Le rayonnement du Chrétien

Matthieu 2, 1-12

rayonnement des chrétiens
Personnification des rois mages en Espagne

 

Le resplendissement…

… de Christophe

Chers frères, 

« Debout, Jérusalem, resplendis ! » (Is. 60, 1) Aujourd’hui, c’est le cas de Christophe Flipo, architecte. Il rayonne, il resplendit. « En quête de lumière depuis très longtemps », il s’était éloigné de l’Eglise à partir de 16 ans. Il avait pourtant songé au sacerdoce. Devenu franc-maçon, non pour un coup de pouce à sa carrière professionnelle, mais parce qu’il était en quête de « spiritualité », il le sera pendant plus de vingt ans, franchissant de nombreux grades à la Grande Loge. Mais aujourd’hui, « au maçon et son secret, je préfère le Chrétien qui se met en pleine lumière. » Il a découvert « le Mystère » (Ep. 3, 2) que l’Eglise veut faire connaître au monde, sans le cacher !

Ingénieur architecte informatique, il travaillait avec une collègue très « volage ». Il lui conseille de se rendre à Rocamadour. Elle en revient bouleversée : la foi lui est tombée dessus. L’homme de passage, avec lequel elle était partie, devient son mari. La femme « volage » participe aujourd’hui à la Messe tous les jours ! Cette transformation fascine littéralement Christophe qui décide, lui aussi, de faire un tour à Rocamadour. Il y rencontre, avec sa femme, de remarquables témoins. Très vite, il se rend compte qu’il lui faut quitter la franc-maçonnerie s’il veut découvrir ce Dieu qu’il cherchait à tâtons. Vivre deux rites, celui de la maçonnerie et celui de la liturgie chrétienne, lui semble incompatible. Il réalise en effet que les rites de la maçonnerie ne sont que « des simulacres de spiritualité ». Autant la liturgie chrétienne manifeste une Présence, autant les rites maçonniques, toujours plus élaborés, sont l’œuvre de l’homme.

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« Jésus dit : “Je suis le chemin.“ Chacun part sur la route et, en fait, Jésus nous accompagne sur ce chemin. » Il comprend aussi que le chemin de la vie chrétienne est un chemin avec d’autres.  « L’homme, en quête maçonnique, laisse sa femme sur le bord du chemin, comme Bartimée, l’aveugle de Jéricho, [laisse son manteau sur le chemin]. » (Mc 10, 46) Aujourd’hui, Christophe est  « heureux  de cheminer et de grandir dans la foi avec Frédérique – sa femme – en paroisse, dans notre fraternité dominicaine. » Il découvre que la Parole de Dieu s’écoute et se « partage entre frères ».  Il a compris ce « travail » divin, à 57 ans. Malgré le temps perdu, il est heureux aujourd’hui  de ne pas avoir à se hisser par lui-même : « Nous vivons un changement de perspective : ce n’est plus l’homme qui se hisse tout seul, mais Dieu qui s’abaisse pour élever l’homme. » Lors d’un pèlerinage à Jérusalem, il découvrira cet abaissement de Dieu dans l’Eucharistie : « J’ai réalisé qui était Dieu, qu’Il s’est fait plus petit que nous pour nous servir. » Dans sa loge maçonnique, il vivait des rites pour les rites eux-mêmes. Ces rites ne lui apportaient aucune vie. « Un rituel n’a de sens que s’il vous amène à recevoir le Saint, à recevoir la Puissance du Christ, à recevoir le Christ Rédempteur et Sauveur des hommes. Vivre des rituels pour des rituels, cela n’a pas beaucoup de sens. Si on est Chrétien, rester maçon n’a plus de sens. »                                                                                                                                                

… de Paul

La transformation de Christophe, son rayonnement – « son sourire est contagieux », dit le journaliste qui l’interroge – est aussi celui de Paul.  Il est tout heureux de dire qu’il est porteur d’un secret, d’un mystère qu’il a à faire connaître : « Par révélation [Dieu] m’a fait connaître le mystère. » (Ep. 3, 2) Il n’est pas, d’ailleurs, le seul possesseur de ce mystère, mais aussi les  « saints Apôtres  et [les] prophètes ». (Ep. 3, 5)

Saint Paul à Éphèse, de Maarten De Vos

… des mages

De même, les mages, mis en contact avec ce Mystère, ce Secret qui n’est autre que Jésus-Christ, sont confondus de bonheur et de révérence : « Se prosternant, ils Lui rendirent hommage. » (Mt. 2, 11)

… de l’Eglise

Christophe, Paul, les Mages sont comme « ivres », à la manière dont les apôtres le seront à la Pentecôte (cf. Ac. 2, 13) Ivres, à la manière des Bergers qui ne peuvent s’empêcher de faire connaître ce qui leur avait été dit de Jésus. (Lc. 2, 17) Aussi, la question de ce jour est-elle la suivante : Sommes-nous dans cette ébriété de ceux qui ont rencontré Jésus ? La manifestation de Jésus, Son Epiphanie, fait-elle de nous des témoins aussi brûlants, convaincants que ces témoins-là ?

 

1. Une Eglise rayonnante marche avec Jésus…

Norman Grubb incite à marcher avec Jésus
Norman Grubb

Au Rwanda et en Ouganda, pendant une période de plus de 16 ans, l’Eglise a vécu une « ébriété » si exceptionnelle que les sociétés missionnaires anglaises étaient convaincues que ces Eglises avaient découvert la clé du rayonnement ecclésial. Une personnalité remarquable, du nom de Norman Grubb, eut l’occasion, en 1950, de faire un voyage dans ces pays d’Afrique Centrale qu’il connaissait déjà quelque peu. Il en revint avec les conclusions suivantes. Une église rayonnante, réveillée, resplendissante, est une église qui « marche » avec Jésus.

