Comment évangéliser sans dire un mot ?

Résumé: Comment évangéliser sans dire un mot? Voilà une question pertinente et importante car l’on sait que les gens ne donnent pas beaucoup de crédit au témoignage verbal. Nous chercherons donc à savoir ce que les évangiles et le Nouveau Testament nous disent sur ce sujet. 

Dans un précédent article (5 manières de faire connaître et aimer Jésus sans le nommer ?) nous avions tenté de répondre à la question à partir de notre expérience personnelle. Maintenant, nous voudrions nous poser la même question en cherchant la réponse dans les évangiles et le Nouveau Testament.

Pertinence et importance de la question

Mais tout d’abord, il nous semble important de comprendre la pertinence et l’importance de la question. Comme le disait le Pape Paul VI : «Les hommes d’aujourd’hui ont plus besoin de témoins que de maîtres. Et lorsqu’ils suivent des maîtres, c’est parce que leurs maîtres sont devenus des témoins. » (Paul VI au Conseil des laïcs, 1974). La force du témoignage consiste surtout dans la certitude intérieure acquise par l’expérience spirituelle et l’intériorisation de la foi. C’est pourquoi, comme le disait Mgr. John Foley aux participants du 106° Congrès des Chevaliers de Colomb : « Votre vie sera probablement la seule Bible que liront jamais la plupart des gens. Votre exemple doit donc être toujours édifiant. »

L’expérience d’évangélisation du Seigneur Jésus

D’ailleurs Jésus avait expérimenté lui-même la difficulté de l’évangélisation par la parole. Aux juifs qui refusaient de le croire sur parole, il disait : « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. » (Jean 10, 37-38). Et puisque le disciple n’est pas plus grand que son maître, celui-ci ne doit pas s’attendre à ce que son témoignage verbal soit davantage pris en compte.

Dans l’évangile, Jésus nous avertit clairement que le meilleur témoignage qui nous fera entrer dans son Royaume est celui de la charité en acte : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” (Matthieu 25, 34-40) Ainsi, ce sont les œuvres de miséricorde qui ont le plus de valeur évangélique aux yeux du Seigneur et qui ouvrent les portes du Royaume à tous les humains.

L’expérience d’évangélisation de l’Apôtre Pierre

De son côté, l’apôtre saint Pierre était bien conscient lui aussi que souvent les paroles humaines pour annoncer l’Amour de Dieu ne portent pas de fruit et que c’est surtout par notre comportement et nos attitudes que nous pouvons le mieux évangéliser nos frères et sœurs. C’est la raison pour laquelle il recommandait : « Vous les femmes, soyez soumises à votre mari, pour que, même si certains refusent d’obéir à la parole de Dieu, ils soient gagnés par la conduite de leur femme et non par des paroles, en ouvrant les yeux devant votre attitude pure et pleine de respect. Que votre parure ne soit pas extérieure – coiffure élaborée, bijoux d’or, vêtements recherchés – mais qu’elle soit une qualité d’humanité au plus intime de votre cœur, parure impérissable d’un esprit doux et paisible : voilà ce qui a grande valeur devant Dieu. » (1 Pierre 3, 1-4)

Bien entendu, l’appel de saint Pierre à évangéliser par un comportement digne de l’évangile ne s’adresse pas seulement aux femmes de la communauté mais à tous : « Vous tous, enfin, vivez en parfait accord, dans la sympathie, l’amour fraternel, la compassion et l’esprit d’humilité. Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’insulte pour l’insulte ; au contraire, invoquez sur les autres la bénédiction, car c’est à cela que vous avez été appelés » (1 Pierre 3, 8-9)

Imprimer
Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 148 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire