Est-ce que la religion est quelque chose de fastidieux et ennuyant ?

Homélie du 2° Carême B : Marc 9, 2-10

Résumé: Est-ce que la religion est quelque chose de fastidieux et ennuyant? Ceux qui le pensent n’ont jamais fait l’expérience spirituelle de l’Amour de Dieu. C’est ce qu’ont expérimenté les apôtres sur la montagne lors de la transfiguration de Jésus. Cette expérience, nous pouvons tous la faire durant l’eucharistie.

Dans notre monde matérialiste, il y a beaucoup de gens qui considèrent la religion comme quelque chose de fastidieux, ennuyant et inutile. En fait, dans notre pays où l’on valorise plutôt l’avoir, le pouvoir et le plaisir, la religion n’a aucun intérêt pour les gens en général et elle est considérée comme tout à fait inutile. Cela m’amène à faire une comparaison tirée de la vie domestique. Disons que notre vie serait comme une commode avec plusieurs tiroirs. Dans les tiroirs du haut qui sont plus facilement accessibles, normalement, nous y plaçons les choses dont nous nous servons très souvent et qui sont très importants : par exemple les vêtements pour aller au travail et nos vêtements de loisirs et de sports. Puis, dans les tiroirs un peu plus bas, nous allons y ranger les choses qui nous servent moins souvent, par exemple les vêtements usagés et les objets dont on se sert à l’occasion. Enfin, dans le tiroir tout à fait au bas de la commode, donc plus difficilement accessible parce qu’il est pénible de nous pencher, on mettra les choses que nous conservons au cas où on en aurait besoin un jour (on ne sait jamais). La religion fait partie des ces choses que nous conservons au cas où on en aurait besoin un jour tout en espérant jamais en avoir besoin comme un parachute dans un avion.

Pourquoi les gens considèrent-ils la religion comme quelque chose de fastidieux, ennuyant et inutile ?

Or, savez-vous pourquoi les gens considèrent la religion de cette manière ? La raison est assez simple et elle nous donnée dans l’évangile aujourd’hui : c’est parce qu’ils n’ont jamais fait l’expérience spirituelle que les apôtres ont faite quand ils ont vu Jésus transfiguré sur la montagne. Au fond, les gens qui trouvent que la religion est peu importante dans leur vie, c’est parce qu’ils n’ont jamais été touchés au cœur par l’Amour de Dieu. Ainsi, c’est seulement quand nous sommes touchés au cœur par l’Amour personnel de Dieu pour nous que la foi peut devenir pour nous une raison de vivre qui transforme notre vie et lui donne un sens.

Comment pouvons-nous faire l’expérience de l’Amour de Dieu qui transfigure notre vie ?

Peut-être vous demanderez-vous : comment peut-on faire l’expérience de l’Amour de Dieu qui transforme toute notre vie ?  L’évangile nous dit : « Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmena, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. » En fait, la montagne est le lieu par excellence pour rencontrer Dieu car elle nous offre les conditions de base pour découvrir les merveilles de l’Amour de Dieu pour nous : le silence, la solitude, la beauté des paysages à vous couper le souffle et l’air pur qui permet de se réoxygéner l’esprit et de voir plus clair et plus loin. Spirituellement, ces éléments nous aident à nous intérioriser, c’est-à-dire à entrer dans notre cœur profond où se trouve le Seigneur de la vie. Mais en réalité, pour découvrir l’Amour personnel de Dieu pour chacun de nous, il n’est pas absolument nécessaire d’aller sur la cime des hautes montagnes. Saint Augustin qui avait fait l’expérience personnelle de l’Amour de Dieu qui a complètement changé sa vie disait dans une de ses prières : « Seigneur, Tu étais à l’intérieur de moi tandis que moi je te cherchais à l’extérieur dans les créatures. »

La transfiguration de Jésus laisse transparaître le Trésor de Dieu

La transfiguration de Jésus sur la montagne nous enseigne que Jésus portait à l’intérieur de lui le mystère ineffable de l’Amour de son Père qu’il a révélé à ses apôtres à travers la lumière céleste qui se dégageait de lui. De la même manière nous aussi, nous portons à l’intérieur de nous-mêmes le trésor de la vie divine que nous avons reçu au baptême dans lequel Dieu le Père a dit : « tu es mon fils bien-aimé. » Cela me rappelle une parole que j’ai lue sur l’internet : « Savez-vous pourquoi nous fermons les yeux quand nous prions, nous pleurons, nous embrassons quelqu’un ou que nous rêvons ? C’est parce que les choses les plus belles de la vie ne se voient pas extérieurement mais elles peuvent seulement être perçues dans notre cœur. »

L’Eucharistie : moyen pour opérer notre transfiguration spirituelle

Or, le but de la vie chrétienne consiste justement à laisser remonter sur notre visage, sur nos lèvres et dans tout notre corps la Lumière du trésor de l’Amour de Dieu qui est caché dans le profond de notre cœur. Comment faire cela ? Il y a une manière simple : il s’agit de vivre l’eucharistie avec notre cœur profond. Car à chacune des eucharisties, Jésus nous révèle son Amour infini. Il avait dit à ses disciples : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa propre vie pour ceux qu’on aime. » Or, Jésus offre sa vie en sacrifice pour chacun de nous à chaque eucharistie. Si nous y croyons vraiment, nous pourrons alors accueillir son Don d’amour et ainsi, nous pourrons devenir toujours plus semblables à Lui, c’est-à-dire conscients de l’Amour infini de Dieu pour nous, Lui qui a pardonné tous nos péchés par son sacrifice d’amour sur la croix.

La communion eucharistique, école de l’Amour qui nous transfigure

Quand nous recevons la communion eucharistique, nous répondons à la Parole du Père Céleste à la Transfiguration de Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » C’est la raison pour laquelle après avoir fait la communion eucharistique, il est bon de faire un moment de silence afin d’écouter Jésus présent dans notre cœur. Il désire nous enseigner par sa présence comment aimer comme Lui nous aime, c’est-à-dire en nous donnant nous-mêmes gratuitement et en donnant ce que nous avons de plus précieux comme l’avait fait Abraham dans la première lecture.

Si avec la grâce de Dieu, nous sommes capables d’apprendre à aimer à la manière de Jésus, alors notre vie sera transfigurée. La foi dans la présence réelle de Jésus dans l’eucharistie deviendra une source tellement précieuse et importante que nous ne la manquerons pour rien au monde. Ainsi, la messe dominicale ne sera plus un simple devoir à accomplir ou une habitude que l’on accomplit machinalement. Elle sera le moment le plus extraordinaire et important de notre vie qui nous transfigure complètement. C’est la grâce que je nous souhaite à tous aujourd’hui.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 200 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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