La foi pour faire des oeuvres plus grandes que celles de Jésus

Sainte Thérèse de Lisieux a fait de plus grandes oeuvres encore que Jésus
Source photo: Aleteia.fr

Introduction : La foi…

…de S. Thérèse de l’Enfant Jésus

Faire des oeuvres plus grandes que celles de Jésus est une proposition faite à notre foi par Jésus Lui-même. « Celui qui croit en Moi, fera les oeuvres que Je fais, il en fera même de plus grandes, parce que Je pars vers le Père ». (Jn. 14, 12)  Jésus parle-t-Il simplement pour encourager Ses apôtres à la confiance, alors qu’Il vient de leur dire qu’ils Le trahiront ? Non, ce que Jésus dit est simplement réel. Le Pape Pie X a indiqué des oeuvres plus grandes que Jésus dans la vie toute simple de celle qu’il a appelée « la plus grande sainte des temps modernes », S. Thérèse de l’Enfant Jésus.

Ces oeuvres éclatantes ne commencent pas dans sa vie sur terre, même si on peut en avoir un pressentiment. En effet, alors qu’elle n’a pas encore 3 ans, elle s’adresse à sa mère pour lui exprimer son amour: « Oh ! Que je voudrais bien que tu mourrais, ma pauvre petite mère! – Voyons Thérèse, à quoi penses-tu? On ne dit pas ces choses-là ! – C’est pourtant pour que tu ailles au Ciel, puisque tu dis qu’il faut mourir pour y aller!» Sa sœur Céline, alors que Thérèse n’a que 4 ans, lui pose une question sur l’Eucharistie :  «Comment que cela se fait que le Bon Dieu peut être dans une si petite hostie ? – Ce n’est pas étonnant, puisque le Bon Dieu est tout-puissant. – Qu’est-ce que ça veut dire, tout-puissant ? – Mais c’est de faire tout ce qu’Il veut!»

Éclairée par la foi, sainte Thérèse vit familièrement avec le monde invisible : Dieu, les saints, les anges, lui sont aussi proches que son père, sa mère ou ses sœurs. A 9 ans, elle fait oraison selon la manière enseignée par Sr. Henriette, une bénédictine de Lisieux : « Par la pensée, je me mets près du Bon Dieu, je L’adore, me faisant toute petite comme vous, je Lui parle. C’est avec mon cœur que je fais oraison, comme le temps passe vite ! » (Jean Chalon, « Thérèse de Lisieux, une vie d’amour », éd. Flammarion, 2013) A 14 ans, malgré l’interdiction faite par son père de lire les journaux, elle lit les passages qui parlent de Pranzini, un condamné à l’échafaud pour l’âme duquel elle prie. Au tout dernier moment, alors qu’il a refusé la confession, il embrasse une croix par trois fois, avant que sa tête ne passe sous l’échafaud. Ce sera « son premier enfant », et dès lors S. Thérèse veut « travailler à la conversion des pécheurs ». Elle le fera en acceptant la vie commune, ordinaire, ce qu’elle appelle « la petite voie ». Lors de la Grande Guerre, les poilus perçoivent la jeune religieuse comme un membre proche d’eux.

La carrière post-mortem de la jeune fille est extraordinaire : elle est béatifiée en 1923, canonisée en 1925, déclarée « patronne des missions », comme S. François Xavier, en 1927, puis élevée au titre de 33e docteur de l’Église, lors des Journées mondiales de la jeunesse, en 1997, par le pape Jean-Paul II. La postérité de Thérèse est plus importante que sa courte vie. Chez Thérèse tout s’exporte, corps, lettres, images et objets, mais surtout son amitié. Elle avait promis qu’elle passerait son ciel à faire du bien sur la terre et elle le fait ! Sa foi lui a fait faire de grandes choses.

…des apôtres ?

La vie de Thérèse ne ressemble pas à celle des apôtres. Sa foi est grande, celle des apôtres est faible. Jésus  annonce à Pierre son reniement : « En vérité, en vérité, Je te le dis : le coq ne chantera pas, que tu ne M’aies renié trois fois », (Jn. 13, 38) ; à Judas sa trahison : « Voici la main de celui qui Me livre est avec Moi, sur la table ». (Lc. 22, 21)

… du disciple aujourd’hui

Comment donc passer de la foi si faible qu’elle peut renier et trahir, à la foi qui fait des oeuvres plus grandes encore que Jésus ? C’est la question que pose cet évangile.

1. La faiblesse de la foi…

La faiblesse de la foi n’est pas l’obstacle insurmontable que nous pensons. Jésus, en effet, nous invite :

  • A ne pas se troubler à l’extrême de la faiblesse humaine : « Que votre cœur ne se trouble pas ! » (Jn. 14, 1) dit-il à Ses apôtres, alors qu’Il vient d’annoncer à Pierre qu’il Le reniera.
  • Consciente de cette faiblesse, Thérèse ne s’en trouble pas. « Oui je le sens, quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui peuvent se commettre, j’irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui… Je sens que cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent. » (Ms C, 36r-37v)
  • Consciente de cette faiblesse, Thérèse comprend que Jésus s’abaisse vers elle, en Se rendant petit comme elle : « En se rendant petit pour l’amour de Thérèse, Jésus la rendit forte et courageuse ; Il la revêtit de Ses armes, et depuis je marchai de victoire en victoire, commençant pour ainsi dire, une course de géant. » (Histoire d’une âme, chap. 5, p. 75)
  • A se confier au chemin qu’Il est Lui-même. A Thomas qui s’interroge sur la destination que Jésus prend, Il répond : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » (Jn. 14, 6)
  • Thérèse ne quitte pas ce Chemin d’une semelle. « Les âmes embrasées, dit-elle dans l’Histoire d’une âme, […] se tiennent aux pieds de Jésus, écoutant Sa parole douce et enflammée. » (Chap. X, p. 203 à 204)

