« Les onze disciples s’en allèrent en Galilée »

Homélie de la Fête de l’Ascension A (2026) : Matthieu 28, 16-20

Résumé : « Les onze disciples s’en allèrent en Galilée ». La Fête de l’Ascension nous indique les conditions à suivre pour rencontrer Jésus ressuscité.

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Quand nous entendons parler de la fête de l’Ascension au Ciel de Jésus, il est spontané d’imaginer ou de nous représenter Jésus s’élevant au Ciel un peu comme s’il s’élevait dans les airs dans un ascenseur invisible. Mais si vous remarquez bien, dans l’Évangile, saint Matthieu ne fait aucune mention d’une telle représentation dans l’espace physique. En fait, Saint Matthieu ne nous invite pas à célébrer cette fête comme si c’était le départ d’un être cher que nous accompagnerions à l’aéroport. Au contraire, Jésus dans l’Évangile, loin de parler de départ, il parle d’omniprésence : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

« Les onze disciples s’en allèrent en Galilée ». Car c’est en Galilée et dans les lieux de rencontre avec les nations que nous rencontrerons le Ressuscité

Jésus ressuscité a demandé aux apôtres d’aller en Galilée sur une montagne. Le choix de la Galilée comme lieu de rencontre avec Jésus ressuscité est très important. Parce que la Galilée est une province de Palestine où tous les peuples se rencontrent et où toutes les cultures et religions se mélangent. D’autre part, comme vous le savez, la Galilée est aussi la terre où Jésus a grandi à Nazareth de Galilée. C’était un village méprisé par les gens, à un tel point que Nathaniel a pu dire : « Que peut-il venir de bon de Nazareth ? »

« Les onze disciples s’en allèrent en Galilée ». C’est dans notre réalité quotidienne que nous rencontrerons le Ressuscité

Ainsi, dans ce lieu de rencontre de la Galilée, Jésus ressuscité dit à ses disciples qu’ils pourront le rencontrer au cœur même de notre monde, là où se trouvent nos racines humaines dans le quotidien de nos vies. Ainsi, Jésus nous invite à ne pas rêver d’un « ailleurs meilleur » : c’est-à-dire à souhaiter être ailleurs que là où nous vivons : « ah, si j’étais né dans une autre famille que la mienne, il me semble que j’y serais plus heureux, ou bien : ah, si mes collègues de travail étaient plus sympas, je pourrais vivre plus en paix, ou bien : ah, si ma paroisse était plus dynamique, etc … » Jésus ressuscité nous donne rendez-vous dans notre réalité quotidienne et non dans une autre réalité virtuelle ou fictive créée par notre imagination. Ainsi, c’est à travers les personnes de notre réalité quotidienne que nous pourrons rencontrer Jésus ressuscité.

Mais Jésus souligne que cette rencontre avec lui aura lieu sur une montagne. Or, dans la Bible, la montagne est un lieu symbolique : Moïse, sur la montagne du Sinaï avait reçu la Loi ; Jésus avait proclamé les Béatitudes sur la montagne et il a été transfiguré aussi sur une montagne. Ainsi, la montagne est un lieu propice à la révélation de Dieu et de son Mystère. Ceux et celles qui ont déjà escaladé une montagne seront probablement d’accord pour dire que nous pouvons plus facilement nous émerveiller devant les beautés de la création lorsque nous les contemplons du haut d’une montagne. Dans ces endroits pittoresques, nous pouvons plus facilement entendre la Voix de Dieu dans le silence du cœur parce que la montagne est un lieu de solitude et de silence qui nous aide à discerner la présence du Christ ressuscité dans notre vie.

Il est également intéressant d’observer que les disciples avaient encore des doutes quand ils ont vu Jésus ressuscité. À mon avis, cela signifie que cette rencontre avec Jésus ressuscité n’était pas complètement de l’ordre de l’évidence, mais qu’elle était plutôt de l’ordre de la foi. Or, l’attitude des apôtres nous indique un bon moyen afin de surmonter nos doutes dans la foi. Saint Matthieu nous dit que les disciples « se prosternèrent ». Cette action de prostration signifie adorer le Seigneur. Or, une mystique, du nom de Catherine de Hueck-Doherty dit que la prière d’adoration signifie « mettre sa tête dans son cœur ». Ainsi, si « nous mettons notre tête dans notre cœur » notre capacité de reconnaître Jésus ressuscité recevra une nouvelle profondeur et notre myopie cérébrale et les doutes qui en découlent pourront être guéris.

« Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » Jésus nous envoie donc tous dans le monde entier pour faire des disciples afin que toute l’humanité puisse découvrir la Présence et l’Amour de Dieu dans leur vie quotidienne. C’est la mission fondamentale de l’Église qui est appelée à communiquer la Vie Nouvelle de l’Esprit grâce au baptême. Certes, la mission dépasse infiniment nos capacités et nos forces humaines. Mais le Seigneur nous promet que nous ne serons pas seuls pour accomplir cette mission puisqu’Il est et sera toujours avec nous par son Esprit Saint.

Je conclus avec les paroles mêmes de saint Paul dans la deuxième lecture qui résument bien le message du Seigneur d’aujourd’hui : « Frères, que le Dieu de notre Seigneur Jésus Christ, le Père dans sa gloire, vous donne un esprit de sagesse qui vous le révèle et vous le fasse vraiment connaître. Qu’il ouvre à sa lumière les yeux de votre cœur, pour que vous sachiez quelle espérance vous ouvre son appel, la gloire sans prix de l’héritage que vous partagez avec les fidèles, et quelle puissance incomparable il déploie pour nous, les croyants. »

A propos Gérald Lajeunesse 414 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.