Le règne de Dieu est-il vraiment tout proche?

Homélie du 1° Dimanche du Carême B : Marc 1, 12-15

Résumé : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. » Mais le règne de Dieu est-il vraiment tout proche ? On pourrait en douter car en regardant notre monde tel qu’il est, on ne voit pas les signes du « règne de Dieu ». Comment expliquer cela ? Comment pouvons-nous rendre le règne de Dieu plus proche ? Par notre conversion personnelle à l’Amour de Dieu et de notre prochain.

 « Le règne de Dieu » est-il vraiment tout proche ?

Cela fait déjà presque 2000 ans que Jésus a prononcé ces paroles : « le règne de Dieu est tout proche ». Mais si l’on regarder notre monde avec ses guerres, ses injustices innombrables, ses inégalités de plus en plus grandes entre les riches et les pauvres, on a de la difficulté à reconnaître la présence du règne de Dieu, règne d’Amour, de Paix et de Justice que Jésus est venu instaurer. Pourquoi ? Comment pouvons-nous expliquer qu’en apparence du moins, le règne de Dieu, contrairement à ce que disait Jésus il y a 2000 ans, ne semble pas du tout proche de nous ?

A mon avis, la raison pour laquelle le règne de Dieu ne semble pas être proche de nous se trouve dans le fait que rarement les hommes prennent au sérieux la parole de Jésus et qu’ils y croient vraiment pour la mettre en pratique dans leur vie quotidienne. Encore faudrait-il qu’ils la comprennent vraiment.

« Les temps sont accomplis » :

En d’autres mots, Jésus nous dit que c’est dès « maintenant » que Dieu nous invite à entrer dans son Royaume et à nous convertir. Ce n’est pas demain, ni le mois prochain ou l’année prochaine car le moment de la grâce et du salut de Dieu ce n’est pas comme l’autobus qui revient toujours au même endroit et à la même heure tous les jours de l’année. Si nous ne saisissons pas le moment de la grâce et du salut de Dieu, c’est comme lorsqu’on va à la chasse et qu’on rate une occasion de prendre du gibier : on ne sait pas quand, où et comment on pourra avoir une autre occasion. En langage biblique, on appelle cela le « kairos », terme grec qui signifie : « le temps de Dieu par excellence : temps opportun où le Seigneur agit pour notre salut ». Dans ma vie personnelle, je peux reconnaître qu’il y a eu différents « kairos » c’est-à-dire des moments opportuns où le Seigneur a agi pour m’ouvrir au salut. Je reconnais aujourd’hui que si je n’avais pas ouvert mon cœur au Seigneur à ces moments-là, alors ma vie n’aurait pas été transformée par la grâce de l’Amour de Dieu et que son règne ne se serait pas actualisé en moi.

« Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » :

Quand on entend cet appel de Jésus à la conversion, on peut se dire intérieurement : « oui, Seigneur, viens convertir les terroristes, tous les marchands d’armes, les riches qui abusent des pauvres, les musulmans, les athées, etc… ou bien on peut se dire : oui, Seigneur, convertis mon mari (épouse), mes enfants, mon frère, mon voisin, etc… Mais rarement nous allons accueillir cette parole pour nous-mêmes. Moi, me convertir ? Mais quand même, je ne suis pas si mauvais(e) que cela ! Je ne fais pas de mal à personne, je vais à la messe le dimanche, je prie à tous les jours, etc… Cela nous amène à nous demander à quelle « conversion » Jésus nous appelle-t-il ? La conversion à laquelle Jésus nous appelle est un « retournement à 180° ». Cela suppose que nous reconnaissions que nous avons pris un chemin qui ne mène pas au salut et que nous sommes prêts à faire demi-tour. Mais souvent, la question est que nous ne nous rendons pas compte que nous avons pris le mauvais chemin. Alors, comment pouvons-nous nous en apercevoir ? Voici quelques signes qui peuvent nous indiquer que nous sommes sur un chemin qui ne mène pas à la vie éternelle :

3 signes qui indiquent que nous ne sommes pas sur le chemin du Règne de Dieu:

  1. On ne peut pas lire les informations sur les panneaux-indicateurs au le bord de la route quand on est sur le mauvais tronçon de l’autoroute. Spirituellement, on ne voit pas les signes de la présence et de l’amour de Dieu. Or, le seul moyen de pouvoir découvrir les signes de la présence et de l’amour de Dieu dans notre vie est de faire régulièrement une « relecture » de notre quotidien. On doit alors regarder dans le « rétroviseur » pour découvrir où nous nous sommes trompés de route.
  2. Quand non s’est trompé de chemin, c’est souvent parce que l’on connaît mal l’endroit où l’on désire aller. Ainsi, souvent on avance dans la peur. Spirituellement, quand on est sur le mauvais chemin spirituel, c’est parce que nous avons souvent de fausses idées sur Dieu, on le voit par exemple comme un policier ou un juge sévère. Alors, on n’a pas confiance en Lui et on ne cherche pas vraiment à le rencontrer et à le prier.
  3. Aussi, quand on se trompe de chemin, c’est souvent parce que l’on se fie trop à soi-même et que l’on ne prend pas la peine de consulter une carte routière. Spirituellement, il arrive souvent que l’on ne prenne pas le temps et la peine de lire et méditer la Parole de Dieu et les enseignements de notre Sainte Mère l’Eglise. Alors il n’est pas surprenant que nous nous trompions de chemin.

Le carême : temps de conversion pour le Règne de Dieu

Le temps de carême est justement une très bonne occasion que le Seigneur nous donne à chaque année pour remettre les pendules à l’heure et réviser le chemin spirituel parcouru afin de nous assurer que nous n’avons pas couru en vain sur des chemins qui ne mènent pas au Royaume de l’Amour, de la Paix et de la Justice de Dieu.

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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 292 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.

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