Grandir dans la foi comme adulte

Résumé : Grandir dans la foi comme adulte. L’objectif de la foi est la sainteté. Pour cela il nous faut apprendre à s’accompagner les uns les autres dans la charité.

Sébastien Gendron est époux et papa. Avant de faire sa théologie, il s’est formé en art et en communication. Il se passionne pour l’éducation de la foi des adultes. Nous en parlons avec lui à l’instant. Bonjour Sébastien. Tu es agent de pastorale dans l’unité missionnaire de Bellechasse-Etchemin depuis quelques années et tu es un passionné d’évangélisation. Qu’est-ce que signifie pour toi grandir dans la foi comme adulte?

Grandir dans la foi comme adulte : l’objectif est la sainteté

Pour moi, quand on parle de formation chrétienne, on parle de formation chrétienne aux adultes. Parce que la formation chrétienne a pour but de faire des saints. On est appelé à devenir saint et sainte. Cela implique un niveau de maturité dans la vie de foi, dans les expériences de vie que ce soit l’expérience du mal, de la souffrance. Mais aussi l’expérience de l’amour. Pas un amour facile mais un amour exigeant qui demande un don de soi véritable. Pour moi, quand on parle de formation chrétienne des enfants, on parle surtout d’éveil à la foi. C’est-à-dire transmettre un certain nombre de valeurs et de principes qui peuvent servir de repères à l’enfant dans sa vie. Mais je pense que ce dont les jeunes ont surtout besoin par-dessus tout, ce sont des modèles d’hommes et de femmes, que ce soit des catéchètes, parrains, marraines, parents ou des amis de la famille qui lorsqu’ils les regardent, ils sentent quelque chose de différent, il y a une odeur et une saveur particulière. Et ces gens-là, s’ils sont vraiment capables de rendre compte de l’espérance qui les habite, ils peuvent être des références. Pour moi, c’était mon cas à 17 ans, quand je me cherchais un peu et je ne savais pas à quelle porte cogner. C’est un prêtre que j’ai connu quand j’étais tout jeune qui a été ma référence et le pont qui m’a permis d’entrer dans la foi. Alors, oui il y a eu la catéchèse à l’école mais c’est surtout la relation, la confiance qui m’ont construit. Alors pourquoi la formation chrétienne des adultes? Parce que ce sont des adultes qui tiennent l’Église. Jésus bénissait les enfants et aimait beaucoup les enfants mais il formait les adultes. C’est ce qu’il faut découvrir en Église aujourd’hui.

Quelles sont les attitudes personnelles importantes pour grandir dans la foi cheminer et avancer dans la foi?

Je pense qu’il y a un point fondamental quand on regarde la vie paroissiale et qu’on regarde nos propres vies aussi. C’est le sens de la gratuité qu’on doit redécouvrir de façon importante. Il y a une façon dont l’évangile parle de cela par rapport à l’intendance. Il dit souvent qu’on doit travailler à la vigne, qu’on doit prendre soin d’un montant d’argent qui nous est confié. C’est l’idée que dans le fond rien nous est dû et tout est don. Tout ce qui nous est confié, on a la responsabilité de le faire fructifier et d’en rendre compte au maître. Quand on entre dans cette dynamique, cela nous sort de toutes les dynamiques de réquisition, de dû, de droit. On rencontre souvent cela avec les gens qui demandent un sacrement et parfois avec nos paroissiens qui sont dans une dynamique où chacun vient chercher son petit bout, il vient chercher son affaire et repart à la maison. Oui, on n’est pas dans une dynamique où on est au service de la communauté, qui elle est au service du monde. La redevabilité à l’autre, ce cercle vertueux de don et d’accueil qui est dans la Trinité que l’on doit reproduire nous-mêmes. Ce sens de la gratuité dans le sens où lorsqu’on évangélise on donne le petit lait : Dieu t’aime. Cela est intéressant car on aime cela être aimé et cela nous fait un petit velours. Mais la nourriture spirituelle solide comme le dit saint Paul, que l’on doit mastiquer longtemps qui doit nous former, c’est : aime Dieu de tout ton cœur, de toute ta force et de tout ton esprit et aime ton prochain comme toi-même. Cela c’est tout un plan de match, tout un défi.

