Faire des disciples

Qu’est-ce qu’un scribe-disciple?

Celui qui a été fait disciple A la responsabilité immédiate de faire des disciples
"« Le Royaume des cieux ressemble à un trésor caché dans un champ. Un homme découvre ce trésor et le cache de nouveau. Il est si heureux qu’il va vendre tout ce qu’il possède et revient acheter ce champ."
Homélie pour le 17ème dimanche du Temps Ordinaire, Année «A », Mt 13, 44-52

Introduction : L’exigence…

… de la Route

Au jour de son départ sur la route, le Routier-scout porte trois flots à son bras gauche : Le flot jaune du louveteau, image du soleil et de la foi qui illumine ceux qui l’entourent, le flot vert de l’éclaireur, image de la croissance et de l’espérance qui entraîne toujours plus loin, le flot rouge du Routier, symbole d’amour et de sang, évoquant le don total de soi. Le chef  rappelle au Routier le don qu’il doit faire de lui-même, en lui disant : « Un Routier-scout qui n’a pas tout donné, n’a rien donné. Un Routier-scout qui ne sait pas mourir n’est bon à rien. Mais souviens-toi qu’il est parfois tout aussi difficile de vivre, et maintenant, frère, à Dieu vat. » Après avoir tout reçu de sa formation, le Routier-scout est appelé à tout donner.

… de Jésus

Lors de la prise d’habit monastique, le novice est ceint par son supérieur. Les paroles du Christ à Pierre lui sont rappelées : « En vérité, en vérité, Je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta ceinture, et tu allais où tu voulais ; quand tu auras vieilli, tu étendras les mains, et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas. » Après avoir reçu une formation que peu reçoivent, le novice est appelé à se laisser ceindre pour aller où il ne voudrait pas aller.

… de la vie monastique

Au jour de ma prise d’habit, alors que j’étais ceint par le Père Jean de Féligonde,  – mon supérieur –  mon frère jumeau qui assistait à cet événement, bien que n’adhérant pas à la foi chrétienne, éclata en sanglots. Je crois qu’intuitivement, mon frère comprenait que j’allais sur une route dont je ne maîtrisais pas les tenants et les aboutissants.  

… consiste en quoi ?

Que ce soit chez le Routier-scout qui fait son « départ » de la route, ou chez un novice bénédictin qui prend l’habit, l’émotion est grande. Je ne sais si le Routier ou le novice bénédictin est « ravi de joie », comme cet homme qui a découvert « un trésor dans un champ » (Mt. 13, 44), mais sans nul doute, tous deux mesurent que le Royaume auquel Jésus invite est exigeant. Mais en quoi consiste cette exigence ? C’est la question de ce jour.

… une rente ou autre chose ?

Le Royaume de Dieu est une bonne nouvelle qui fait « tout vendre » pour acquérir ce bien si précieux. Mais que fait l’heureux propriétaire du Royaume ? Le Royaume est-il une rente dont le propriétaire peut jouir tranquillement ou est-ce autre chose ?

 

1. La nature du Royaume de Dieu…

Ce dont Jésus parle sous forme de symboles – un trésor, une perle – fait penser que le Royaume des Cieux est une chance unique. Jésus, dans ce passage, en expose :

  • La grandeur, la valeur. Les deux premiers symboles, – le trésor et la perle – veulent suggérer que le Royaume mérite de tout risquer pour son acquisition. Cela est répété deux fois en trois versets : «  [L’homme qui a trouvé le trésor] s’en va, […] vendre tout ce qu’il possède, et achète ce champ.» (Mt. 13, 44) « [Le négociant de perles fines] s’en est allé vendre tout ce qu’il possédait et il a acheté [la perle de grand prix]. » (Mt. 13, 45)
  • La dramaturgie. Le royaume acquis n’est pas encore établi en soi. Il faut constamment choisir cette vie bonne contre une vie mauvaise. Au jour « J » les anges eux-mêmes feront le tri : « Les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes. » (Mt. 13, 49)
  • La leçon à retenir. « Avez-vous compris ? » (Lc. 13, 51) demande Jésus. Il s’assure de la bonne réceptivité de Son message.
  • La redevabilité. Il n’est pas suffisant que le maître s’assure de la bonne compréhension d’une leçon. La compréhension entraîne la redevabilité (ou la responsabilité). Les disciples doivent passer de l’état de « scribe » qui étudie,  à l’état de scribe qui transmet, sachant tirer « de son trésor du neuf et du vieux ». (Mt. 13, 52). Le vieux étant le trésor de l’ancienne alliance, et le neuf étant l’enseignement de Jésus.

