“Jésus le bon berger”

Homélie du 4° Pâques B : Jean 10, 11-18

 “Jésus le bon berger ». Au 21° siècle, cette appellation de “Jésus le bon berger” peut ne pas nous dire grand’ chose. Car non seulement le métier de berger nous est inconnu mais il peut aussi faire émerger dans notre esprit toutes sortes d’idées négatives. Par exemple, dans notre société démocratique moderne, les gens n’apprécient pas ceux qui s’érigent eux-mêmes comme les grands chefs de l’humanité car l’histoire récente du monde nous rappelle trop bien les Hitler, Staline, Mao, Pol Pot et autres dictateurs de tous acabits qui ont détruit des millions de vies humaines et ruiné leurs peuples.

Jésus assimile-t-il les humains à un vulgaire troupeau de moutons ?

De plus, dire que Jésus est le bon berger, est-ce dire que les humains sont assimilés à un vulgaire troupeau de moutons? Plusieurs vont alors s’objecter avec raison qu’il est indigne de la race humaine d’être rabaissée au niveau de ces animaux qui n’ont aucune intelligence. Bien entendu, si nous en restons à cette compréhension du « bon berger », il est tout à fait compréhensible que les gens n’acceptent pas cette image que Jésus nous donne de lui-même. Voilà pourquoi il est important que nous approfondissions notre compréhension de Jésus, le « bon berger ».

Jésus, le bon berger est complètement différent des dictateurs de ce monde

Tout d’abord, Jésus le « bon berger » se distingue de tous les dictateurs de ce monde par le fait qu’il ne veut pas s’imposer à quiconque. Ainsi, Jésus le bon berger respecte infiniment la liberté de chacun et il ne veut forcer personne à le suivre. En fait, Jésus n’est ni un mercenaire ni un profiteur ni un manipulateur qui désire s’enrichir aux dépends des gens ou acquérir un pouvoir de contrôle sur les personnes. Le seul pouvoir et la seule richesse recherchés par Jésus le bon berger, c’est le pouvoir et la richesse de l’amour gratuit qui ne désire que le bien des autres. « J’ai le pouvoir de donner ma vie ». Ainsi, le « bon berger » est prêt à donner sa vie afin de défendre ses brebis en péril. Il soigne celles qui sont blessées et va à la recherche de celles qui sont égarées. De plus, le « bon berger » connaît ses brebis. Il s’intéresse à chacune en particulier : il connaît leur histoire personnelle, leurs aspirations, leurs rêves, leurs désirs profonds, leurs possibilités, leurs peines, leurs épreuves. Voilà pourquoi le « bon berger » ne guide jamais ses brebis par la force ou par la contrainte mais plutôt par la douceur et la persuasion de l’amour. Il n’écrase pas ses brebis par des ordres tyranniques. Mais il les interpelle en parlant à leur cœur et en les appelant par leur nom. Cela est la preuve qu’il connaît chacun de nous intimement et personnellement.

Les humains sont la plus grande richesse de Dieu

Pour ceux qui croient que Jésus nous rabaisse en nous comparant à un troupeau de mouton, il faut savoir que dans la civilisation ancienne, posséder un troupeau d’animaux était considéré comme une grande richesse. Ainsi, dans la vision biblique, le berger considérait son troupeau comme un signe de la bénédiction de Dieu. Bien entendu, pour Dieu, nous valons beaucoup plus que des brebis car il désire faire de tous les humains ses enfants bien-aimés. Et le rêve de Dieu le Père que Jésus est venu réaliser, c’est justement de rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés.

Jésus appelle ses apôtres à devenir de bons bergers pour son Eglise

Pour ce faire, Jésus a choisi ses apôtres afin qu’ils soient ses lieutenants et ses représentants comme « bons bergers » de son Eglise. Mais puisque l’Eglise est composée d’une multitude de petites communautés, le Seigneur Jésus veut déléguer la responsabilité de « bon berger » à une multitude de disciples afin qu’ils participent à sa mission de « rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés. » Ainsi, chacun des disciples de Jésus se doit d’écouter dans son cœur la voix de l’unique « bon berger » qu’est le Christ et être docile à ses inspirations. Car chacun de nous doit apprendre de Jésus comment devenir un « bon berger » pour ses frères et sœurs. Comme Jésus le « bon berger », nous devons apprendre à nous faire proches de chacun de nos frères et sœurs afin de les connaître et de les aimer comme Jésus lui-même les aime.

Nous sommes appelés à devenir de « bons bergers » pour nos frères et soeurs

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale de prière pour les vocations. Le Seigneur nous invite donc à prier afin que chaque chrétien(ne) puisse écouter dans son coeur la Voix du « Bon Berger » qui est Jésus et qui continue d’appeler des hommes et des femmes à être de véritables « bons bergers » pour leurs frères et sœurs. Ainsi, nous pourrons réaliser le grand rêve de Dieu sur l’humanité afin qu’elle devienne une grande famille unie dans la foi, l’espérance et la charité.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 291 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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