La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur?

Homélie du 3° Dimanche de Pâques C: Jean 21, 1-14

Source image: Clip "Aimez-vous les uns les autres" (Youtube)

Résumé : La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? La foi n’est pas qu’un porte-bonheur. Elle est fruit d’une rencontre d’amitié avec Jésus Christ qui nous assure de sa présence et de son amour.

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? Mais qu’est-ce qu’un porte-bonheur?

Savez-vous ce qu’est un porte-bonheur? Voici quelques exemples de porte-bonheur: un fer à cheval ou une corne d’abondance ou l’effigie d’un éléphant. Beaucoup de gens croient que si vous portez ces objets à votre cou ou à votre poignet, vous serez protégés contre la malchance et que vous pourrez éviter les problèmes et les échecs de la vie. Alors, tout ce que vous ferez sera un succès. Mais l’Église ne croit pas du tout cela. Elle appelle plutôt cela de la « superstition ». Qu’est-ce que la superstition? C’est croire que les objets matériels en eux-mêmes ont un « pouvoir magique » qui assure une protection contre tout malheur. Or, beaucoup de gens aujourd’hui considèrent les objets religieux comme des porte-bonheurs. Par exemple, ils vont placer un chapelet autour du miroir de la voiture pour leur protection contre les accidents. Ils ne prient jamais avec le chapelet mais ils croient que l’objet du chapelet les protégera contre un accident de la circulation ou une panne mécanique. Un autre exemple fréquent de superstition c’est lorsque on demande aux parents qui veulent faire baptiser leur enfant, pourquoi ils veulent le faire baptiser? Ils répondent souvent parce que nous voulons que notre enfant soit protégé par Dieu, mais ils ne prient jamais le Seigneur et ils ne vont jamais à la messe le dimanche. Ils croient que l’eau du baptême sera une protection contre les malheurs de la vie. Alors, on peut se demander : quelle est la différence entre la superstition et la foi chrétienne?

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? La foi n’est pas un porte-bonheur car elle ne nous préserve pas des malheurs de la vie

Nous pouvons voir une réponse dans les lectures d’aujourd’hui. En fait, après la résurrection de Jésus, nous voyons que les apôtres sont persécutés à cause de leur foi en Jésus ressuscité. Nous voyons aussi que leur entreprise de pêche ne va pas très bien car lorsqu’ils vont à la pêche, ils ne prennent rien. Ainsi, nous pouvons voir que la foi en Jésus ressuscité ne permet pas aux apôtres d’éviter les problèmes et les difficultés de la vie et ne leur assure pas le succès de leurs actions quotidiennes. Cela nous montre bien que lorsque nous avons la foi chrétienne, nous ne sommes pas automatiquement protégés contre les difficultés ou les souffrances de la vie. Parfois, je rencontre des catholiques qui tombent malades et vivent différentes épreuves et qui disent: « Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu pour avoir toutes ces épreuves? » Peut-être pensaient-ils que la foi chrétienne leur épargnerait les épreuves et les maladies? Mais si cela était vrai, Jésus n’aurait pas subi sa passion et ne serait pas mort sur la croix.

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? Si la foi n’est pas un porte-bonheur, alors qu’est-ce que ça donne d’avoir la foi?

