« Est-ce que la science a enterré Dieu? »

John Lennox: un Chesterton pour aujourd'hui

Résumé : « Est-ce que la science a enterré Dieu? » Voilà la question que pose John Lennox, professeur émérite de mathématique à l’université d’Oxford. Dans la vidéo qui va suivre, le professeur Lennox apporte plusieurs arguments logiques afin de montrer que la science n’a pas enterré Dieu.

« Voici une vidéo de John Lennox, professeur émérite de mathématique à l’université d’Oxford et spécialiste de la philosophie des sciences. Il est aussi un excellent conférencier, comme vous pourrez le constater si vous regardez et écoutez les vidéos mises à la fin du présent blogue. (…) Il traite d’un sujet qui me passionne : le rapport qui existe entre la science et la religion. Le professeur Lennox est pour moi de la trempe d’un G.K. Chesterton. Il semble bien d’ailleurs que Lennox voue une grande admiration à Chesterton puisque dans la première vidéo mise ci-dessous, il cite cette phrase de G.K. Chesterton :

“It is absurd for the Evolutionist to complain that it is unthinkable for an admittedly unthinkable God to make everything out of nothing, and then pretend that it is more thinkable that nothing should turn itself into everything.” (1)

Voici ma traduction de cette phrase :

« Il est absurde pour un partisan de l’évolution de se plaindre du fait qu’il est impensable qu’un supposé inimaginable Dieu puisse avoir tout créé à partir de rien, et de prétendre ensuite qu’il est plus pensable que de rien puisse venir tout ce qui existe. »

Voici maintenant ma traduction des huit premières minutes de la conférence du professeur Lennox que vous pourrez voir et entendre dans la vidéo ci-dessus:

Le titre de la conférence est : « Est-ce que la science a enterré Dieu? » Ce titre se réfère particulièrement aux sciences naturelles. Et il y a une impression très répandue dans plusieurs endroits du monde, et particulièrement en Europe, qu’il y a une tension irréconciliable entre Dieu d’un côté et la science de l’autre côté. Je désire suggérer que cela est totalement faux parce que nous n’avons seulement qu’à regarder les Prix Nobel pour la physique pour voir quel est le vrai problème. Il y a environ deux ans (NDLR: en 2013), le prix Nobel de physique a été gagné par un Écossais: Peter Higgs, pour la découverte du boson de Higgs qui est devenu très fameux. Il est un athée. Quelques années auparavant, le même prix Nobel a été gagné par William Philipps (NDLR: en 1997) des États-Unis; il est chrétien. Tous les deux sont brillants. Ils ont gagné le prix Nobel. Par conséquent, ils ne sont pas divisés par leur science. Ils sont divisés par leur « VISION DU MONDE ». L’un est un athée; l’autre est un théiste.

Et si l’on veut comprendre le débat contemporain, nous avons besoin de réaliser que la tension se situe là: il s’agit d’une tension entre deux visions du monde diamétralement opposées: théisme, croyance en Dieu et athéisme, rejet de Dieu. Et il y a des hommes et des femmes de science des deux côtés de ce débat. Par conséquent, ce n’est clairement pas une guerre entre science et religion. Il est en effet intéressant de savoir qu’entre 1900 et 2000, et donc durant ces cent ans, 65% des gagnants des prix Nobel ont été des croyants en Dieu.

 

(NDLR: le professeur Lennox a bien raison; le fait que de grands hommes de science aient été des croyants en Dieu, montrent clairement qu’il ne peut y avoir de guerre entre la science et la religion. C’est un raisonnement assez simple, mais il s’agissait d’y penser).

La tension entre ces deux « visions du monde » est très ancienne. Chez les Grecs de l’antiquité, il y a les atomistes, Démocrite et Leucippe, qui croient que la réalité ultime consiste en deux choses: atomes et vide. Ils croyaient que c’était tout ce qui existe; qu’il n’y a que cela qui existe. Par conséquent, leur idée de l’explication du monde était réductionniste: toute chose doit être expliquée en termes d’atomes et de vide parce que c’est seulement cela qui existe. Ils sont les premiers matérialistes. Et leur façon de voir est partagée par beaucoup de gens aujourd’hui. En fait, c’est probablement la vision du monde dominante dans les académies de l’Ouest, avec des personnes comme Richard Dawkins. Mais dans le monde ancien, il y avait également des gens tels que Socrate, Plaon et Aristote, qui croyaient qu’il y avait PLUS que des atomes et du vide, qu’il y avait de la TRANSCENDANCE, qu’ils ont formulé de différentes façons: il y avait des dieux ou il y avait Dieu. Mais de toute façon, ils croyaient qu’il y avait PLUS que de l’énergie de masse, que celle-ci  n’était pas la seule chose qui existe. Et il est évident que ces deux visions du monde sont opposées l’une à l’autre et elles divisent l’académie contemporaine.

Alors, au lieu de poser des questions sur la science versus la religion, la vraie question à laquelle nous faisons face est celle-ci : dans quelle direction la science nous oriente-t-elle, si elle nous oriente? Est-ce que la science supporte l’athéisme comme l’affirment Richard Dawkins et plusieurs autres athéistes; ou est-ce que la science supporte le théisme? Ou la science est-elle complètement neutre?

Je suis un mathématicien; un pur mathématicien. Et nous les mathématiciens avons un concept très rigoureux de ce qu’est une preuve. Une preuve part d’axiomes, et utilise la logique pour arriver à une conclusion. En ce sens, nous ne pouvons pas prouver que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Mais il y a un deuxième usage du mot “preuve » dans la majorité des langues. Et il s’agit d’évidence, d’indicateurs. Cela ne veut pas dire qu’ils sont faibles. Par exemple, j’ai été marié avec la même personne depuis presque 50 ans. Je ne peux pas vous prouver mathématiquement que ma femme m’aime. Mais je risque ma vie sur cela. Je suis venu en Espagne sur un jet. Je ne pouvais pas vous prouver mathématiquement que l’avion me conduirait ici, mais je lui ai confié ma vie. Donc, nous ne devons pas penser que parce que nous n’avons pas de preuve mathématique nous ne pouvons pas avoir d’évidences qui soient très fortes. » 

SOURCE: Blog Dieu ma joie

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Guy Simard
A propos Guy Simard 25 Articles
Guy Simard est un Oblat de la Vierge Marie. Il est curé de la paroisse Saint-Enfant-Jésus-de-la-Pointe-aux-Trembles et il a écrit plus de 850 textes sur son propre blogue, Dieu ma joie.

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