Dieu nous veut libres pour servir. Que choisirons-nous ?

Homélie du 26° dimanche A Matthieu 21, 28-32

Source image: Clip: "Aimez-vous les uns les autres"

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 21, 28-32

« En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.

Dieu nous veut libres pour servir. Que choisirons-nous de faire ?

« Quel est votre avis ? » Jésus pose cette question au début de son enseignement parce qu’il désire connaître ce que ses disciples pensent au fond d’eux-mêmes. Jésus n’est pas du genre à vouloir imposer la vérité de force comme certains dictateurs qui cherchent à laver le cerveau des gens. Par exemple, il y avait Joseph Goebbels, grand propagandiste d’Adolphe Hitler, qui disait : « Plus un mensonge est gros, plus il faut le répéter souvent. » Aussi, dans une secte, le gourou est le seul à avoir le droit de parole. Tous les disciples doivent se taire. Mais Jésus, au contraire, respecte profondément chacun de ses disciples car il cherche à susciter en eux la réflexion personnelle. Il ne les considère pas comme des marionnettes mais comme des personnes libres de réfléchir par elles-mêmes et d’exprimer leur point de vue personnel.

« Un homme avait deux fils » Cette histoire est à l’image de notre relation avec Dieu notre Père. Le fait que le père demande à ses deux fils d’aller travailler à sa vigne nous indique que Dieu désire avoir besoin de nous pour la construction du Royaume des Cieux. Mais il est intéressant de voir que les fils sont libres d’accepter ou de refuser la proposition de leur père. En fait, Dieu ne nous oblige pas à entrer dans son Alliance d’Amour. Il nous y invite en sollicitant notre liberté.

Liberté ou fatalité

Je ne sais pas si vous avez remarqué un fait assez étrange dans notre monde actuel : il y a beaucoup de gens qui pensent être libres mais qui en même temps croient à la fatalité du destin qui serait inéluctable ou inévitable. Ainsi, par exemple, beaucoup consultent leur horoscope quotidiennement en pensant que leur avenir est déjà écrit dans les astres. De même, une foule innombrable cherche à connaître son avenir en allant consulter des devins ou des diseuses de bonne aventure. Mais s’il est vrai que notre avenir est déjà écrit dans le ciel, alors notre humanité ne serait pas vraiment libre.

Au fond, cette parabole nous invite à réfléchir sur notre manière de répondre à l’invitation du Seigneur et à collaborer avec Lui à l’œuvre du salut du monde. Dans la foulée, nous sommes aussi invités à réfléchir sur la grande question de notre liberté humaine. Sommes-nous vraiment libres ? Qu’est-ce que la liberté humaine ? Est-ce la capacité de faire tout ce que je veux, quand je veux et comme je le veux ? Ou bien est-ce la capacité de choisir et de faire le bien dans la vérité et l’amour ? La parabole nous montre des exemples de réponse à l’invitation de Dieu qui ne viennent pas d’un coeur libre capable d’aimer.

Le premier fils accepte verbalement l’offre de son père. Mais par la suite, il décide de ne pas aller jusqu’au bout de son « oui » et finalement, il ne va pas travailler à la vigne. Ce jeune homme est probablement quelqu’un qui veut sauver les apparences à tous prix en cherchant à ne pas déplaire à son père. Mais son cœur manque de transparence. Il est trop attaché à lui-même. C’est ce qui explique qu’il ne veut pas vraiment accepter de travailler à sa vigne. Au fond, il n’aime pas vraiment son père.

Le deuxième fils commence tout d’abord par refuser catégoriquement la proposition de son père. Car il se laisse dominer par son affectivité, son impulsivité et ses sentiments qui ont le dessus sur sa raison et sa volonté. Mais en réfléchissant un peu, il change d’idée et va ensuite travailler à la vigne du père car au-delà de son impulsivité, il aime son père.

 

De la parole aux actes

Ainsi, si on analyse la réponse de ces deux fils, on peut constater qu’ils ont tous les deux un manque flagrant de cohérence car « ils disent mais ils ne font pas ce qu’ils ont dit ». Cette incohérence profonde est le symbole du péché qui se trouve en chacun de nous et qui nous divise. Or, Jésus est venu parmi nous justement pour recréer l’unité de notre personne humaine afin que nos relations avec Dieu et nos frères humains soient plus vraies et qu’elles débouchent sur l’amour. Ainsi, il est nécessaire que notre cœur, nos paroles et nos actions soient unifiés afin que nous puissions servir le Seigneur en toute liberté, vérité et amour.

Au fond, Jésus nous dit dans cette parabole que Dieu notre Père espère en chacun de nous. Il espère que tous nous puissions devenir des hommes libres pour aimer. Il espère que l’homme rebelle (comme les publicains du temps de Jésus) pourra cesser d’être dominé par son impulsivité et ses passions du moment qui l’empêchent de réfléchir avant de parler et d’agir. Il espère aussi en celui qui est « politically correct » qui semble en apparence juste et correct (comme les pharisiens) mais qui en fait, a le cœur fermé à une conversion sincère puisqu’il se croit parfait et qu’il pense ne rien avoir à changer dans sa vie.

Questions pour le partage :

  • Qu’est-ce qui monte en mon cœur après la lecture de ce texte ?
  • Selon moi, quelles sont les raisons qui peuvent expliquer l’incohérence des fils de la parabole ?
  • Quels seraient les moyens que je conseillerais à ces « deux fils » afin qu’ils puissent devenir plus cohérents en esprit, parole et action ?
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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 292 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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