Grandir dans la foi comme adulte : il nous faut nous exercer à la charité en vivant dans notre communauté

Pour entrer là-dedans, cela demande qu’on s’aide les uns les autres et qu’on s’accompagne. La Parole de Dieu nous donne plein de clés pour entrer là-dedans. On doit l’interpréter ensemble pour en trouver le vrai sens et surtout c’est ensemble qu’on met en pratique ces principes-là. Il n’y a que l’Église pour faire des erreurs. Alors, quand on est en communauté d’apprentissage, on peut s’exercer à la charité et à la vérité. Ensuite, toutes les vertus que l’on acquiert, on la transmet aux autres et c’est cela qui parle au monde d’abord et avant tout. Quand on parle d’évangélisation, c’est d’abord transmettre quelque chose qui se sent plus que qui se sait. Le discours vient confirmer un geste ou une attitude ou quelque chose que les yeux perçoivent en premier. Les apôtres disaient : « on ne peut pas taire ce que nous avons vu et entendu du Christ ». Il y avait des paroles et des signes qui allaient ensemble.

Grandir dans la foi comme adulte : il faut apprendre à devenir témoin de notre foi

Tu travailles pour plusieurs paroisses comme agent de pastorale et avec ton équipe, vous êtes en train de mettre en place bien des choses dans le domaine de l’éducation de la foi. À la formation chrétienne, il y a un comité qui met en place différents chantiers : devenir saint, devenir un peu des mystiques car c’est cela qu’on est appelé à être. Pétris par la grâce, rien de moins. C’est une vie de transcendance, ce n’est pas une vie humaine au rang des pâquerettes. Une vie incarnée, les pieds sur terre et la tête dans les Cieux. Et l’apprentissage au témoignage. Quand on parle du témoignage, il faut décoder la culture, décoder où les gens en sont aujourd’hui. Le ravin est parfois tellement grand entre l’Église et le monde que parfois on ne sait plus où s’arrime la vérité de l’évangile et on parle deux langages distincts. Alors, il faut trouver une façon de pouvoir rejoindre les gens à partir de leur questionnement, de leur recherche et de leur aspiration. L’évangile est une réponse à l’aspiration du monde. Il faut trouver une façon de leur faire comprendre. Il faut tout d’abord le comprendre nous-mêmes et ensuite de l’articuler. Donc, formation chrétienne, formation au témoignage et la formation au ministère, aux différents services que l’on est appelé à rendre. Ce n’est pas tout de « patcher » des trous dans nos communautés parce qu’on a des besoins à droite et à gauche. Il faut appeler des gens en fonction de leurs charismes et de leurs talents et les outiller et les encadrer pour bien faire leur travail. Au final, il y a ce qu’on appelle le leadership qui est le charisme qui est au service des charismes. C’est le serviteur des serviteurs. Cela implique un niveau de complexité et de compétences transversales qui nécessitent selon moi d’être une catégorie à part. Parce qu’aujourd’hui les défis sont immenses dans nos méga structures paroissiales. Alors, il faut être capable d’avoir des outils à plein de niveaux pour être capable de faire notre travail.

Pour renouveler la formation des baptisés dans notre Église, de quoi avons-nous besoin?

Comme je le disais tout à l’heure, cet esprit de gratuité dans l’amour. Dieu se donne, est-ce que je me donne quand je vais à Lui? Découvrir que les sacrements ne sont pas une fin en soi. C’est une nourriture, un moyen. C’est un Pain qui me nourrit pour ma semaine, ma mission. Donc, redécouvrir que ce n’est pas le fait de « puncher » ou d’avoir des certificats qui fait de nous des chrétiens. C’est le fait qu’on est en marche, qu’on est en croissance et qu’on est en décroissance en fait. Parce que la croissance de la foi implique la décroissance de mon ego, de tout ce qui n’est pas Dieu en moi. Donc, il y a un renversement. Est-ce que Christ vit en moi, est-ce qu’il grandit en moi? Dans un cheminement alors les sacrements dans la vie chrétienne ont du sens. Alors, l’Eucharistie est vraiment un sommet et une source et pas seulement un « Stop ».

En terminant, ton rêve profond par rapport à l’évangélisation, la formation chrétienne, l’Église?

Moi ce que j’aimerais beaucoup éventuellement, j’ai une petite entreprise qui se met en branle tranquillement et j’aimerais monter un réseau de gens qui ont à cœur d’aller jusqu’au bout du chemin étroit que nous propose l’évangile, c’est-à-dire la sainteté qui est la divinisation : devenir Dieu avec Lui, par Lui et en Lui. C’est pétri de la grâce pour être transformé afin de renouveler le monde autour d’eux. Cela ne se fait pas tout seul. Cela prend une communauté, des ressources, des enseignements qui nous font voir où sont les nœuds dans nos vies : qu’est-ce qui bloque, qu’est-ce qui nous entrave à la vie divine? Je rêve de voir naître cela car on a soif de cela. On le sait, l’Église s’est toujours réformée à partir des saints. Il faut passer par là si on veut un renouvellement missionnaire. Il faut former des saints.

SOURCE : WEB TÉLÉ ECDQ

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