Aimer en partageant

Enseignement 238, 23 novembre 2016

Pierre partage son expérience du ressuscité

♫ Ah! ah! ah! Jésus, Jésus, Jésus,

Jésus, Jésus, Jésus.♫

Dans le grand mandat missionnaire qu’on retrouve à la fin de l’Évangile de Marc, Jésus dit à ses apôtres : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile » (Mc 16, 15).  Il nous envoie, non seulement proclamer un message d’amour, mais de manière très précise proclamer l’Évangile, c’est-à-dire comment l’Amour de Dieu s’est manifesté dans la personne de Jésus de Nazareth, mort pour nous et ressuscité d’entre les morts.  Et c’est ce que les Apôtres vont faire.  Dès le jour de la Pentecôte, dans le premier discours de Pierre, Pierre fait un long discours, mais l’essentiel de ce discours, c’est ceci : « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes les témoins » (Ac 2, 23-24.32).  Et, au chapitre suivant, après la guérison de l’infirme, il y aura un nouveau discours de Pierre, et il va redire la même chose : « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes les témoins » (Ac 3, 15). Ça c’est le cœur de l’Évangile.  Il faut qu’un jour ou l’autre cela soit dit.  Dans notre mission d’évangélisation, nous avons à exprimer clairement cela.  Dans la belle lettre aux Éphésiens, Paul s’adresse aux Éphésiens, aux chrétiens d’Éphèse, et il leur dit : « Vous connaîtrez l’Amour du Christ, qui surpasse toute connaissance » (Ep 3, 19).  Il n’y a rien de plus grand, de plus beau à connaître, que de connaître et d’expérimenter l’Amour du Christ.  Voyez !  Cela fait partie de notre mission d’Évangélisation.  Dans le grand texte sur l’évangélisation qui s’appelle « Evangelii Nuntiandi » (c’est un peu comme la grande charte de l’évangélisation dans le monde moderne), Paul VI dit ceci, après avoir parlé de la prière, du service, etc. : « Mais il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu, ne sont pas annoncés » (EN 22)  Voyez !

Alors, c’est ce qui nous amène donc à notre troisième manière d’aimer, que nous allons exprimer par un mot, qui est le mot «partage»: aimer en partageant.   Mais ce mot partage signifie, en fait, le témoignage, le partage de foi.  Et la petite phrase qui exprime ce mot là dans le dessin du processus d’évangélisation, le filet, on dit : « partage le peu de Jésus que tu connais ».  Partager le nom de Jésus.  Alors ce partage vient bien sûr dans le prolongement du service.  Nous avons vu que nous aimons en priant, dans le dernier enseignement nous avons vu que nous aimons en servant, et dans le prolongement du service vient le partage de foi qui, en fait, est une manière de servir.  Ce n’est pas autre chose, c’est la continuation du service.  Nous pouvons servir de manière, je dirais, matérielle.  Nous pouvons servir, je dirais d’une manière psychologique, en écoutant, en conseillant, en encourageant, etc, en consolant.  Et nous pouvons servir d’une manière spirituelle, en partageant notre foi. Le partage de foi se situe dans le prolongement direct du service, ce n’est pas autre chose, dans la ligne du service.  Et tout ce que nous avons dit du service s’applique au partage de foi.

Premièrement, donc le partage de foi s’inscrit sur le fil de l’amitié : parce que je t’aime, je te partage le trésor précieux de ma foi.  Parce que je t’aime, parce que j’ai confiance en toi, parce que je veux ton bonheur, parce que nous vivons ensemble une relation très grande, très profonde qui est faite de confiance, d’intimité, alors je peux partager avec toi un trésor que je ne partage pas avec n’importe qui, le trésor de ma foi.  Donc, c’est sur le fil de l’amitié et non pas l’inverse.  Parfois, on a l’impression que le partage de foi est un champ de bataille.  C’est quasiment comme si on disait : bien toi, t’es un pas bon, moi je vais te le montrer le bon chemin, ou, toi t’es un ignorant, moi, je vais t’instruire, je vais te montrer la vérité.  C’est comme une guerre, mais non, le partage de foi ce n’est pas une guerre, c’est une manifestation de l’amitié, la fine fleur de l’amitié, que de partager ce plus grand des trésors qui est notre foi.  Pour nous, c’est très important, dans le processus d’évangélisation, le partage de foi se situe sur le fil de l’amitié.

Deuxièmement : Ce partage de foi, comme le service, nous allons le vivre d’une manière désintéressée.  Alors comme nous avons dit pour le service, nous sommes dans un processus d’évangélisation, nous souhaitons que la personne rencontre Jésus, que la personne revienne à l’Église, que la personne vienne à la cellule d’évangélisation, etc.  Mais, lorsque nous partageons notre foi, nous la partageons par amour, sans attente.  Ce que je te partage, je le partage parce que je t’aime, parce que je crois que cela va être utile dans ta vie, cela va t’aider dans ta quête de bonheur, et c’est tout.  Si, après que j’ai partagé cela, je n’ai aucun retour, si après que j’ai partagé cela, je ne revois jamais la personne, bien ça ne m’appartient pas.  J’ai partagé ma foi avec beaucoup d’amour, le reste, c’est la personne qui en fera ce qu’elle voudra.

