Témoignage de l’acceptation de la souffrance par la foi

Témoignage de l’acceptation de la souffrance par la foi de Jeanne Pelat, licenciée en Histoire de l’Art (Lille 3) et Journalisme (ESJ Lille) et étudiante en théologie pratique, qui est une jeune fille qui est tombée malade à l’âge de 5 ans d’une myopathie qui est une maladie génétique qui touche tous les muscles et qui les affaiblit. Voici donc son témoignage extraordinaire de l’acceptation de la souffrance par la foi:

« Aujourd’hui je suis clouée au fauteuil mais c’est avec tellement de grâces que finalement, c’est presque rien. La rencontre que j’ai faite avec Marie c’est vraiment ce que cela m’a appris en fait. Cela m’a appris à faire confiance et à m’abandonner à la Volonté du Christ. Peu importe les souffrances, tant que Dieu est là et qu’il nous porte par sa grâce, on est capable de tout supporter. Je pense que Marie, c’est vraiment le meilleur moyen et le plus beau des moyens pour aller vers son Fils. La grâce par excellence, c’est vraiment son essence même, c’est la Paix du Christ, la Paix qu’il nous promet. J’ai quand même obtenu grâce à Dieu et grâce à Marie une grâce de guérison toute intérieure et cette Paix du Christ que je ne connaissais pas et que je n’imaginais même pas et qui finalement est venue me cueillir. Et voilà, je pense que c’est la plus belle guérison que je puisse recevoir. L’âme peut être malade et les esprits sont souvent bien plus malades que les corps. Même si les corps sont malades, le Christ nous réserve finalement notre consolation jalousement dans son Royaume. Après je pense qu’ici bas ce qui nous porte vraiment, c’est la guérison de l’âme qu’il nous promet dès ici-bas et qui est possible dès ici-bas. »

« Si vous êtes malades, que ce soit dans votre chair ou dans votre esprit, venez à Marie et Marie vous conduira au Christ. Marie vous donnera la main et je suis certaine qu’elle vous donnera cette Paix dont j’ai héritée qui me permet aujourd’hui de vivre une vie heureuse avec le Christ avec Marie qui nous porte. On est vraiment portée par la grâce de Lourdes. Il faut oser venir jusqu’à Marie et Marie nous conduira au Christ quelque soit notre état. »

« Sans les malades, l’humanité ne serait plus à l’image du Christ. Que serait le Christ sans ses stigmates. Il doit bien avoir quelques malades pour représenter cette souffrance de Dieu et nous ne sommes que son reflet. Je n’ai pas eu de chance, ou j’en ai eu beaucoup, cela dépend du point de vue. En plus de la myopathie, j’ai développé une maladie de peau peu après la perte de la marche. J’ai perdu ma peau de la tête au pieds et on n’a jamais su ce que c’était. Décidément, je multipliais les mystères. Il y quelques années, j’ai encore développé du diabète. J’enchaîne un petit peu … Mais il ne faut pas tomber dans le dolorisme et estimer que la douleur c’est profondément bien parce que la douleur en soit cela n’a aucun sens. Mais je pense qu’il faut apprendre déjà à faire confiance et à savoir faire quelque chose de sa douleur. On peut tous se référer en tant que malade à ce passage de l’agonie de Jésus. Nous aussi on a peur, c’est normal, personne n’a envie de souffrir. Mais face à la souffrance, on ne peut que suivre l’exemple du Christ en se disant: ‘écoute mon Dieu, si cette douleur peut m’être évitée, je te remercie. Sinon, que ta volonté soit faite, pas la mienne. Finalement, il n’y a que de cette manière là que l’on peut accueillir la souffrance. »

« On est dans une société assez orgueilleuse d’une certaine manière, où on est tout le temps à penser que l’on doit tout faire tout seul, qu’on sait largement se débrouiller tout seul et qu’on a besoin de personne. L’homme se croit au-dessus de tout, on en voit d’ailleurs les dégâts. Et puis quand on souffre, on se retrouve dans l’épreuve, on réalise qu’et bien non, on n’est pas tout-puissant, on est vraiment vulnérable et alors l’aide de Dieu est bienvenue. Et alors, c’est la rencontre et on commence à cheminer avec le Christ dans les épreuves et c’est vraiment une école d’humilité. 

« La foi m’a vraiment aidée à prendre chaque épreuve comme une école pour moi-même comme pour me faire grandir dans la foi, dans l’espérance. Et quand je n’en peux plus, quand je crois qu’il n’y a plus moyen de faire confiance à Dieu et que je suis totalement à bout et que j’en ai marre et que je souffre, et bien je dis non. C’est encore là une épreuve et tu vas voir: prie Dieu et tu verras, tu seras encore une fois aidée. Dieu sera encore au rendez-vous. La foi, c’est un compagnon de tous les jours. On se lève avec la foi, on se couche avec la foi. »

« La foi, c’est 90% d’espérance et 10% de doute. L’espérance est absolument essentielle, sans elle on ne fait plus rien. (…) » « L’éternité, je l’ai quand même souvent touchée du doigt. Je suis passée de nombreuses fois à côté de notre amie la mort, elle m’est un peu familière dans le sens où la mort ne me fait pas vraiment peur et où j’estime que ce que nous vivrons après va être tellement plus merveilleux que voilà, ce que l’on est en train de vivre ici, c’est extraordinaire, mais ce n’est rien à côté de ce que l’on vivra après. »

« La maladie est un cadeau parce que finalement déjà on touche à la réalité du Christ dans sa Passion pendant toute notre vie et à la fin de notre vie, et bien, c’est le Christ qui se réserve jalousement notre guérison et qui nous attend. Voilà, c’est absolument merveilleux, on ne peut espérer rien d’autre en tant que malade que de se dire que: si on n’est pas guéri aujourd’hui, c’est parce que Dieu se réserve jalousement notre guérison et notre soulagement. Il va nous l’apporter lui-même. On a juste à attendre et moi je ne demande pas mieux que de découvrir le soulagement par la grâce de Dieu. Donc, cette éternité, elle est belle et plus on souffre ici-bas, plus cette éternité paraît resplendissante et je suis sûre qu’elle le sera. »

« Je trouve cela merveilleux cette image de l’Enfant Jésus, Dieu qui se fait le petit enfant, le Dieu qu’on dit « Tout-Puissant » et qui se fait le plus petit et le plus humble. Et il y a aussi l’image du Christ crucifié puisque c’est l’accomplissement de tout ce qu’il avait promis. C’est une folie d’amour absolue, car il pouvait à tout moment dire: « J’ai assez souffert et j’ai assez donné, je remonte vers mon Père et puis basta. » Et bien non, il est resté jusqu’au bout. Il a tout souffert avec nous parce qu’il l’avait décidé dès le départ et il est resté avec nous jusqu’à la croix, jusqu’au désespoir, jusqu’à l’âme mortellement triste, comme il l’a dit lui-même, donc il n’y a pas d’image qui puisse plus me toucher. »

« Quand il dit: tout ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez, c’est une parole qui m’avait beaucoup marquée déjà parce qu’il s’identifie aux plus petits d’entre tous et parce qu’il donnait un message non pas aux malades mais aussi aux soignants en leur rappelant que c’est presque un honneur de servir les malades car c’est l’occasion de servir le Christ, c’est avoir le Christ à portée de main en aidant n’importe qui d’entre nous. C’est quand même assez miraculeux. Cette parole, je la trouve très très forte. Et si on la prenait plus au sérieux, les hôpitaux, je pense qu’on pourrait les appeler ‘sanctuaires’ finalement. »

SOURCE : Un feu sur la terre

 

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 150 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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