Une « poupée russe » spirituelle

Homélie du 6° Dimanche Ordinaire B

Résumé : Une « poupée russe » spirituelle. L’évangile contient deux bonnes nouvelles insérées l’une dans l’autre. Jésus veut nous guérir à la fois de la lèpre et du péché qu’il symbolise.

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Savez-vous ce qu’est une « matrioska » ? On l’appelle aussi d’un terme français plus connu de « poupée russe ». Il s’agit de poupées de bois qui s’insèrent les unes dans les autres. De même, aujourd’hui dans l’évangile, on peut dire que nous avons une « poupée russe » spirituelle : deux bonnes nouvelles insérées l’une dans l’autre. Ainsi, l’évangile contient une première bonne nouvelle qui nous annoncent que Jésus guérit un lépreux et par-dessus cette bonne nouvelle, il y en a une autre encore plus importante qui nous annonce que Jésus veut nous guérir de la lèpre spirituelle du péché.

Une « poupée russe » spirituelle : La lèpre symbole du péché

Il me semble que ces deux bonnes nouvelles sont très importantes car il y a beaucoup de gens (même parmi les catholiques qui vont à la messe le dimanche) qui ne savent pas ce qu’est le « péché » et qui ne voient pas ses conséquences désastreuses pour la vie spirituelle. Ainsi, pour être en mesure de comprendre cet évangile, il est nécessaire à mon avis de faire un parallèle entre la lèpre (maladie physique) et la maladie spirituelle du péché.

La lèpre était au temps de Jésus et elle l’est encore de nos jours, une grave maladie qui, si elle n’est pas bien soignée, peut en venir à déformer peu à peu les membres de notre corps et à les rendre complètement insensibles. Dans le très beau film sur la vie du père Damien, missionnaire sur l’île de Molokai (Hawaii), apôtre des lépreux, il y a une scène très forte qui montre comment le père Damien a découvert qu’il avait contracté la lèpre. Un soir, le père Damien était très fatigué et il demanda à un ami de lui préparer un bain de pied pour se relaxer. En entrant dans la maison, le père Damien voit le bassin d’eau et il se trempe les pieds dedans. Au même moment, son ami entre avec un récipient d’eau froide qu’il s’apprêtait à refroidir l’eau bouillante. Le père Damien n’a pas senti que l’eau était bouillante. C’est ainsi qu’il découvrit qu’il avait contracté la lèpre. De la même manière, le péché nous rend insensibles au mal et déforme peu à peu notre conscience de telle manière que nous ne pouvons plus percevoir les signes de l’Amour de Dieu dans notre vie. De plus, nous devenons aussi incapables de discerner le péché dans notre vie. Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué que souvent les gens qui ont abandonné la foi en Dieu ont aussi perdu le sens du péché. Pour eux, le péché n’existe pas. Ils disent souvent que le péché est une invention des prêtres et de l’Eglise. En outre, la lèpre est une maladie contagieuse qui peut se propager très facilement. De même, la lèpre du péché se propage très rapidement car le mauvais exemple est très facile à reproduire. Dans notre société permissive, il y a un dicton très répandu : « tout le monde le fait, fais-le donc ». Un tel dicton fait en sorte que beaucoup cessent de réfléchir et de s’interroger sur le bien et le mal de leurs actions. Ainsi, par exemple, un jeune garçon qui, par lui-même n’aurait jamais eu l’idée de voler dans les magasins, s’il fréquente un groupe de copains voleurs, alors il se laissera influencer par leur mauvais exemple et il sera peu à peu entraîné lui aussi à voler.  

Mais le pire est que le péché, comme la lèpre, nous sépare et nous isole les uns des autres. Notre société actuelle souffre beaucoup en particulier d’un des plus grands maux qui soit, celui de l’isolement qui est le fruit de nos péchés qui brisent les amitiés les plus solides. Ces péchés portent différents noms : celui de « l’égoïsme » qui nous renferme en nous-mêmes et nous fait penser qu’à nous-mêmes. Ou de « L’orgueil » qui nous empêche de reconnaître nos torts et qui nous fait juger et mépriser les autres. Ou de la « colère » qui blesse psychologiquement et quelque fois physiquement par des paroles dures ou des gestes violents. Ou c’est aussi notre « infidélité » à la grâce de Dieu quand nous cessons de prier ou de recevoir les sacrements qui nourrissent et fortifient notre âme.

Une « poupée russe » spirituelle : Jésus nous guérit de la lèpre du péché

Face à tous ces péchés qui nous isolent de Dieu et de nos frères, le Seigneur a pour nous une bonne nouvelle : « Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » Quand j’essaie de m’imaginer cette scène de l’évangile, il me vient à l’esprit la très belle image de la Chapelle Sixtine à Rome peinte par Michelange et qui représente la Création de l’homme par Dieu. Ainsi, on voit Dieu le Père qui tend la main vers Adam pour lui communiquer la vie. Tandis que Adam a aussi le bras tendu pour recevoir le Don de Dieu. Cette image, à mon avis, peut nous aider à interpréter la guérison du lépreux faite par Jésus dans l’évangile. Il me semble que lorsque Jésus touche le lépreux pour le guérir, c’est une nouvelle création qui s’accomplit par laquelle l’humanité pécheresse est libérée et guérie par la Miséricorde de Dieu. En touchant le lépreux, Jésus fait éclater la bulle du péché qui renferme l’homme sur lui-même et le sépare de Dieu et des autres humains. Le Seigneur nous invite aujourd’hui à faire cette expérience de la Miséricorde de Dieu et à laisser toucher notre cœur par le pardon du Seigneur, spécialement dans le sacrement de la Réconciliation afin de vivre dans la Paix de Dieu avec nos frères et sœurs.

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A propos Gérald Lajeunesse 313 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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