Alors, qu’est-ce que cela nous donne de croire en Jésus ressuscité et d’être chrétiens? En fait, avoir foi en Jésus Ressuscité nous assure qu’il est le Vivant et qu’il est toujours avec nous. Jésus ressuscité est notre meilleur ami qui nous accompagne dans toutes les situations de notre vie: dans les moments beaux et joyeux comme dans les moments difficiles et tristes. Nous pouvons être sûrs que nous ne sommes jamais seuls parce que Jésus nous aime et ne nous laisse pas seuls. De plus, la foi nous aide à développer une relation personnelle d’amitié avec Jésus afin que nous puissions recevoir de lui la lumière, la consolation et l’aide dont nous avons besoin pour surmonter les différents défis de la vie. Grâce à la foi, nous nous ouvrons à la Lumière du Christ ressuscité qui nous éclaire afin que nous puissions prendre les bonnes décisions qui nous mèneront au salut éternel. Dans l’évangile, Jésus dit aux apôtres qui sont dans la barque après une pêche infructueuse: «  Enfants, vous n’avez rien à manger?» Ils ont répondu: « Non » Puis il leur dit: « Jetez le filet à droite du bateau et vous trouverez ». Si les apôtres n’avaient pas obéi à la parole de Jésus, ils n’auraient rien pris. Au lieu de cela, parce qu’ils avaient foi en la parole de Jésus, ils ont été capables de faire une pêche extraordinaire.

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? La foi se développe dans une relation de confiance et d’amitié avec le Seigneur grâce à laquelle on décide d’obéir à sa Parole

Cela me fait penser à une histoire: un homme était prisonnier des flammes au troisième étage d’un immeuble. L’homme était au bord de la fenêtre mais il ne voyait rien à cause de la fumée et de l’obscurité de la nuit et il a entendu les pompiers crier: « Sautez en bas! ». Cet homme devait prendre une décision: soit il décidait d’obéir à la voix des pompiers, soit, au contraire, il pouvait choisir de ne pas obéir aux pompiers et risquait ainsi de périr dans l’incendie. Si cet homme choisit d’obéir à la parole des pompiers, il découvrira alors les matelas installés par les pompiers pour amortir sa chute et le sauver. Ainsi, comme vous pouvez le constater, avoir la foi ne signifie pas simplement avoir un sentiment intérieur ou avoir le désir de faire quelque chose, mais il s’agit plutôt de choisir librement d’obéir à la Parole de Dieu qui désire notre salut éternel.

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? La foi implique quelques fois que l’on ait à choisir entre « écouter le Seigneur » ou « écouter le monde »

Mais il peut parfois arriver que la Parole de Dieu entre en contradiction avec la parole des hommes qui nous entourent. Par exemple, le monde nous dit: « l’avortement et l’euthanasie sont des droits de l’homme et de la femme ». Tandis que Dieu nous dit: « Tu ne tueras pas! » Un autre cas: la société capitaliste nous dit dans la publicité: « Vous serez heureux de pouvoir posséder tout ce que je vous présente dans la publicité. » Tandis que Jésus nous dit dans l’Évangile: « Je suis le Chemin, la Vérité et le la Vie. Seul mon amour pourra vraiment satisfaire votre cœur assoiffé de bonheur ». Ou pour les amateurs de sport le dimanche matin: d’une part, il y a une voix intérieure qui vous dit que nous serez heureux si vous regardez le match à la télévision tandis que le Seigneur vous invite dans votre coeur à venir le rencontrer à la Messe. Alors, quelle voix allons-nous écouter? À quelle voix choisirons-nous d’obéir? Au monde ou à Dieu? Les apôtres ont décidé d’obéir à Dieu: « Nous devons obéir à Dieu et non aux hommes. » Cette décision a été inspirée par la foi qui a sauvé les apôtres et nous a sauvés.

La foi est-elle simplement qu’un porte-bonheur? La foi est surtout une question de confiance et d’amitié personnelle avec le Seigneur Jésus sinon elle risque de devenir une superstition

Ainsi, chaque fois que nous décidons d’écouter la voix de Dieu, Jésus nous pose la même question que celle qu’il a posée à Pierre dans l’Évangile: « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci? »  En d’autres termes, Jésus nous dit qu’il ne suffit pas de venir physiquement à la messe pour être sauvé. Parce que la foi authentique doit nous amener à développer notre relation personnelle de confiance et d’amitié avec Jésus ressuscité, notre Sauveur. Sinon, notre foi sans cette relation personnelle de confiance et d’amitié avec Jésus risque d’être simplement une superstition qui ne nous sauvera pas.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 240 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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