Comment vaincre la peur des différences?

Accueillir les différences des autres pour bâtir des ponts d'amitié
Accueillir les différences des autres pour bâtir des ponts d'amitié
Cet article est numéro 3 d'une série de 6 Surmonter les obstacles à l'évangélisation

Quelqu’un a dit un jour que l’obstacle le plus important qui nous empêche d’évangéliser les autres, c’est nous-mêmes. Ainsi, c’est en nous-mêmes que nous trouverons les principaux obstacles à l’évangélisation de nos frères et sœurs.

Or, quand nous regardons en nous-mêmes, on s’aperçoit vite qu’il existe dans notre esprit et dans notre cœur un grand nombre de peurs.  Souvent, c’est notre peur des autres personnes en tant qu’elles sont différentes de nous par leur culture, leurs croyances, leur manière d’être et d’agir qui nous empêche de vouloir les évangéliser. Ainsi, nous voyons les différences personnelles des autres comme des obstacles à l’amitié fraternelle et à l’évangélisation plutôt que de les considérer comme des ressources enrichissantes qui pourraient nourrir la fraternité, l’amitié et faciliter le partage de notre foi en Jésus Christ. Alors, comment surmonter cet obstacle de la peur des différences des autres qui nous empêche de partager notre foi avec eux? Voici quelques moyens qui peuvent, à notre avis, nous aider.

Jésus est le Chemin

Tout d’abord, il nous faut considérer l’exemple de Jésus dans les évangiles qui aborde et rencontre des personnes très différentes de lui. Il nous faut essayer de voir comment Jésus a réussi malgré tout à entrer en relation fraternelle avec ces personnes. Quel est le regard qu’il portait sur elles? Et surtout comment il a réussi à faire tomber les barrières culturelles et les préjugés des personnes qui pouvaient les empêcher de recevoir la bonne nouvelle de l’Amour de Dieu?

Prenons l’exemple de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (Jean 4, 1-30) : La Samaritaine avait une religion opposée à celle des juifs. Cela faisait en sorte qu’en principe, les juifs et les Samaritains ne se parlaient pas. Mais si vous remarquez, Jésus est très humble dans son rapport avec la Samaritaine. C’est pourquoi, il fait abstraction de la barrière religieuse qui les sépare et il va initier une conversation avec elle. Ainsi, Jésus veut se faire proche de cette femme samaritaine qui a vécu une vie matrimoniale tourmentée puisqu’elle a divorcé à quatre reprises. Jésus cherche alors un point d’ancrage pour initier la conversation avec cette femme qui est profondément blessée par la vie. Il part donc d’un besoin concret et réel qui lui tient à cœur : la soif de l’eau du puit. Jésus la considère comme un interlocuteur à part entière et cherche avec elle la vérité. Il dialogue franchement, ouvertement, simplement avec elle en la respectant profondément. Ainsi, peu à peu, Jésus réussira à toucher le cœur de cette femme et à changer totalement sa vie en lui proposant « une eau vive » qui fera qu’elle n’aura plus à venir puiser au puits du village. Jésus lui fera découvrir une liberté et un amour jusqu’alors tout à fait inconnus.

A la lumière de l’exemple de Jésus, il nous faut chercher nous aussi à développer une attitude d’écoute attentive, empathique et intéressée des personnes qui nous entourent afin de mieux les connaître et de les mieux comprendre dans leurs différences personnelles. Ainsi, nous pourrons mieux comprendre ce qui fait que ces personnes pensent, parlent ou agissent de telle ou telle autre manière. Alors, connaissant mieux leur histoire et leur culture, nous pourrons mieux les comprendre et les accepter comme elles sont. Nous pourrons alors mieux percevoir leurs richesses et leurs qualités au lieu de voir seulement leurs défauts et leurs limites et ainsi les considérer comme des « ennemis» que nous percevons comme détestables et qui fait en sorte que nous nous éloignons d’eux.

Bâtir des ponts d’amitié

Il nous faut croire profondément que les personnes qui sont différentes de nous sont acceptées et aimées infiniment par le Seigneur. Alors si Dieu aime infiniment ces personnes, nous devons demander au Seigneur la grâce de les aimer nous aussi. Et si nous aimons vraiment ces personnes qui sont différentes de nous, nous pourrons alors avoir la patience, la douceur, la force et le tact pour trouver les moyens adaptés afin d’entrer en relation avec elles et pouvoir ainsi les évangéliser.

Il faut aussi chercher à nous adapter aux autres afin de valoriser leurs différences de telle manière que nous pourrions leur dire : « je suis heureux que tu existes tel que tu es avec tes différences ». Ainsi, nous ne chercherons pas à changer les autres de manière qu’ils abandonnent leurs différences mais nous les accepterons comme ils sont en essayant de nous adapter à eux en changeant nous-mêmes notre regard i.e. en élargissant notre point de vue sur eux.

Au fond, nous pourrons évangéliser les personnes différentes de nous dans la mesure que nous pourrons nous en faire des amis. D’où l’importance de savoir  construire des ponts d’amitié en rendant des services concrets et désintéressés à ces personnes de manière qu’elles puissent être touchées par notre amour et ainsi qu’elles puissent s’ouvrir à la bonne nouvelle de l’évangile.

Questions pour le partage en petit groupe :

  • A la lumière de ce texte, qu’est-ce qui monte en mon cœur ?
  • Est-ce que je reconnais en moi-même la peur des différences des autres qui m’empêchent de les aimer et de les évangéliser ?
  • Quel moyen me semble le plus efficace afin de surmonter cette peur ?
Series Navigation<< Obstacle #3 à l’évangélisation : l’hostilité à la foiCroire que la miséricorde de Dieu suffit >>
Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 52 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

Soyez le premier à commenter