La résurrection de Lazare

Quelques jours avant d’entrer dans la Semaine Sainte, on nous propose de méditer sur ce beau récit de la résurrection de Lazare, qu’on retrouve au chapitre 11 de l’Évangile de Jean. Je vous en rappelle quelques versets:

« En ce temps-là il y avait quelqu’un de malade: Lazare de Béthanie. En apprenant cela Jésus dit: « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié ».  À son arrivée, Jésus trouva Lazare à son tombeau depuis quatre jours déjà.  Marthe dit à Jésus: « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.  Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ».  Jésus lui dit «Ton frère ressuscitera».  Marthe reprit : «Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.  Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie.  Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? » Elle répondit: « Oui, Seigneur, je le crois.  Tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde ».  Jésus, reprit par l’émotion, arriva au tombeau.  C’était une grotte fermée par une pierre.  Jésus dit: « Enlevez la pierre ».  Marthe la sœur du défunt lui dit: « Seigneur, il sent déjà, c’est le quatrième jour qu’il est là ».  Alors Jésus dit à Marthe «Ne te l’ai-je pas dit, si tu crois tu verras la gloire de Dieu».  On enleva donc la pierre. Après cela, Jésus cria d’une voix forte: « Lazare, viens dehors ! »  Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire.  Jésus leur dit: « Déliez-le, et laissez-le aller. »  Parole du Seigneur

C’est un récit merveilleux, sur lequel on peut méditer longuement.  Je vous propose une interprétation spirituelle de ce récit, qui nous concerne directement.  Alors ce récit commence par une grande proclamation de foi, extrêmement importante.  En apprenant la maladie de Lazare, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu. » Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu.  Alors, ça c’est une grande affirmation de la foi, c’est une proclamation de foi. Et c’est très important que nous apprenions à nous laisser habiter par cette grande proclamation de foi, cette certitude. Tout ce qui nous arrive est pour la gloire de Dieu.  Saint Paul va le dire autrement : « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ».  Mais, pour aujourd’hui, tenons-nous en à la parole de Jésus : « Tout ce qui nous arrive est pour la gloire de Dieu ». Et ici, en parlant de la maladie, on pense en particulier aux événements douloureux.  L’expérience de la maladie ou de la mort, comme on le voit dans cet évangile, une épreuve, une déception, un mauvais souvenir, etc, etc.  Dès que cela arrive, dès qu’on en prend conscience, dès que le souvenir revient à notre mémoire, nous pouvons avec Jésus faire une proclamation de foi.  Cela est pour la gloire de Dieu !  C’est pas quelque chose qui se raisonne, c’est pas quelque chose qu’on comprend, ce n’est pas une analyse qu’on fait.  C’est une proclamation de foi.  La foi on la proclame, la foi n’est pas le résultat d’une analyse.  Je crois, Seigneur, avec toi, je crois que cela est pour la gloire de Dieu.  Grande proclamation de foi.

Et alors Jésus se rend à Béthanie.  Après avoir fait la proclamation de foi, on laisse Jésus s’approcher, ou bien on s’approche de Jésus.  On laisse Jésus s’approcher de nous, on laisse Jésus s’approcher de cette situation douloureuse de notre vie présente, ou de notre vie passée.  À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau.  Alors souvent, il s’agit d’événements passés que nous avons mis dans un tombeau.  Des événements douloureux qu’on a enfermés, on ne veut surtout pas s’en souvenir, on ne veut surtout pas que personne s’en aperçoive, on ne veut surtout pas que cela ait des effets négatifs sur notre vie présente, alors on a mis ça dans le tombeau.

Et là Jésus entreprend un dialogue avec Marthe, qui est très beau.  Marthe commence par se plaindre : « Seigneur si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ».  On peut aussi, dans un dialogue avec Dieu, faire cela; on peut exprimer à Jésus ou à Dieu notre Père, nos plaintes.  Seigneur pourquoi ça arrive dans ma vie cela ?  Si tu es si bon, si puissant, pourquoi as-tu laissé faire cela ?  On l’exprime, on l’exprime au Seigneur, à Jésus ou au Père, on l’exprime.  Et alors tranquillement, on descend, le dialogue vise à nous faire descendre. On descend dans notre cœur, dans notre âme, toujours plus profondément pour retrouver la foi.  Crois-tu cela ?  Oui, répond Marthe, je le crois tu es le Christ, le Fils de Dieu vivant. 