Troisièmement : Nous avions dit du service, que le service se faisait selon les besoins de la personne et selon nos talents, bien c’est la même chose pour le partage de foi.  Le partage de foi est en lien avec les besoins de la personne.  On est attentif à partager notre foi à partir de ce qui peut être utile pour la personne.  Dans ce que la personne vit présentement, quelle partie de ma foi pourrait être utile, quel témoignage de foi pourrait être utile, quel message de Jésus pourrait être utile.  Mon partage de foi doit coller à la réalité de la personne.  Ce n’est pas un partage de foi qui est théorique, qui arrive comme ça, mais en lien avec ce que vit la personne, j’apprends à partager quelque chose de ma foi.  Et je le fais à partir de mes talents, à partir de ce qui m’habite moi.  Certaines personnes vont partager leur foi toujours sous forme de témoignages, c’est très bien.  Je partage ma foi en disant qu’est-ce que Jésus a fait dans ma vie à moi, et cela pourrait être utile aussi dans la tienne, alors je te le partage, un témoignage de foi.  Ça peut être à partir d’une lecture spirituelle.  J’ai lu quelque chose et puis là je l’apporte à la personne, j’ai lu quelque chose, ça pourrait t’intéresser tiens, et là je lui partage ce que j’ai lu.  Ou bien, j’ai entendu quelque chose, j’ai entendu un bout d’homélie, j’ai entendu une catéchèse, et puis là, je partage cela.  Ou bien, il y a un texte biblique, tiens il y a tel texte biblique ça pourrait être intéressant à partir de ce que tu vis.  Donc à partir de ce que moi je suis, de ma manière de vivre la foi, de mes talents, de mes connaissances, c’est ça que j’apporte à la personne.  Donc, en lien avec ses besoins et en lien avec mes talents

Quatrièmement : Comme nous l’avons dit pour le service, partager la foi demande de la disponibilité.  Non pas parce que c’est long, au contraire.  Normalement notre témoignage de foi doit être assez bref.  Mais il faut de la disponibilité pour être attentif au bon moment, être là, avec la personne, au moment où elle en a besoin, et au moment où ça va devenir opportun de partager ma foi, ce que l’on appelle « les moments d’ouverture à la grâce« .  Et de la disponibilité aussi parce que des fois, il faut créer un climat qui va rendre possible le partage de foi, on ne « garoche » pas le témoignage de foi comme ça.  Des fois il faut de la disponibilité, on partage, on approfondit, et puis à un moment donné, on sent que c’est mûr, vient le temps où on peut, maintenant parler même de notre foi.  Donc de la disponibilité.

Et bien sûr, comme nous l’avons dit aussi du service, il faut se préparer au partage de foi, se préparer à témoigner de notre foi.  Donc on se prépare d’une part, en priant pour les gens de notre Oïkos, et en disant : « Seigneur, ouvre des chemins, rends possible des occasions où je pourrai témoigner de ma foi », en disant aussi au Seigneur : « montre-moi qu’est-ce que je peux partager de ma foi à telle ou telle personne, qu’est-ce qui serait utile pour elle, montre-moi Seigneur ».  On le demande.  Et de manière plus large, on se prépare, en prenant sans cesse conscience de notre propre expérience de foi.  Qu’est-ce que Jésus a fait dans ma vie ?  Et sans cesse, jour après jour, je m’arrête.  Ça peut être à la fin de la journée, dans ma relecture de vie, et je regarde comment Jésus a été présent dans ma vie.  Qu’est-ce que la foi a transformé ?  Qu’est-ce que la foi m’a permis de vivre ?  Et là, plus je prends conscience, plus cela s’inscrit profondément en moi, et plus je serai en mesure de le partager aux personnes que je vais rencontrer.

Alors cette troisième manière d’aimer souvent on est moins familier, on est moins à l’aise.  Mais nous sommes invités à oser, à s’entraîner, à se partager nos expériences aussi. De quelle manière, cette semaine, j’ai partagé ma foi à une personne, de quelle manière je m’y suis pris pour témoigner de ma foi à une personne, et là on s’entraide pour apprendre à oser développer une nouvelle manière d’aimer les gens qui nous entourent et cette nouvelle manière d’aimer ce sera de leur partager notre foi.  Alors, moi je vous bénis, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen !

♫ Jésus, Jésus, Jésus,

Jésus, Jésus, Jésus.♫

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Pour approfondir l’enseignement

  • À la suite de cet enseignement, qu’est-ce qui monte dans mon cœur ?
  • Je partage ici un bref témoignage de foi.
  • Quand ai-je eu l’occasion de partager ma foi avec une personne de mon Oïkos ?

Pour aller plus loin cette semaine

  • Je relis calmement les 2 premiers discours de Pierre pour y reconnaître l’annonce claire de l’Évangile : Ac 2, 14-36; 3, 12-26
  • Je prie et je vis consciemment une expérience de partage de ma foi à une personne de mon Oïkos
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Nicolas Tremblay
A propos Nicolas Tremblay 17 Articles
Nicolas Tremblay est prêtre dans le diocèse de Joliette.

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