L’évangélisation relationnelle de l’oïkos

Premier défi pastoral du SCPÉ

SOURCE IMAGE: Clip "Miséricordieux comme le Père" de Richard Vidal WEBTÉLÉ ECDQ

Nous utilisons le mot « défi » de manière préméditée, puisque la vision prophétique du SCPÉ nécessite, de la part du pasteur et des laïcs engagés dans cette approche évangélisatrice, le courage de développer un « nouveau style de vie pastorale » (Pastores Davo Vobis, §18). Guider une communauté paroissiale sur le chemin du changement pastoral pour la nouvelle évangélisation implique une lucidité et audace pour que cette transformation communautaire se vive sereinement et de manière progressive. Relever un tel défi pastoral exige une vision claire et une ferme détermination, afin d’aller jusqu’au bout de ce que le Seigneur demande pour permettre le renouvellement des communautés dans le dynamisme de la croissance. 

Premier défi: l’évangélisation relationnelle de l’oïkos

« Évangéliser dans les relations déjà existantes » peut sembler, d’un point de vue extérieur, simple et aisé. Mais en fait, cela représente, pour les fidèles laïcs qui ont vécu dans un contexte de chrétienté et de société individualiste, un défi de taille. Jusqu’à maintenant, la théologie pastorale, davantage portée à situer l’agir de l’Église d’un point de vue communautaire et sacramentel, n’est pas encore vraiment parvenue à développer une conscience claire et profonde du rôle essentiel et fondamental du caractère « interpersonnel » et « relationnel » du témoignage de foi dans la première évangélisation. Pourtant, le Christ Jésus nous est révélé dans les Évangiles comme celui qui peut entretenir avec chaque personne le plus haut niveau de qualité relationnelle. Une relecture des textes du Nouveau Testament nous fait comprendre que ce facteur « relationnel » et « interpersonnel » n’a jamais été négligé dans l’évangélisation. Cela est bien rappelé dans Evangelii Nuntiandi: « C’est pourquoi, à côté de cette proclamation de l’Évangile sous forme générale, l’autre forme de sa transmission, de personne à personne, reste valide et importante. Le Seigneur l’a souvent pratiquée – les conversations avec Nicodème, Zachée, la Samaritaine, Simon le pharisien, par exemple, l’attestent -, les Apôtres aussi. Y aurait-il, au fond, une autre manière de lire l’Évangile, que de transmettre à un autre sa propre expérience de la foi?  » (EN §-46)

Le processus d’évangélisation du SCPÉ, en fidélité avec l’expérience du Christ Jésus et de ses disciples, met en évidence cette stratégie évangélisatrice et souligne la nécessaire conversion de l’Église pour vivre plus pleinement dans un esprit fraternel. Pourtant, il ne s’agit pas de développer cette dimension relationnelle qu,à cette première étape du processus d’évangélisation. Le caractère interpersonnel doit être maintenu dans tout le processus lui-même, et ce jusqu’au coeur de la vie cellulaire, afin que toute la communauté paroissiale se « convertisse » pour vivre dans ce rayonnement fraternel et amical: « À ceci, tous vous reconnaîtront pour mes disciples: à l’amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13, 35). On doit considérer la structure ecclésiale, non pas comme une réalité se suffisant à elle-même, mais plutôt comme une réalité au service d’une réelle et profonde spiritualité de communion. Les structures ecclésiales gouvernées par la mentalité de chrétienté qui, malheureusement, sont devenues en quelque sorte autosuffisantes et résistantes à développer un véritable esprit de fraternité, auraient avantage à s’inspirer de cette pédagogie de l’oïkos pour déployer cette vitalité relationnelle au sein de toutes les dimensions de la vie ecclésiale. Ce caractère fraternel et interpersonnel qui traverse tout le SCPÉ permet aux paroisses d’être pleinement au service de cette vie de communion. 

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Mario Saint-Pierre
A propos Mario Saint-Pierre 12 Articles
Le Père Mario St-Pierre est prêtre et théologien

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