Le joug de la foi

Matthieu 11

Le prophète Jérémie portant le joug de la foi
Le prophète Jérémie portant le joug de la foi

Hans, dans son enfance, n’a « jamais douté de l’existence de Dieu » mais il n’avait pas de « relation personnelle » avec Lui, sauf quand il avait « besoin d’aide ». A l’âge adulte, « lors d’un déplacement professionnel, » il trouve une Bible dans sa chambre d’hôtel. Il l’a lu « pendant des heures, jusque tard dans la nuit ». Il a alors ouvert la porte de son cœur à Jésus en l’invitant à y régner. « Une paix indescriptible m’a alors envahi » écrit-il. Lors d’un voyage au Kenya, il est préservé d’un grand danger. Il est alors pressé intérieurement de lire le psaume 34, verset 8 qui dit : « L’Ange du Seigneur campe autour de ceux qui le craignent et il les arrache au danger » (cf. Voix, n°2, 2002, p.19).

Le texte d’évangile que nous avons entendu exprime ce désir de Dieu et de son Christ d’être une protection, une aide, un soulagement : « Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et Moi, je vous procurerai le repos » (Mt.11, 28).

Est-ce l’expérience que tu fais du Christ ? Est-il ton repos ? Est-il ton soulagement ? Est-il ta paix ?

En fait, le joug du Christ fait plutôt peur.

  • Nous voulons plutôt nous débarrasser de la Messe du dimanche et de la prière obligatoire comme cette fille de pasteur, qui, en partant de chez elle à l’âge de 17 ans pour être « top model », voulut quitter toute contrainte religieuse.
  • Nous sommes comme les peuples, les rois et les princes qu’évoque le psaume 2, au verset 3 : « Brisons le joug du Seigneur. »
  • Nous pensons même, comme les contemporains de Jérémie, que le Seigneur demande toujours « trop » : « Quel est le nouveau fardeau de Dieu » (Jr.23, 33) interrogent les contemporains du prophète ?

Et il est vrai que le Christ, quand bien même son joug est « léger », propose une école : « Chargez-vous de mon joug et mettez-vous à mon école » (Mt.11, 29).

Déjà, dans l’ancienne Alliance, le Seigneur engageait chacun à se discipliner : « Engage ton cou sous le joug de la discipline » (Sir.6, 25).

Cet engagement devait même se prendre dès l’enfance : « Il est bon pour l’homme de porter le joug dès sa jeunesse » (Lm.3, 27).

Mais ne nous y trompons pas, ce joug n’est pas un esclavage comme celui qu’imposait l’Egypte au peuple hébreu. Le Seigneur ne peut supporter cette oppression du peuple élu et Il l’en libèrera : « Vous saurez que c’est Moi, Dieu, votre Dieu, qui vous aurai affranchis du joug des Egyptiens » (Ex.6, 7).

Cette oppression n’était que matérielle, Jésus, Lui, veut nous délivrer entièrement du joug d’Adam, qui, dit l’Écriture, est pesant : « Un joug pesant accable les fils d’Adam » (Si.40, 1). Ce joug est de deux ordres :

  • Extérieur, comme le joug est le joug de la Loi mosaïque, un joug qui peut être repris par chacun de nous. On se fait des règles à soi-même, souvent trop rudes : « Ne vous remettez pas sous le joug de l’esclavage » (Gal.5, 1). Se remettre sous le joug de la Loi est terrible et fait déchoir de la grâce.
    • Si nous n’allons à la Messe, par exemple, que parce qu’il le faut, nous sommes une créature déchue: « Vous avez rompu avec le Christ, vous qui cherchez la justice dans la loi, vous êtes déchus de la grâce » (Gal.5, 4).
  • Ce n’est pas l’obligation d’aller à la Messe qui nous fait aller à la Messe mais la grâce. À des gens du parti des pharisiens devenus chrétiens qui veulent imposer aux païens convertis les multiples observances de la Loi, Pierre répond : « Pourquoi donc maintenant tentez-vous Dieu en voulant imposer aux disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n’avons eu la force de porter ? D’ailleurs c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, exactement comme eux » (Ac.5, 10-11).
  • Intérieur. C’est le joug du péché, qui, selon les termes de S. Paul, nous rend « misérables » (Rm.7, 24). Un ancien « enfant de la drogue et de l’alcool » Il n’arrivait pas à se défaire de ces dépendances, jusqu’à ce que sa mère l’incite à joindre un groupe de prière. Là, il entend des gens chanter mais il est incapable de « rentrer dans ce cercle ». C’est alors qu’une femme avoue très simplement : « Jésus, il y a telle chose que je n’arrive pas à faire, je le dépose au pied de ta croix ». « Tout de suite, écrit ce jeune, j’ai dit dans mon cœur : ‘Seigneur, les quinze années de vie passées dans la drogue et l’alcool, je les dépose au pied de ta croix !’. Une chaleur intense le saisit et il dit à voix haute ce qu’il venait d’avouer intérieurement. Cette prière a été le début d’une vie non seulement convertie mais libérée.

En effet, le joug que veut nous imposer Jésus n’est pas un joug extérieur à Lui, c’est « son » joug : « Chargez-vous de mon joug. » L’école que Jésus veut nous imposer n’est pas une école parmi d’autres, c’est « son » école, une école qu’Il vit Lui-même : « Mettez-vous à mon école » (Mt.11, 29).

Pouvons-nous être assurés que ce joug et cette école seront « un soulagement » : « Et vous trouverez du soulagement pour vos âmes » (Mt.11, 29) ? Jésus répond par l’assurance que peut donner son Cœur, son être intérieur : « Car Je suis doux et humble de cœur » (Mt.11, 29).

En effet, son être intérieur est douceur et humilité. Il ne dit jamais non. Il est le « oui » de Dieu : « En Jésus-Christ, toutes les promesses de Dieu sont ‘oui’ » (2 Co.1, 20). Est-ce difficile d’avoir un Maître qui dit ‘oui’ jusqu’au sacrifice de Lui-même ?

Son Cœur, pour peu qu’on s’en approche, est constamment ouvert. C’est la raison pour laquelle Il a voulu être blessé par le coup de lance. Il nous signifie par-là que les flots de sa miséricorde sont toujours ouverts, pourvu que nous nous en approchions. Ainsi fit cette « top model » que j’ai évoqué tout à l’heure. Après avoir atteint « le fond », (drogue, vagabondage sexuel, etc.), elle se tourne vers le Christ. Elle se sent poussée alors à lire le psaume 23 : « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, sur des prés d’herbe fraîche Il me fait reposer, vers les eaux du repos Il me mène, Il y refait mon âme. »

Par contre, il y a un « joug » auquel on ne peut se dérober, c’est le joug de la foi.

  • Il faut croire que le Cœur du Christ est à jamais ouvert. Et non seulement cela, mais il faut croire aussi, comme le dit l’Écriture que le sang et l’eau coulent toujours de Son côté.
  • Il faut s’approcher de cette Source pour trouver le repos et la force : « Venez à Moi… » dit Jésus. L’eau du côté du Christ lave et le sang nourrit. La force et la douceur du Cœur de Jésus sont nôtres, si nous le voulons.

Je prie : « Seigneur, Tu m’appelles à venir à Toi. Ce n’est pas bien difficile. Aujourd’hui, comme ces jeunes je veux Te dire ‘Oui’.»

Je crie : «Je dépose mes fardeaux dans ton Cœur doux et humble».

Seigneur, voici ce que je dépose aux pieds de ta croix :

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 75 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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