Le péché est source de malheur et de mort éternels

Homélie du 10° Dimanche Ordinaire B : Marc 3, 20-35

Résumé : Le péché est source de malheur et de mort éternels pour l’humanité. Le péché est une réalité sournoise à cause de son invisibilité. Ainsi, tant que nous ne reconnaîtrons pas notre péché, nous ne pourrons pas trouver la libération et la guérison. Ainsi, Jésus nous dit que le plus grave des péchés est « le blasphème contre l’Esprit Saint » et qu’il ne peut pas être pardonné.

Le péché est source de malheurs et de mort pour l’humanité

La liturgie de la Parole de ce jour met en lumière la réalité du péché qui a l’effet d’une bombe atomique qui détruit toute la vie des humains et porte avec lui bien des souffrances, des malheurs et même la mort. Dans la première lecture du livre de la Genèse, on voit comment le péché d’Adam et Eve a détruit leur relation de confiance et d’amour avec Dieu. Ainsi, tout de suite après leur péché, Adam et Eve ont perdu la joie d’être en présence de Dieu. Désormais, ils ont la fausse impression que Dieu n’est plus leur ami mais leur ennemi dont ils doivent se méfier et avoir peur. Mais le pire, savez-vous ce que c’est ? Le pire des problèmes avec le péché, c’est qu’il est invisible. Il est en nous mais nous ne le voyons pas et nous ne le reconnaissons pas qui est à l’œuvre en nous. Ainsi Adam, après avoir péché, a répondu à Dieu : « Mais ce n’est pas moi. C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné le fruit. » Et la femme, de son côté répondit au Seigneur : « C’est le serpent qui m’a trompée. » Comme on peut le constater, le péché demeure invisible en nous et il demeure sans remède tant que nous ne le reconnaîtrons pas présent et agissant en nous. Tant que nous renverrons sur les autres la responsabilité de nos péchés, nous ne pourrons pas en trouver la libération et la guérison. Alors nous devrons toujours porter le très lourd fardeau de nos péchés sur nos épaules jusqu’à ce qu’ils nous écrasent totalement et qu’ils détruisent notre vie.

Jésus, dans son combat contre le mal, est accusé d’être Satan

Dans l’évangile, nous voyons Jésus qui est l’unique homme de l’histoire de l’humanité qui n’a jamais péché puisqu’il est le Fils Bien-aimé du Père Céleste venu sur la terre pour nous libérer du mal et de tout péché. Il est venu dans notre monde pour combattre les puissances du mal qui cherchent à tromper et détruire l’humanité. Ceci explique bien que Jésus ait dû supporter les attaques des scribes et des gens de son village qui cherchaient à détruire sa réputation. De plus, les scribes ont accusé Jésus en disant : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Dans cette fausse accusation, on sent le péché des scribes dont le cœur ne veut pas croire que Jésus est le « Fils de Dieu ». Ils considéraient Jésus comme un compétiteur qui les menaçait de perdre leur domination sur les gens. Au fond, le péché des scribes était un péché d’orgueil et d’envie qui souffre du succès et du bien que les autres peuvent avoir. Et alors, pour éliminer ce Jésus qui les gêne dans la poursuite de leurs ambitions, tous les coups sont permis : fausses accusations, mensonges et calomnies. Mais devant ces calomnies, Jésus répond par un raisonnement tout simple : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? » En d’autres mots, Satan ne peut pas travailler contre lui-même. Car les œuvres de Jésus ont justement comme but de libérer l’humanité de Satan et de ses œuvres de mort.

Pourquoi le « blasphème contre l’Esprit Saint » est-il impardonnable ?

« Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. » Ce « blasphème contre l’Esprit Saint » est le plus grave de tous les péchés et ne peut pas être pardonné parce qu’il est la négation consciente et volontaire de Dieu qui est Vérité, Justice, Bonté et Amour. Au fond, les scribes disent que Jésus est Satan qui désire la mort des hommes. Donc, pour les scribes, Jésus n’est pas comme il le prétend la Vérité sur l’homme et sur Dieu, mais il est plutôt le Mensonge ; il n’est pas l’incarnation du Bien et de l’Amour, mais plutôt l’incarnation du Mal et de la Haine ; il n’est pas la Vie, mais la Mort. Ainsi, quand on accepte cette révolution de la Vérité, du Bien, de l’Amour et de la Vie, alors il devient tout à fait impossible de trouver le Chemin du Salut qui conduit au véritable Sauveur : Jésus Christ, Chemin, Vérité et Vie et d’être pardonné. Cela est un peu comme si quelqu’un voulait aller à Québec tout en refusant que Québec soit Québec et en considérant que toutes les routes menant à Québec n’y conduisent pas. Alors, il est impossible qu’il puisse arriver vraiment à Québec un jour.

Quelle est la source ou la racine du « blasphème contre l’Esprit Saint » ?

Il me semble important que nous puissions connaître quelle est la source et la racine profonde du « blasphème contre l’Esprit Saint » ? A mon avis, la source et la racine du « blasphème contre l’Esprit Saint » se trouve dans l’orgueil et l’envie. Ainsi, il nous faut éviter à tout prix de nous laisser aveugler par l’orgueil et l’envie qui font en sorte que lorsqu’ils sont à leur comble, nous pouvons commettre le grave péché du « blasphème contre l’Esprit Saint » par lequel nous pouvons refuser consciemment et volontairement de reconnaître nos péchés et d’accueillir la miséricorde de Dieu qui nous est offerte pour le pardon de nos péchés par notre Sauveur Jésus Christ.

Pour aller plus loin dans le partage

  • Que m’inspire ce texte sur le péché ?
  • Selon vous, comment expliquez-vous que dans notre société actuelle, les gens aient complétement évacué la réalité du péché ?
  • Comment pourriez-vous expliquer dans vos mots la réalité du « blasphème contre l’Esprit Saint » ?

 

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 148 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

2 Commentaires

  1. Bravo Père Gérald pour ce commentaire de l’évangile de ce dimanche. J’aime beaucoup l’idée ou plutôt la vérité du fait que le péché est invisible à l’être humain. Seul Dieu voit les péchés puiqu’Il lit dans les consciences. Mais, malheureusement, les effets du péché quant à eux, ne sont que trop visibles.

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