Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie

Homélie du 5e dimanche de Carême A : Jean 3, 3-45

Résumé : Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie. Si nous désirons être guéris et revivre, nous devons croire en Jésus de tout notre coeur.

Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie : le Carême est un temps de revivification

Le Carême était autrefois considéré comme un temps de mortification et de pénitence. Ainsi, quand on demandait aux enfants ce qu’était le Carême, ils répondaient : « C’est le temps où on ne mange pas de chocolat ». Quelqu’un m’a dit qu’un jour un prêtre avait fait un sermon très fort sur l’obligation de se mortifier pendant le Carême. Or, une personne après la messe est allée lui dire : « Mais Père, vous n’y pensez pas : nous sommes déjà à moitié morts de fatigue par notre travail et nos occupations … avec votre prédication sur la mortification, voulez-vous nous donner le coup de grâce et nous faire mourir complètement ? »

Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie : « Crois-tu cela ? »

En fait, le temps du Carême n’est pas vraiment un temps de mortification, c’est-à-dire un « temps pour faire mourir » mais plutôt un temps pour donner la vie, un temps de revivification. Le Seigneur veut nous redonner vie parce qu’avec notre péché, nous avons perdu le sens de la vie et sommes profondément blessés et affaiblis. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit : « Je suis la Résurrection et la Vie. » Jésus ne vient pas nous écraser avec de lourds fardeaux, mais il vient plutôt nous relever, nous guérir et nous fortifier. Ainsi, Jésus veut ressusciter nos forces et guérir tout ce qui est blessé en nous et ce qui nous conduit à la mort. Mais il y a une condition pour que Jésus nous ressuscite : nous devons croire en Lui. C’est pourquoi Jésus demande à Marthe : « Crois-tu cela ? » Comme vous le savez, la foi n’est pas seulement une adhésion de la tête, mais elle est surtout une adhésion du cœur. Ainsi, par la foi, nous accueillons Jésus et sa Parole en nous abandonnant totalement à lui. C’est à cette seule condition que nous pouvons être revivifier ou ressusciter dans tout notre être.

Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? »

Marthe dans l’Évangile fait un beau témoignage de foi : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. » Mais peu de temps après, elle s’oppose à Jésus quand il ordonne de “retirer la pierre » en disant : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » La réaction de Marthe ressemble beaucoup à notre propre réaction face à la Parole de Dieu. Ainsi, par exemple, le dimanche à la messe, nous faisons une belle profession de foi avec toute la communauté chrétienne mais ensuite, durant la semaine, souvent, nous parlons et agissons comme des gens qui n’ont pas la foi. Souvent, nous faisons des prières, par exemple : nous allumons une bougie ou nous récitons une neuvaine de prière en dévotion à un saint, etc… mais quand le Seigneur nous ordonne comme dans l’Évangile d’enlever la pierre qui bloque l’accès de notre cœur, c’est-à-dire: quand Dieu nous demande par exemple d’enlever la cuirasse de notre orgueil que nous endurcit le cœur, et qui nous empêche par exemple d’accorder notre pardon à notre frère ou de changer notre mauvais comportement qui va à l’encontre de l’Évangile, nous refusons. Ainsi, nous nous cherchons des excuses pour ne pas obéir au Seigneur. Cela me fait penser à une dame qui était venue à moi dans le sacrement de la confession. Elle s’était accusée d’avoir trompé son mari. Elle semblait avoir beaucoup de foi. Mais quand je lui ai dit d’ « enlever la pierre qui a été la cause de sa chute », c’est-à-dire de s’éloigner de l’homme afin d’éviter les possibilités de rechute. Elle s’y est fermement opposé. Elle a répondu : « Ce que vous me demandez est impossible et cela n’a aucun sens. J’aime vraiment cet homme. L’Église doit évoluer parce que nous ne sommes plus dans les années 30, etc… Changer son comportement lui semblait impossible. Selon elle, c’était la loi qui devait changer, pas elle. Bien sûr, humainement parlant, il y a tant de choses qui peuvent sembler impossibles à changer dans nos vies. Mais comme Jésus a répondu à Marthe qui s’opposait à lui : « Ne t’ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » Si la dame avait enlevé la pierre qui bloquait son cœur et qui l’empêchait d’accepter la grâce de la Lumière et de la Libération que Jésus lui offrait dans le sacrement de réconciliation, sa vie aurait été complètement transformée et elle aurait pu voir la Gloire de Dieu, c’est-à-dire qu’elle aurait pu expérimenter le véritable Amour de Dieu qui donne le bonheur. Ainsi, son amour pour son mari aurait pu être revivifié et son mariage qui était en train de mourir aurait été ressuscité.

Jésus vient pour nous donner la guérison et la vie : il nous faut enlever la pierre qui bloque notre cœur

C’est ce que Marthe a fait dans l’Évangile : elle a enlevé la pierre de son incrédulité. Alors, Marthe a pu voir l’impensable se produire. Elle a pu voir son frère Lazare sortir de la tombe. C’est ce que Jésus veut faire pour chacun de nous : « Libérez-le et laissez-le partir. » Jésus veut nous donner sa Vie et son Amour pour nous libérer de tous nos fardeaux qui nous empêchent d’être vraiment libres et de vivre pleinement comme les enfants de Dieu et d’être heureux.

Donc, prions le Seigneur de nous aider à enlever les pierres de nos tombeaux qui nous gardent captifs de notre égoïsme et de notre orgueil. Alors, Jésus sera vraiment pour nous la Résurrection et la Vie, pas seulement à la fin des temps, mais aujourd’hui même.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 293 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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