vous est nécessaire. Cherchez d’abord son royaume et sa justice, et tout le reste vous sera donné en » (Mt.6, 30-33)
  4. Une connaissance superficielle de Jésus. « Ils ne savaient qu’en penser et disaient : “D’où Lui vient cette sagesse ? D’où Lui viennent ces miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère s’appelle Marie, n’est-ce pas ? Et ses frères, c’est Jacques, c’est Joseph, c’est Simon et Jude !  Ses sœurs aussi sont toutes des nôtres ; alors, d’où Lui vient tout cela ?“ C’est ainsi qu’ils butaient et ne l’acceptaient pas. »  (Mt. 13,54-58)
  5. L’hésitation. « Pierre descend donc de la barque ; il marche sur l’eau et s’approche de Jésus. Mais il voit que le vent est fort et il a peur, et comme il commence à s’enfoncer, il crie : ‘ Seigneur, sauve-moi !’ Aussitôt Jésus étend la main, le saisit et lui dit : “Homme de peu de foi ! Pourquoi as-tu hésité ?“ » (Mt. 14, 29-31)
  6. L’oubli des merveilles de Dieu: « Jésus … leur dit : “Qu’est-ce qui vous préoccupe : Vous n’avez pas de pain ? Vous avez bien peu la foi !  Vous ne comprenez toujours pas, vous ne vous rappelez pas les cinq pains pour les 5 000 hommes et combien de paniers vous avez emportés ?  Ni les sept pains pour les 4 000 et combien de corbeilles vous avez rapportées ?“ » (Mt. 16, 8-10)
  7. L’absence de prière : A ses apôtres qui n’ont pu chasser un démon, Jésus dit : « Parce que vous avez bien peu la foi. En vérité Je vous le dis, si vous aviez la foi gros comme une graine de moutarde, vous diriez à cette montagne : Bouge d’ici et va là-bas ! et elle se déplacerait. Rien ne vous serait impossible. Il n’y a que la prière et le jeûne pour chasser cette sorte de démon. » (Mt. 17, 20-21)
  8. Le découragement dans la prière. « Il leur raconta cette parabole pour dire qu’il faut prier sans cesse et ne pas se décourager: « Dieu ne fera-t-Il pas justice à ses élus s’ils crient vers Lui jour et nuit alors qu’Il les fait attendre !  Je vous le dis : Il leur fera justice, et vite. Mais quand viendra le Fils de l’Homme, trouvera-t-Il encore la foi sur la terre ?“ » (Lc.18, 1-8)
  9. La désobéissance au Saint Esprit. « Les apôtres dirent alors au Seigneur : “Donne-nous un peu plus la foi !“ Le Seigneur répondit : “Si vous avez un peu la foi, gros comme une graine de moutarde, vous direz à cet arbre : Arrache-toi et plante-toi dans la mer, et il vous obéira. Lorsque votre serviteur a labouré ou gardé le troupeau, et qu’il revient des champs, lequel d’entre vous lui dira : Allons, viens te reposer !  Vous lui direz sûrement : Prépare-moi à dîner. Boucle ta ceinture et sers-moi, que je puisse manger et boire, ensuite tu mangeras et tu boiras.  Et quand il aura fait ce qu’on lui a commandé, qui d’entre vous lui en saura gré ? Cela vaut pour vous : lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été commandé, dites : Nous ne sommes que de la main-d’œuvre ; nous avons fait ce que nous devions faire. “  » (Lc.17, 5-10)
  10. L’étroitesse d’esprit. « Finalement, Jésus se manifesta aux Onze alors qu’ils étaient à table. Il leur reprocha de manquer de foi, d’être si peu ouverts, et de n’avoir pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. » (Mc.16, 14) 

3. La prière de la foi…

…de l’ange Gabriel

Pour affermir la foi de Marie, l’ange Gabriel se contente de rappeler la toute puissance de Dieu : « Et voici qu’Elisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait “la femme stérile“. Car rien n’est impossible à Dieu. » (Lc.1, 36-37)

…de Jean de Cronstadt

La « prière de la foi » consiste à  confesser la toute puissance de Dieu, comme l’ange Gabriel, comme le Centurion, comme l’aveugle, comme la femme atteinte d’hémorragies.

  • C’est ce que rappelle Saint Jean de Cronstadt : « Rappelle-toi dans ta prière que Dieu attend ta réponse affirmative à cette question qu’Il adresse à ton cœur : “Crois-tu que Je puisse le faire ?“ Et tu dois répondre du fond de ton cœur : “Oui, Seigneur, je le crois. “(cf. Mt 9, 28) Tu recevras alors selon ta » (Saint Jean de Cronstadt, Ma vie en Christ)
  • C’est ce que rappelle encore Charles Finney: « Il faut avoir foi en Dieu et croire qu’Il est Celui qui exauce la prière. »

 

Prions : « Seigneur, en ce temps de l’Avent, Tu attends de nous une prière de foi, pleine de confiance. Donne-nous cette fermeté constante dans la foi. Amen. »

 

Question : Est-ce que je prie en ayant foi en la toute-puissance de Dieu ?

Suggestion : Vivre continuellement dans la foi

Question : Quel est l’obstacle fréquent à votre manque de foi ?

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 75 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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