  • Cela semble simpliste, mais marcher avec Jésus signifie « se laisser mener par l’Esprit » (Gal. 5, 16) et non selon la chair. La chair produit la fornication, l’impureté, la débauche, la jalousie, les emportements, les divisions, etc… (Gal. 5, 19). Se laisser mener par l’Esprit, c’est laisser la charité, la joie, la paix, la patience, l’esprit de service, la bonté, etc… vous emplir. (Gal, 5, 22-23) Il ne s’agit pas de lutter contre la chair, elle est puissante, mais de laisser l’Esprit, plus puissant que la chair, envahir le cœur. Il est là !
  • Marcher avec Jésus, signifie aussi marcher avec Lui « pas à pas », jour après jour. Obéir à l’Esprit sans grand plan, si ce n’est le plan qu’Il me donne aujourd’hui. Trois exemples de cette obéissance pas à pas nous sont donnés dans les Actes des Apôtres :
    • À Ananie, le Seigneur dit : « Pars (…) va dans la rue Droite et demande, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse. » (Ac.9, 11) Et Ananie doit lui « imposer les mains pour lui rendre la vue ». (Ac.9, 12) Ananie hésite. Ce n’est pas le fait d’imposer les mains à un aveugle qui fait hésiter Ananie,  (comme nous hésitons, nous Chrétiens ordinaires à le faire), mais parce que Saul de Tarse persécute les Chrétiens. Il le fera quand même. Cette obéissance lui permettra non seulement de voir un miracle, mais de communiquer l’Esprit Saint à celui qui deviendra l’apôtre des nations.
    • À Philippe, l’ange du Seigneur dit : « Pars, et descends sur la route qui descend de Jérusalem à Gaza ; elle est déserte. » (Ac.8, 26) Et le diacre Philippe obéit sans hésiter à cet ordre singulier. Cette obéissance à la motion de l’Esprit divin lui méritera de baptiser un haut fonctionnaire de Candace, reine d’Ethiopie.
    • A Paul un songe est donné. « Un Macédonien était là, debout, qui lui adressait cette prière : “Passe en Macédoine, viens à notre secours ! “ Paul et Timothée « persuadés que Dieu (les) appelait à y porter la bonne Nouvelle » s’y rendent « aussitôt. » (Ac.16, 9-10)

 

2. Une église rayonnante déborde de vie…

 … mais confesse son péché

Une église rayonnante, réveillée, resplendissante, déborde de vie. « Ma coupe déborde » (Ps. 23, 5) Mais une église rayonnante, réveillée, resplendissante, reconnaît que l’absence de rayonnement demande de confesser son péché et de reprendre sa marche. « Si nous confessons nos péchés, Lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité. » (1 Jn. 1, 9)                                                                               

… et ne se dit pas sans péché

Le pire est de se dire « sans péché », parce que c’est « s’abuser » : « Si nous disons : “Nous n’avons pas de péché,“ nous nous abusons. » (1 Jn. 1, 8)

… mais reste brisée

Nathan accuse David

Une église rayonnante, réveillée, resplendissante est une église « brisée ». « Le sacrifice à Dieu, c’est un esprit brisé ; d’un cœur brisé, broyé, Dieu, Tu n’es point de mépris. » (Ps. 51, 19) Même quand David commet de très graves péchés comme l’adultère et le meurtre de l’un de ses guerriers pour couvrir son péché, il se repent et Dieu lui pardonne. (2 S. 12,13) Alors que, pour un péché qui semble moins grave, Dieu ne pardonne pas à Saül, parce qu’il prétend avoir un cœur brisé, mais sa contrition est imparfaite (1 S. 15, 24) En outre, David confesse son péché devant tous, alors que Saül ne veut pas que son péché soit révélé à tous. (1 S. 15, 30) Bien entendu, la confession publique de son péché doit être faite avec circonspection. Néanmoins, cette confession fraternelle est un signe de vitalité de l’Eglise. Dernièrement, j’ai confessé mon péché devant la paroisse. Je vivais une période « dispersée », pas assez centrée sur l’essentiel. Ce genre de confession est important parce qu’il a une incidence collective. La confession de notre péché restaure l’Eglise, lui redonne son rayonnement.

L’Eglise dans son resplendissement suscite l’adhésion…

La « coupe » de notre paroisse déborde-t-elle ? Elle ne peut que déborder si nous marchons avec le Christ pas à pas. Marcher avec le Christ pas à pas est une affaire de foi et d’obéissance à l’Esprit de Dieu.

  • Foi en ce grand mystère que le Christ habite en nous : « Dieu a bien voulu faire connaître de quelle gloire est riche ce mystère chez les païens : c’est le Christ en vous ! » (Col. 1, 27)
  • Obéissance et humilité, jour après jour à l’Esprit de Dieu qui m’habite. Il est Amour. Il suffit de se laisser conduire par l’Amour. Quand je viendrais à manquer à l’Amour, je le confesse et je reprends ma marche. Comme l’écrit Norman Grubb : « Je m’accepte moi-même. Le récipient ne change pas, mais il contient le Christ vivant en moi, joint à moi, Esprit avec mon esprit. »

Prions

Seigneur, merci de Ton Saint Esprit qui fait de nous des personnes avec un Pilote ! Permets-nous de toujours mieux L’entendre, pour Ta gloire. Amen. »

Suggestion

Faire des exercices de docilité au Saint Esprit.

Question

Pouvez-vous témoigner de moments de rayonnement et de moments plus médiocres ?

Oraison jaculatoire

« Viens, Esprit Saint, dans mon cœur ! »

 

Homélie pour la solennité de l’Epiphanie

Année «C »

Dimanche  8 janvier 2017                                                           

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 74 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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