Et cette foi, pour qu’elle soit une foi vivante, doit se traduire en actes.  La première partie de la foi de Marthe, c’est une foi générale : je crois que mon frère va ressusciter à la fin des temps.  Après notre vie, on va ressusciter et puis bon.  On croit cela, c’est bien, c’est très très bien.  Mais voilà que Jésus amène Marthe à un autre niveau de foi, à une autre profondeur de foi.  Est-ce que tu crois que je suis la résurrection et la vie maintenant ?  Et alors, Jésus arrive au tombeau et il dit : « Enlevez la pierre ! » Enlevez la pierre !  Et là, Marthe tout de suite réagit, non dans une réaction de foi, mais dans une réaction sensible.  Seigneur, on ne peut pas faire ça.  Il sent déjà, ça fait quatre jours qu’il est là, ça pue là-dedans, on ne peut pas ouvrir la pierre.  C’est une réaction sensible, c’est la sensibilité qui s’exprime ici, c’est normal !  Et là, Jésus reprend : Est-ce que je ne t’ai pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu.  Donc, après cette première réaction sensible, où on dit non, non, non Seigneur touche pas à ça, c’est mort, c’est enterré, on n’en parle plus, c’est réglé, c’est pardonné, non, non.  C’est notre réaction sensible, on ne veut pas réveiller les morts, on ne veut pas.  Et là Jésus nous amène à la foi, est-ce que tu crois, que moi je suis la résurrection et la vie.  On enleva donc la pierre.

Ça, c’est l’acte de foi, l’acte de foi.  Après avoir fait une proclamation de foi, nous sommes invités à un acte concret de foi, d’enlever la pierre.  Et là avec Jésus, on appelle par son nom cette réalité enfermée dans mon tombeau.  Lazare, viens dehors ! Lazare, c’est son nom.  Qu’est-ce que j’ai vécu, qu’est-ce qui habite mon cœur, qu’est-ce qui est si douloureux, je l’appelle par son nom, avec Jésus, et je lui dis : viens dehors, et non pas reste caché, non pas reste enfoui, et non pas je veux rien savoir, c’est passé.  C’est le contraire.  Viens dehors, avec Jésus.  Et alors, Lazare sortit, les mains liées de bandelettes, le suaire sur son visage.  Je m’aperçois qu’il n’y a pas de morts dans mon tombeau.  Je croyais que c’était quelque chose de mort, qui sentait mauvais, qui m’empêchait de vivre, qui était un fardeau que je traînerais toute ma vie.  Mais non, il n’y a rien de cela.  Il n’y a que la vie.  Avec Jésus, tout est vie, tout est vivant, tout est plein de vie, et c’est la vie même de Jésus en réalité.  Un jour on se penchera sur cela, c’est très beau, c’est  la vie même de Jésus qui est là, dans cet événement, c’est Jésus qui vivait avec nous et nous ne l’avions pas vu. Alors, en réalité, en mettant cet événement au tombeau, c’est Jésus qu’on a mis au tombeau.  Et là Jésus vient et il m’appelle à la vie, moi.  Il m’appelle à vivre pleinement.  Vous voyez !  Alors, en vivant cette expérience, nous sommes confirmés dans notre foi.  Alors, Jésus vient chasser les doutes.  La mort a semé le doute en nous, nous doutons de la bonté de Dieu parce que il y a des événements qui nous semblent être des événements de morts dans nos vies.  Et lorsqu’avec Jésus on découvre qu’il n’y a pas d’événements de mort, il n’y a que la vie en nous, alors nous sommes confirmés dans notre foi.  Les doutes s’en vont, les uns après les autres. Jésus est vraiment ressuscité, Jésus est vraiment vainqueur de la mort, je le sais parce que je le vis. Amen !

 

Pour approfondir l’enseignement

  • À la suite de cet enseignement, qu’est-ce qui monte dans mon cœur ?
  • Quand ai-je expérimenté que Jésus est la Résurrection et la vie ?
  • Comment puis-je aider l’autre à faire cette expérience ?

Pour aller plus loin cette semaine

  • Je relis cette page d’Évangile (Jn 11, 1-45)

Je présente à Jésus ce qui, en moi, a besoin d’être appelé à la vie.

Imprimer

Soyez le premier à commenter