Appelés à une foi de plus en plus mature

Homélie du 12ième dimanche ordinaire B 2024

Résumé : Appelés à une foi de plus en plus mature. Comme dans l’évangile, notre foi peut passer par des tempêtes (crises) qui font en sorte que notre foi va mûrir et devenir plus adulte.

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Lorsque nous lisons l’Évangile ( Marc 4, 35-41), nous pouvons le lire de deux façons : Premièrement, nous pouvons lire le récit de l’Évangile au sens littéral comme une histoire humaine ordinaire. En ce sens, nous voyons aujourd’hui Jésus qui, après une longue journée de prédication, invite ses disciples à se retirer un peu et à traverser le lac de Galilée pour trouver un peu de tranquillité. Et alors qu’ils étaient sur le lac, une tempête de vent menace leur bateau de couler. Alors, les disciples réveillent Jésus qui dort et il calme le vent d’un seul mot.

Appelés à une foi de plus en plus mature : pour une lecture spirituelle de l’Évangile

Mais il y a une autre façon de lire l’Évangile, on peut le lire au sens spirituel et symbolique dans le but de nourrir notre foi. Par exemple, lorsque Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive », il entend non seulement la rive physique du lac de Galilée mais la rive de notre avenir humain et spirituel. Car nous sommes tous des personnes en constante évolution vers une maturation physique, psychologique et spirituelle. Dans tous les changements et les évolutions de notre vie, il peut arriver que nous vivions des imprévus comme dans l’Évangile où les disciples ont dû subir une tempête de vent fort qui menaçait de faire couler leur bateau. En fait, il arrive souvent que les changements majeurs que nous vivons puissent s’accompagner de tempêtes intérieures que nous appelons aussi des crises. Ainsi, par exemple, dans le passage de l’enfance à l’âge adulte, il y a la crise de l’adolescence.

Appelés à une foi de plus en plus mature : Les tempêtes (crises) sont des moments de maturation de notre foi

Spirituellement dans la foi chrétienne, la même chose peut arriver. Lorsque nous devenons enfants de Dieu par le baptême, nous sommes des bébés spirituels. Mais en fait, nous sommes appelés à devenir des adultes dans la foi. Nous sommes appelés à passer d’une foi d’enfant à une foi d’adulte. Ce changement spirituel peut passer par des crises spirituelles, c’est-à-dire des tempêtes spirituelles. Par exemple, enfant, nous pensions que le monde entier tournait autour de nous. Mais peu à peu, nous avons découvert que nos parents étaient à notre service, non pas parce que nous étions les rois du monde, mais parce qu’ils nous aimaient. De même, dans la foi immature, nous pouvons penser que Dieu se doit d’être à notre service. Ainsi, intérieurement, nous pouvons prier le Notre Père d’une manière égocentrique : « … que ma volonté soit faite sur terre comme dans le ciel ». C’est alors que nous devrions opérer une conversion spirituelle qui nous fera passer d’une vision égocentrique à une vision où Dieu sera véritablement au centre de notre vie. Cette conversion peut se faire à l’occasion d’événements pénibles. Par exemple, je me rappelle une jeune fille dont la grand-mère était gravement malade. Dans la foi, elle priait afin qu’elle guérisse. Mais voilà qu’elle est morte. Mais dans sa foi immature, elle n’a pas pu accepter que les choses ne se passent pas comme elle le désirait et alors elle est entrée dans une crise et une révolte contre Dieu. Elle a cessé de croire en Dieu et de prier. Mais si elle avait eu une foi plus adulte, la mort de sa grand-mère aurait été une occasion d’entrer dans un mouvement de conversion et de maturation de foi dans lequel elle aurait pu se détacher de son égocentrisme afin d’accepter dans la prière la Volonté de Dieu qui ne correspondait pas à sa volonté. Pour surmonter les différentes crises spirituelles qui nous porteront vers une maturité spirituelle toujours plus grande, il faut nous rappeler que le Seigneur est toujours présent avec nous dans toutes les situations de notre vie (avant l’épreuve, pendant l’épreuve et après l’épreuve). Comme dans l’Évangile, Jésus (Dieu) peut sembler dormir et être absent. Mais il est toujours là en vérité. Il ne nous abandonne jamais et nous pouvons toujours compter sur Lui. Nous devons toujours nous rappeler la parole de saint Paul aux Romains : « Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ? » Mais la question est en effet de savoir si nous, nous sommes vraiment avec Lui?

Enfin, nous devons croire qu’il n’y a pas de situations complètement désespérées car l’Amour du Seigneur est tout-puissant. C’est souvent quand nous aurons touché le fond du baril de l’épreuve que Dieu pourra alors nous montrer la merveille de sa miséricorde. Par exemple, il y a l’histoire de Jacques Lebreton qui a écrit un livre : « Sans yeux ni mains » (1966). Il était soldat lors de la guerre de Libye en 1942. Un de ses compagnons, pour faire une blague, lui lance une grenade qui était ouverte. En l’attrapant, la grenade éclate et il est gravement blessé aux mains et aux yeux et, ainsi, il perd l’usage de ses mains et de ses yeux. Au début, il s’est rebellé contre Dieu et il a eu même la tentation du suicide parce qu’il n’en pouvait plus de souffrir autant. Puis, il a crié sa souffrance à Dieu : « Si tu es aussi bon qu’on le dit, montre-le-moi ! » Et alors il entendit intérieurement la parole : « Ne crains rien, Jacques, je suis là. Je suis en toi un Dieu aveugle et sans mains. » Alors, Jacques s’est mis à pleurer de joie sur son lit d’hôpital. Il est devenu un grand croyant et il a pu se marier et avoir une famille. Ainsi, sa grande épreuve physique est devenue avec la grâce de Dieu un tremplin spirituel qui l’a propulsé dans la foi et l’amour de Dieu pour devenir un grand témoin du Christ.

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A propos Gérald Lajeunesse 324 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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