2. Le royaume de Dieu est exigeant…

En effet, celui qui a été fait disciple (μαθητευθεὶς) est devenu comme un « propriétaire ». (Mt. 13, 52) Il doit faire fructifier son domaine. Jésus, alors qu’Il quitte Ses disciples, les appelle, eux aussi, à « faire des disciples (μαθητεύσατε)  de toutes les nations » (Mt. 28, 18) Le fait d’être disciple appelle donc :

  • A la responsabilité immédiate de « faire des disciples ». « Quel disciple es-tu en train de “faire“ » ? devons-nous nous demander tous les jours.
  • A la responsabilité préalable d’être familier du « Royaume de Dieu ». Es-tu un bon scribe-disciple qui sait de quoi il parle ? Es-tu un familier du Royaume, de Jésus, de Ses exigences, de Ses paroles ?
  • A la responsabilité de l’exemplarité. Il est évident que si le disciple-scribe  connaît « des choses » sur Dieu, mais qu’il ne reflète pas dans son comportement le Royaume de Dieu en faisant ce qui est bon et en étant bon, son témoignage ne lui permettra pas de « faire des disciples ». Des comptes seront demandés à ce disciple pour avoir été un « serviteur mauvais », « un propre à rien ». (Mt. 25, 26.30) Je n’aimerais pas être à sa place… puisqu’il sera jeté, nous dit la parabole des talents, « dehors, dans les ténèbres : là seront les pleurs et les grincements de dents. » (Mt. 25, 30)

Conclusion : Le scribe du Royaume… 

… étudie, enseigne et juge

Le scribe chrétien est investi des trois responsabilités du scribe de l’ancienne alliance, et davantage encore. Il doit :

  1. Etudier les Ecritures comme le scribe étudiait la loi. Jésus dit des scribes qu’ils sondaient les Ecritures : « Vous sondez les Ecritures parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle ». (Jn. 5, 39) Jésus dit au Tentateur : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt. 4, 4) Sondons-nous les Ecritures pour y trouver la vie ou sommes-nous si paresseux spirituellement que nous préférons des « distractions » au prétexte que nous sommes fatigués ?
  2. Enseigner les Ecritures comme le scribe enseignait la loi, mais plus encore. Le scribe chrétien, non seulement connaît la parole de Dieu, mais en vit, si bien qu’un S. Paul pouvait dire de lui-même : « Soyez mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ. » (1 Co. 11, 1) Pouvons-nous dire la même chose à ceux dont nous avons la charge ? Ma propre mère n’hésitait pas à se prendre en exemple par ces mots : « Allez et faites de même. »
  3. Juger, comme le scribe jugeait. Le jugement du scribe était recherché pour sa sagesse. Paul se désole que parmi les Chrétiens de Corinthe il n’y ait personne d’assez sage pour arbitrer un conflit entre frères : «  Je le dis à votre honte. Ainsi, il ne se trouve parmi vous aucun homme assez sage pour pouvoir juger entre ses frères? » (1 Co. 6, 5) Etes-vous recherché comme juge par votre entourage en raison de :
    1. Votre amour du prochain. Un médisant qui dit des choses vraies sur autrui, mais pour le dénigrer, ne sera pas recherché pour sa sagesse, parce qu’il manque du fondement de la sagesse qui est l’amour.
    2. La volonté d’être vrai. Un calomniateur, qui dit des choses mensongères sur son prochain, ne sera pas recherché pour sa sagesse, parce qu’il manque du fondement de la sagesse qui est de dire la vérité.

… est redevable

Nous sommes loin du premier élan vers le Royaume qui faisait « tout donner », tout vendre pour acquérir la perle, le trésor. L’amour de Dieu reçu doit être rendu : Paul attend de son disciple Timothée  qu’il soit capable de rendre ce qu’il a reçu en faisant des disciples : «  Et ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles, qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. » (2 Tm. 2, 2)

… ne prend pas seulement

Certains peuvent dire encore aujourd’hui : « Je vais à la Messe du dimanche, c’est déjà bien ! » Non. A la Messe, tu reçois le Corps du Seigneur, tu reçois Son Amour infini, mais c’est pour Le donner. Si ce n’est pas le cas, tu es enfant ou une sangsue qui ne sait que demander : « La sangsue a deux filles : “Donne! Donne! » (Pr. 30, 15)

… se juge lui-même

Le bon scribe chrétien se juge lui-même. Il peut le faire en se servant des cinq essentiels auquel le diocèse nous appelait et que notre paroisse ne met toujours pas assez en œuvre :

  1. L’adoration. Nous peinons à avoir 24h d’adoration mensuelle.
  2. La fraternité. Nous peinons à vouloir des cellules, tout simplement parce que l’amour manque encore. Chacun reste dans sa « tribu » familiale.
  3. La formation. C’’est dans les « cellules » que nous apprendrons à lire les Écritures, à louer et aimer Dieu, à être un disciple qui fait des disciples.
  4. Le service. Quel service offrons-nous à la paroisse, à notre milieu pour témoigner de l’amour que nous devons à notre prochain?
  5. L’évangélisation. J’ai appris ou réappris, la semaine dernière, à faire du porte à porte. Seriez-vous prêt à évangéliser dans la rue ou pousseriez-vous des cris d’orfraies à cette proposition? 

Prions : « Seigneur, donne-nous non seulement d’être des disciples qui ont reçu, mais des disciples qui rendent ce qu’ils ont reçu par grâce. Amen. »

 

Oraison jaculatoire : « J’aime Tes volontés plus que l’or le plus précieux. »

 

Suggestion : Penser au nom d’un disciple qu’on veut « faire » et s’engager à le faire.

 

Question : Qu’est-ce qu’un scribe-disciple?

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 75 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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