Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers

Résumé: Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers. Jeune homme du Québec “athée nihiliste”, il nous raconte comment il s’est converti à la foi chrétienne.

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: Une enfance facile

“J’ai 25 ans et je suis né à St Apollinaire dans le comté de Lotbinière (Québec). J’ai eu une enfance très facile. J’ai été dans une famille qui était non chrétienne mais ma mère m’a donné tous les sacrements : baptême, première communion, confirmation dans l’objectif qu’un jour je me marie. Mais pour nous dans notre famille, les sujets de Dieu on n’en parlait pas. Pourquoi j’ai eu une enfance facile, c’est parce que je n’ai pas manqué d’amour. Mon père et ma mère ont toujours été là pour m’encadrer dans les sports, à l’école. Et j’ai remarqué qu’à l’école, j’étais doué. J’avais des talents qui me rendait la vie facile. Financièrement, on était aisé, on ne manquait de rien.

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: à l’adolescence, il se pose les grandes questions de l’existence

À l’âge de 15 ans, c’est là que j’ai senti plein de questions philosophiques en moi : j’étais habité par de grandes questions du type : qui je suis? D’où est-ce que je viens? Et où je m’en vais? La question de la mort en particulier était quelque chose qui résonnait plus que les autres parce que je me disais : si on meurt et qu’il n’y a rien après la mort, à quoi ça sert de vivre ici, d’exister, à quoi ça sert d’avoir un travail, d’étudier, d’avoir une vie de famille? C’est quoi le but de tout ça si on meurt et qu’il n’y a rien après?

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: il cherche des réponses dans la philosophie de l’absurde

Pour répondre à ces questions, je me suis dit : je vais me tourner vers la philosophie et je me suis mis à lire du Camus, du Sartre, du Émile Cioran, du Nietzche. Et plus je lisais de la philosophie absurde, plus que je réalisais que c’était très dépressif car d’une certaine façon, d’être inutile ici, c’est un peu « platte ». De savoir qu’on est considéré seulement comme un tas de matière dans l’univers qui ne sert absolument à rien, ce n’est pas vraiment réconfortant. D’un autre côté, j’éprouvais un soulagement de me dire que même ma recherche philosophique ne sert à rien. Donc, à quoi bon d’angoisser sur ces questions si cela ne sert à rien d’exister et qu’il n’y a aucun but à la vie. On pourrait dire que l’absurde c’était comme ma religion. Cela me permettait de m’évader. Mais d’un autre côté, je sentais que cela me détachait de mes racines profondes humaines.

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: une rencontre avec un ami qui était chrétien

Alors, un des éléments importants de ma conversion, cela a été la rencontre avec un de mes amis en musique. Il avait la foi, il commençait à me parler de Jésus, de la Bible, de sa relation avec Dieu. Tout cela m’a remis un peu en question parce que cette personne était le contraire de tous les préjugés que j’avais sur l’Église. Pour moi, l’Église c’était mort, c’était pour les personnes âgées, c’était pour les gens qui n’étaient pas trop philosophiques, c’était pour les gens qui voulaient avoir des réponses faciles, qui ne voulaient pas se poser trop de questions, qui voulaient adhérer à des doctrines pour se faire du bien, qui avaient besoin d’une béquille parce qu’ils étaient blessés et qui voulaient trouver un soulagement. Pour moi, rencontrer quelqu’un comme lui qui jouait de la musique, qui jouait du rock, qui avait un esprit philosophique et intellectuel, cela venait défaire tous les préjugés que j’avais sur la vie chrétienne.

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: une rencontre avec une communauté chrétienne

Il m’a dit : « J.P. si tu es vraiment philosophique, va faire une retraite à Marie-Jeunesse qui est une communauté à Sherbrooke, va faire 4 jours de retraite si tu te poses vraiment des questions. S’il ne se passe rien, il ne se passera rien. Mais au moins vas-y essayer! » J’y suis allé. C’était la Montée Pascale. J’arrive là où il y avait 70-80 jeunes consacrés à Dieu de mon âge qui me parlent de leur foi. Ce qui m’a vraiment impressionné, c’est de voir que ces gens-là étaient heureux et que leur foi n’était pas seulement au niveau émotionnel mais quelque chose de rationnel. Et cela m’a remis en question par rapport à ce que je pensais de l’Église. En parlant avec les membres de la communauté, je me rendais compte que mes préjugés n’étaient pas vrais. Je me suis rendu compte que Dieu n’est pas seulement un concept intellectuel abstrait mais une personne qui vivait au milieu de nous et qui cherchait à entrer en relation avec nous. À la fin de la retraite de 4 jours, c’est la Vigile Pascale, je décide de faire une prière dans mon cœur que j’appellerais la prière du sceptique : si Dieu tu existes, et bien manifeste-toi, montre-moi que tu es là pour que je puisse te comprendre, même si je sais que tu n’existes pas. J’étais un peu plus ouvert à Dieu à la fin de la retraite mais je n’avais rien vécu de vraiment intense pour dire ok là je suis un chrétien, Dieu est parmi nous. On pourrait dire que j’étais encore athée à ce moment-là. Mais en revenant de la retraite, j’ai eu le désir de retourner à l’église, d’aller voir des gens qui croient, de mieux comprendre le message chrétien car je me disais : il y a 2000 ans d’histoire d’héritage chrétien, je voudrais mieux c’est quoi.

Témoignage de la conversion de Jean-Philippe Demers: la rencontre personnelle avec le Christ

Alors le 25 octobre 2015, après avoir discuté avec mon ami, je marchais sur le trottoir et c’est à ce moment-là que j’ai vécu ma conversion : j’ai senti une présence en moi d’amour qui est venu m’habiter. Une présence qui n’était pas moi, qui était un autre en moi qui m’aimait infiniment. Et c’est là que je me suis mis à genoux sur le trottoir, je me suis mis à pleurer, j’étais tellement bien et j’ai vraiment senti que j’étais en train de vivre un moment d’éternité, que le Seigneur me disait : regarde comment je peux te rendre heureux, regarde comment ma paix vaut plus que toutes les paix de ce monde et qu’elle est pour l’éternité. J’ai senti que la paix, la joie avec le Seigneur est là pour l’éternité. Et il m’aime pour tout ce que je suis. Saint Paul nous dit : « Le Christ m’a aimé et il s’est livré pour moi. » Ce soir-là, j’ai senti que le Christ s’était livré pour moi dans cet amour-là.

SOURCE: ECDQ.TV

Imprimer
Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 280 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire