Quels obstacles nous empêchent d’attendre le Seigneur ?

Homélie 1° Avent B : Marc 13, 33-37

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Savez-vous ce que signifie le mot : « Avent » ? Il vient du latin ‘Adventus’ qui signifie ‘venue’. Jésus est venu il y a 2000 ans et il vient aussi dans notre vie quotidienne et enfin, il viendra de nouveau à la fin des temps. Voilà la foi de l’Eglise. Or, Jésus nous dit dans l’évangile : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. » Et il nous répète à trois reprises : « veillez ». C’est donc dire toute l’importance que nous soyons vigilants. Mais il y a différentes situations de vie qui peuvent faire obstacle en nous empêchant de « veiller » et d’attendre le Seigneur.

Première situation : si nous n’attendons personne, alors il est certain que nous ne veillerons pas. Malheureusement, bien des chrétiens aujourd’hui vivent comme s’ils ne devaient jamais rencontrer le Seigneur un jour. Ils vivent comme s’ils ne devaient jamais mourir. Cela me fait penser à la parole de Charles de Foucauld : « Essaie de vivre chaque jour comme si tu devais mourir ce soir. »

Donc, l’évangile de ce jour nous pose une question importante : est-ce que je crois vraiment que Jésus ressuscité viendra un jour ou l’autre à ma rencontre ?

Deuxième situation : si nous vivons dans l’abondance matérielle, alors nous ne veillerons pas. Car il est bien connu que notre corps a tendance à s’assoupir ou à perdre sa capacité de vigilance après un repas copieux quand l’estomac est bien rempli par le bon vin et la nourriture grasse. Ainsi, quand nous sommes dans l’abondance matérielle, notre âme en vient, elle aussi, à s’assoupir spirituellement en ne cherchant plus Dieu dans la vie quotidienne. Cela me fait penser à la parole d’un joueur de hockey : « Donnez-moi un divan et une télé, et je suis un homme heureux. » Mais les chrétiens eux ne devraient pas être satisfaits totalement car leurs aspirations dépassent de beaucoup la possession des biens matériels. En fait, les chrétiens devraient aspirer à vivre de l’Amour de Dieu en espérant en Jésus Christ qui peut seul combler leur désir profond.

Ainsi, l’évangile d’aujourd’hui nous pose une seconde question importante : qu’en est-il de mon espérance ? Est-elle réduite seulement à mes besoins matériels ? Est-ce que j’espère en l’Amour infini de Dieu?

Troisième situation : si nous sommes fatigués, blasés, tristes et découragés par nos échecs répétés, nous perdrons aussi notre capacité de vigilance. Ainsi, certaines personnes ont tellement vécu d’expériences difficiles durant leur vie qu’elles en viennent à perdre toute espérance de pouvoir s’en sortir un jour. Mais Jésus nous enseigne par sa vie que nous pouvons espérer en Dieu notre Père en toute situation, même lorsque tout semble perdu à vue humaine. La semaine dernière, je lisais dans l’office des lectures une lettre d’un martyr vietnamien S. PAUL LE-BAO-TINH :

« Cette prison est vraiment une vive figure de l’enfer éternel. Aux liens, aux cangues et aux entraves viennent s’ajouter des colères, des vengeances, des malédictions, des conversations impures, des rixes, des actes mauvais, des serments injustes, des médisances, auxquels se joignent aussi l’ennui et la tristesse. Mais celui qui a déjà délivré les trois enfants des flammes ardentes est aussi demeuré avec moi ; il m’a délivré de ces maux et il me les convertit en douceur, parce que dans tous les siècles est sa miséricorde. Par la grâce de Dieu, au milieu de ces supplices qui ont coutume d’attrister les autres, je suis rempli de gaieté et de joie, parce que je ne suis pas seul, mais le Christ est avec moi. C’est lui, notre Maître, qui supporte tout le poids de cette croix ; pour moi, mes amis, je n’en ai à soutenir que la plus légère extrémité. Car non seulement il est spectateur du combat, mais encore il est combattant et vainqueur, et c’est lui qui consomme la lutte. »

Au fond, ce qui a permis à saint Paul Le Bao Tinh de ne pas désespérer dans cette prison infame, c’est parce qu’il n’a pas mis son espérance en lui-même mais il a tout espéré en Celui qui peut tout : Jésus Christ.

Enfin, une troisième question que nous pose l’évangile est : en qui ai-je mis mon espérance ? En moi-même et mes capacités humaines ou en Jésus Christ le Sauveur ?

Vous vous demanderez peut-être comment faire pour ne pas perdre l’espérance dans les situations où tout semble perdu ? La réponse est simple : il nous faut imiter nos amis les saints qui ne délaissent jamais la prière. Car la prière est le moyen par excellence afin de rencontrer le Seigneur. Pour cela, il est nécessaire d’apprendre à faire silence dans notre cœur afin que nous puissions entendre la douce voix de Jésus dans notre cœur. Aussi, il nous faut illuminer notre esprit par la lecture de bons livres de spiritualité et spécialement de la Sainte Ecriture. Alors notre cœur pourra se préparer comme il le faut à l’ultime rencontre avec Celui qui vient pour combler notre cœur assoiffé de Lumière, de Joie et de Vérité. La Sainte Vierge Marie est pour nous le modèle parfait de celle qui s’est préparée pour la venue de son Seigneur. Prions-la donc avec confiance et persévérance. Amen.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 74 Articles

Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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