Résumé : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Jésus est rempli de compassion devant la souffrance des gens. Il désire que ses disciples s’impliquent concrètement afin de soulager la misère du monde.
Quand on regarde les nouvelles à la télé, on nous présente tous les malheurs du monde : incendies mortels, famines, guerres, injustices et violences de toute sorte. Devant toute cette misère du monde, plusieurs vont affirmer : « Si Dieu existait, il ne laisserait pas faire cela ! »
« Donnez-leur vous-mêmes à manger » : la compassion du Christ devant la misère nous pousse à l’action
Il me semble que l’évangile aujourd’hui peut donner une réponse à ces personnes. En effet, on voit Jésus qui est confronté à la foule qui est affamée et épuisée. Saint Matthieu note que « Jésus fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades ». Ainsi, face aux peines et aux souffrances des personnes, le Seigneur n’est pas indifférents. Au contraire, il est « saisi de compassion », c’est-à-dire qu’il souffre avec eux. Et cela fait en sorte qu’il désire porter secours concrètement à tous ces gens. Jésus n’est pas d’accord avec la suggestion des disciples de renvoyer la foule dans les villages alentour. Car pour Jésus, renvoyer les foules dans les villages alentour serait comme une démission. Ce serait dire aux gens : « débrouillez-vous tout seul avec vos problèmes ». Mais Jésus désire au contraire qu’il y ait de la solidarité entre nous. Voilà pourquoi il dit aux apôtres : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Vous allez peut-être dire : oui, mais face aux problèmes mondiaux, tout cela nous dépasse totalement. Vous avez raison. D’ailleurs les apôtres aussi faisaient face à un problème qui les dépassait : nourrir 5000 hommes avec 5 pains et 2 poissons.
Cela me fait penser à une blague : c’est l’histoire d’un jeune prêtre nouvellement ordonné. Lors de sa première homélie il a parlé justement du miracle de la multiplication des pains. Il était très nerveux. Le curé qui avait écouté son homélie lui dit : tu as fait une grosse erreur dans ton homélie car tu as dit : Jésus a nourri 5 hommes avec 5000 pains. Alors la semaine prochaine tu pourras corriger ton erreur. Comme de fait, la semaine suivante le jeune prêtre a voulu se corriger en disant : « Mes frères, Jésus a fait un grand miracle car il a nourrit 5000 hommes avec 5 pains. » Alors, un homme s’est levé et a dit : « Y a pas de miracle là-dedans. Moi-même j’aurais pu faire cela aussi avec tous les restes de la semaine dernière. »
« Donnez-leur vous-mêmes à manger » : L’exemple de Mère Theresa de Calcutta
Blague à part, le message de Jésus dans l’évangile aujourd’hui est de nous dire que face aux problèmes qui nous dépassent, nous devons nous présenter au Seigneur avec notre pauvreté.
Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de la vie de Mère Théresa de Calcutta. Quand elle a commencé sa mission d’aller vers les plus souffrants elle était toute seule et sans aucun moyen humain (ni argent, ni maison, ni médicaments, rien). Elle avait seulement sa volonté de faire quelque chose pour les malheureux de la rue et sa foi en la bonté de Dieu. Elle remettait son travail et ses efforts dans les mains de Jésus comme les apôtres ont remis leurs 5 pains dans les mains du Seigneur. Et elle a pu constater les merveilles de Dieu.
Aux gens qui accusent Dieu de la souffrance dans le monde, Jésus dit :
1- Et toi, qu’est-ce que tu es prêt à faire personnellement pour essayer d’améliorer la situation ? Où sont les « pains » que tu as à ta disposition afin de les partager avec tes frères et sœurs ?
2- Crois-tu que si tu remets au Seigneur le petit peu de bien que tu as, Jésus dans la foi pourra le multiplier par la toute-puissance de son amour ? En fait, c’est la raison pour laquelle nous sommes venus à l’eucharistie ce matin. Car nous aussi nous faisons face à des situations humaines qui nous dépassent et nous sommes bien conscients que sans la Présence, l’Action et la Bénédiction du Seigneur Jésus, tout nos efforts risquent d’être inutiles. C’est pourquoi, nous venons à la messe pour déposer notre activité sur la patène à l’autel où Jésus s’offre lui-même par amour pour que le monde soit sauvé. Amen.