Avec Marie: la joie de la louange

Les chemins menant à la joie de la Vierge Marie

Source image: Clip "Aimez-vous les uns les autres" (Youtube)

Résumé : Avec Marie: la joie de la louange. Marie chante son Magnificat, un chant de pure louange désintéressée. Ce cri du cœur de Marie est pure admiration, pure joie, sans retour aucun sur elle-même.

Avec Marie: la joie de la louange : Malheureusement, Dieu est si peu loué pour Lui-même

Il existe une autre cause au manque de joie chez nous et dans l’Église : l’absence de la louange. Nous allons à Dieu, mais c’est le plus souvent pour Lui parler de nous. Où donc est le silence joyeux de l’adoration gratuite? Dieu est assailli. Il est si peu béni et loué pour Lui-même. Qui est heureux à cause de Dieu et pour Lui? Et qui le Lui dit, spontanément et dans la joie? Certes, nous avons tous besoin d’être écoutés, de nous sentir aimés et de nous l’entendre dire. Nous voulons parler de nous-mêmes, nous exprimer à l’autre sans crainte d’être rejetés. Nous voulons entendre de l’autre une parole qui libère. Nous pouvons, bien sûr, nous adresser à notre conjoint, à un ami, à un psychologue ou à un médecin. Mais qui aura la qualité d’écoute qui ne déçoit pas? Avec qui pouvons-nous parler avec confiance et la certitude d’être compris en profondeur? Même entre époux, après des années et des années d’amour et de partage, qu’il peut être parfois difficile de se savoir écouté et compris!

Avec Marie: la joie de la louange : Sachant que Dieu nous écoute mieux que quiconque

Il n’y a que Dieu qui puisse nous écouter et nous comprendre jusqu’au bout, tels que nous sommes. Car Lui seul « sait bien de quelle pâte nous sommes faits » (Ps 103, 14). En Lui se trouve la source d’une joie intense, que nul dialogue humain ne pourra nous donner. Ce dialogue entre Dieu et nous, ce n’est pas nous qui en avons pris l’initiative. C’est Lui qui, de sa propre initiative, a rompu le silence. Comme le chante la liturgie de Noël : « Alors qu’un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux, ta Parole toute-puissante s’élança du trône royal » (Sag 18, 14-15). Parole créatrice du Père, Parole de ses grands prophètes, Parole incarnée en son Fils Jésus-Christ, Parole d’amour qu’est son Esprit Saint. Quel bonheur que Dieu nous ait parlé! Et lorsqu’Il parle, ce n’est pas pour nous écraser de sa toute-puissance : Il attend de nous une réponse et la suscite en nous cœurs. Il nous met sur les lèvres ce qu’Il aime entendre de notre part et Il le fait avec un respect total de notre liberté. Ce dialogue de la prière nos apporte la joie.

Avec Marie: la joie de la louange qui nous permet de respirer l’Esprit Saint à pleins poumons

Toute prière, cependant, ne suscitera pas en nous la même joie. Il est des jours où nous nous tournons vers Dieu pour Lui dire avant tout notre détresse, pour L’assaillir de nos misères. Bien sûr, une telle prière de supplication est légitime – le psautier n’en est-il pas rempli? -, elle est d’ailleurs parfois la seule possible, aux jours de ténèbres et de souffrance. Et elle nous soulage, nous console, nous réjouit même, mais sans être capable pour autant de nous procurer la joie profonde que Dieu réserve à ceux qui Lui adressent leur louange. Elle est trop pleine d’elle-même, de nos désirs et de nos besoins. Si nous nous ouvrons à Dieu dans la prière de demande, nous restons fort préoccupés de nous-mêmes. Nous ne regardons Dieu que d’un œil, tenant l’autre fixé sur notre pauvre moi. Une telle prière manque encore du souffle qui nous permettrait de respirer à pleins poumons.

Avec Marie: la joie de la louange : en nous tournant totalement vers Dieu pour nous émerveiller de Lui

Ce souffle, nous ne le trouverons que dans la prière de louange, seule capable de dilater nos cœurs et de nous libérer. Ce n’est finalement qu’en nous tournant totalement vers Dieu pour nous émerveiller de Lui, que même nos préoccupations humaines en viennent à se réduire à leurs véritables proportions. Tous nos soucis sont comme résorbés dans l’amour gratuit et dévorant que Dieu porte à notre pauvreté. Que représentent nos misères devant Celui qui nous aime? Que sont nos péchés en regard de sa miséricorde? Comment nos craintes, même devant la mort, résisteraient-elles en face du souffle de l’espérance et devant les promesses qu’Il nous a faites?

Avec Marie: la joie de la louange : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur »

Nous avons sans doute de bonnes raisons pour supplier Dieu de venir à notre aide. Marie avait les siennes : qu’allait devenir l’Enfant qu’elle portait en son sein? Pourtant, longtemps avant l’humble supplication à son Fils dans la maison des jeunes mariés de Cana, Marie chante son Magnificat, un chant de pure louange désintéressée : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur » (Lc 1, 46-47). Ce cri du cœur de Marie est pure admiration, pure joie, pure action de grâce, sans retour aucun sur elle-même.

SOURCE : Extrait de : Cardinal Godfried Danneels, Devenir des hommes nouveaux, Lettres d’espérance, Centurion Duculot, 1993, pp. 177-179.

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A propos Godfried Danneels 11 Articles
Godfried Danneels, né le 4 juin 1933 à Kanegem en Flandre-Occidentale (Belgique), est un cardinal belge, archevêque émérite de Malines-Bruxelles. Docteur en théologie, il a enseigné au séminaire de Bruges avant de devenir évêque d'Anvers en 1977 puis archevêque de Malines-Bruxelles deux ans plus tard. Il fut créé cardinal en 1983. Il a été admis à l'éméritat le 18 janvier 2010

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