2. La foi qui soulève les montagnes…

Le langage de Pierre que nous avons entendu dans sa 1ère lettre, pour grandir dans la foi, est direct. Il  dit très simplement ce qu’il convient de faire :

  • S’approcher du Seigneur Jésus: « Approchez-vous du Seigneur Jésus. » (1 P. 2, 4)
  • Thérèse non seulement s’approche de Jésus mais se laisse prendre dans Ses bras : « L’ascenseur qui doit me mener jusqu’au ciel, ce sont Vos bras, ô Jésus ! » (Histoire d’une âme, chap. X, p. 154)
  • Se confier en Jésus : « Voici que Je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui dont la foi repose sur elle (πιστεύων ἐπ’), ne sera pas confondu. » (1 P. 2, 6, Weymouth New Testament translation) Pierre suggère que la foi consiste à s’appuyer sur Jésus.
  • De la même façon, Thérèse s’appuie sur Jésus comme un enfant entre les bras de son père. Chargée, en 1893, de la charge des novices, elle s’en sent incapable : «Aussitôt que je pénétrai dans le sanctuaire des âmes, je jugeai du premier coup d’œil que la tâche dépassait mes forces. Me plaçant bien vite dans les bras du bon Dieu, j’imitai les petits bébés qui, sous l’empire de quelque frayeur, cachent leur tête blonde sous l’épaule de leur père.» (Histoire d’une âme, chap. X, p. 183)
  • Obéir à la Parole : « Ces gens-là butent en refusant d’obéir à la Parole. » (1 P. 2, 8)
  • Dans une lettre à Céline, sa sœur, S. Thérèse expose à quel point la parole de Dieu lui est essentielle : « Garder la parole de Jésus, voilà l’unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour Lui. » (LT 165)

Conclusion : Passer de la petite à la grande foi…

… par des actes

Pierre sait, par expérience, que l’absence d’actes de foi rend pusillanime, fait manquer d’audace à ceux-là mêmes  qui sont « chargés d’annoncer les merveilles de Celui qui [les] a appelés des ténèbres à son admirable lumière ». (1 P. 2, 9) Jésus le lui avait laissé entendre en lui disant de pardonner non pas sept fois, mais jusqu’à « soixante-dix fois sept fois ». (Mt. 18, 22) Devant ce qui semble à Pierre et aux apôtres une impossibilité, ils demandent à Jésus d’augmenter leur foi. A quoi Jésus répond que la foi qui soulève les montagnes ou déracine un mûrier pour se « planter dans la mer » (Lc. 17, 6) consiste à :

  • Faire ce qui est prescrit : « Ainsi de vous ; lorsque vous aurez fait tout ce qui vous a été prescrit, dites : “Nous sommes des serviteurs inutiles, nous avons fait ce que nous devions faire. “ » (Lc. 17, 10)
  • Servir jusqu’au bout. Jésus, compare l’homme de foi au serviteur qui laboure ou garde les bêtes. Le Maître « sait-il gré à ce serviteur d’avoir fait ce qui lui a été prescrit ? » (Lc. 17, 9) Non. Il lui demande encore de le servir à table. Il faut faire « tout » ce qui a été prescrit. (Lc. 17, 10)

… par un grand désir

Pourtant, faire ce que Jésus demande de faire peut paraître terne. Comment Thérèse a-t-elle fait, entre les murs du cloître, les oeuvres que Jésus a faites et de plus grandes encore ? Pierre désirait ne pas renier Son Maître. Il a échoué là où Thérèse a gagné.

Deux obstacles l’ont fait tomber.

  • Une trop grande confiance en lui. Thérèse de l’Enfant Jésus a confiance en Jésus plus qu’en elle-même.
  • Des désirs qui manquaient de feu. Les désirs de Pierre n’ont pas la force de Thérèse. A l’appel de Jésus à pardonner, il veut bien faire l’essai de sept fois mais Il lui manque d’en avoir le désir si grand que seul Dieu puisse l’y aider. S. Thérèse ne craint pas de désirer au-delà de ses forces. « Mes immenses désirs ne sont-ils pas un rêve, une folie ? » se demande Thérèse. (Ms. B 4v). Elle écrit la folie de ses désirs à l’abbé Bellière « Lorsque je commençais à apprendre l’histoire de France, le récit des exploits de Jeanne d’Arc me ravissait; je sentais en mon cœur le désir et le courage de l’imiter, il me semblait que le Seigneur me destinait aussi à de grandes choses. Je ne me trompais pas, mais au lieu de voix du capitaine m’invitant au combat, j’entendis au fond de mon âme une voix plus douce, plus forte encore, celle de l’Epoux des vierges qui m’appelait à d’autres exploits, à des conquêtes plus glorieuses et dans la solitude du Carmel, j’ai compris que ma mission n’était pas de faire couronner un roi mortel, mais de faire aimer le Roi du Ciel, de lui soumettre le royaume des cœurs. » (LT 224)

Prions : « Seigneur, nous aussi nous voulons faire de grandes choses pour Ton nom. Donne-nous des désirs forts et des actes qui y correspondent. Amen. »

Oraison jaculatoire : « J’ouvre large la bouche pour que Tu la remplisses. » (Ps. 81, 10)

Question : Quels sont les obstacles à une grande foi ?

Suggestion : Ecrire ses désirs et les confier à Dieu.

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 74 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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