Jésus et la « correction fraternelle »

Source image: Clip: "Miséricordieux comme le Père" de Richard Vidal in: Webtélé ECDQ

Résumé : Jésus et la « correction fraternelle ». Dans l’Église du Christ, nous sommes tous responsables les uns des autres dans l’amour de nos frères et sœurs.

Jésus a fondé l’Église comme une communauté de pécheurs et non pas comme une communauté de purs et de parfaits. Jésus invite son Église à vivre la « correction fraternelle » afin que nous puissions chercher ensemble la conversion du cœur.

Jésus et la « correction fraternelle » : car nous sommes tous pécheurs

L’évangile de ce dimanche (Matthieu 18, 15-20) nous montre que Jésus avait bien conscience que la communauté ecclésiale était très imparfaite car il a choisi des « hommes faibles et pécheurs ». C’est la raison pour laquelle il a prévu des moyens concrets afin que ses disciples puissent se réconcilier les uns avec les autres par la correction fraternelle.

Mais il y a un problème de taille avec la « correction fraternelle ». Je ne connais pas beaucoup de monde (moi le premier) qui aime à se faire corriger par les autres. Pour accepter la correction fraternelle, il faut être déjà arrivé à un stade de sainteté très grand un peu comme le saint curé d’Ars qui approuvait ces confrères prêtres qui avaient écrit à l’évêque à son sujet pour dénoncer son manque de connaissance du latin.

Jésus et la « correction fraternelle » : comment la réussir ?

Jésus savait pertinemment que sa communauté composée d’hommes faibles et pécheurs auraient besoin d’être pardonnés, corrigés et sanctifiés. Mais humainement parlant cela n’est pas facile à faire. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé de faire une correction fraternelle dans votre famille ou à un de vos amis ? J’imagine que la correction de votre frère ou de votre ami n’a pas été un exercice facile. On peut alors se demander comment réussir à corriger un de nos frères tout en évitant l’écueil de le blesser davantage et ainsi d’empirer la situation ?

Tout d’abord, il faut bien se mettre dans la tête que la correction fraternelle proposée par Jésus dans l’évangile ne doit pas être assimilée à un jugement sur la personne car Jésus nous dit clairement que nous ne devons juger personne : « Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas jugés. » (Matthieu 7, 1).

En fait, quand nous corrigeons un frère ou une sœur, nous devons chercher à lui révéler avec humilité et douceur le mal qu’il ou elle a causé par ses paroles ou ses actions. Par exemple, si nous nous apercevons que notre frère nous a menti, nous ne devons pas chercher à lui intenter un procès afin de le dénoncer comme un fieffé menteur. Car le Seigneur ne veut pas écraser le pécheur sous le poids d’une culpabilité destructrice qui risquerait de le blesser davantage.

Voilà pourquoi Jésus suggère comme première approche : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. » Les « reproches » dont parle Jésus ne doivent pas être faits sur le ton moralisateur d’un justicier moral irréprochable qui cherche à en imposer par sa supériorité car en vérité nous sommes tous de pauvres pécheurs devant le Seigneur et nous avons tous besoin de sa miséricorde.

En outre, nous devons demander la Lumière de l’Esprit Saint dans la prière afin que nous puissions être capables d’ouvrir notre cœur à notre frère. Ainsi, nous pourrons lui manifester notre respect et notre amour sincère de telle manière qu’il puisse mieux voir ses propres limites et se reconnaître pécheur.

En résumé, Jésus nous invite à travailler ensemble à notre sanctification mutuelle et à la construction du Royaume de l’Amour. Car chacun de nous a un rôle important dans la communauté chrétienne afin que les gens puissent dire : « Voyez comme ils s’aiment ».

A propos Gérald Lajeunesse 421 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.