Bel exemple d’une foi surnaturelle

Source image: Son of God

Résumé : Bel exemple d’une foi surnaturelle. La foi de la femme Cananéenne est un bel exemple d’une foi surnaturelle car sa foi en Jésus surmonte des obstacles naturels très importants.

Comme vous le savez, il y a un conflit armé entre Israël et les Palestiniens à Gaza depuis des décennies. Il me semble important de garder cela à l’esprit pour mieux comprendre l’Évangile d’aujourd’hui. Parce qu’il y avait déjà à l’époque un conflit similaire entre Israël et les habitants de la région de Tyr et Sidon qui étaient considérés comme des nations ennemies parce qu’Israël avait délogé ce peuple pour entrer dans la terre promise. Ainsi, vous pouvez mieux comprendre la surprise que Jésus peut avoir d’entendre une femme de cette région crier (à lui un juif): « Pitié de moi, Seigneur, fils de David. » Cette prière est extraordinaire surtout si on pense que cette femme a été en mesure de surmonter l’animosité et le ressentiment ancestral que son peuple avait depuis des années contre les Juifs. Plus important encore, elle fait une profession de foi extraordinaire parce qu’elle appelle Jésus : « Seigneur, fils de David » c’est-à-dire, elle croit que Jésus est le Messie et le Sauveur promis par Dieu.

Bel exemple d’une foi surnaturelle : La foi de la femme Cananéenne est la preuve que l’Esprit Saint souffle sur qui il veut

À mon avis, la prière de cette femme est la preuve que l’Esprit Saint souffle où il veut et sur qui il veut. En fait, l’Esprit Saint n’est pas bloqué par les barrières humaines de nos différences culturelles, de nos conflits politiques et de nos frontières géographiques. Par conséquent, nous devons demander à nouveau que l’Esprit Saint souffle sur tous les peuples afin qu’il puisse y avoir une réconciliation entre les peuples qui se font la guerre. Pour cette raison, nous devons avoir l’humilité de cette femme Cananéenne qui reconnaît sa fragilité afin de pouvoir crier sa souffrance.

Bel exemple d’une foi surnaturelle : toutes les nations sont appelées au salut

À un niveau plus large, cet épisode de la femme Cananéenne répond à la question de la communauté chrétienne primitive : « À qui s’adresse la Bonne Nouvelle de l’Évangile ? » Est-ce seulement aux Juifs ou à tous les peuples ? La réponse nous semble évidente à nous qui vivons 2000 ans après le Christ. Mais à l’époque de Jésus, ce n’était pas si évident. D’autre part, Jésus lui-même semble concevoir sa mission uniquement pour les Juifs : « Je n’ai été envoyé que vers les brebis perdues de la maison d’Israël. »

Bien sûr, selon le Dessein du Père, Jésus a dirigé sa pastorale principalement pour le peuple d’Israël. Mais cela ne signifie pas qu’Israël est le seul peuple appelé au salut par Dieu. L’exemple de la femme Cananéenne montre bien que le salut ne dépend pas de l’appartenance à un peuple particulier. Mais cela dépend plutôt de la foi qui vient d’un cœur humble qui nous fait reconnaître Jésus comme notre Sauveur et notre Dieu.

Ainsi, Jésus accepta la limite de sa mission d’être « envoyé aux seules brebis perdues de la maison d’Israël ». Par amour de son Père céleste, Jésus a accepté de s’incarner dans la nature humaine avec toutes les limites du temps, de l’espace et de la culture. C’est ce qui explique l’hésitation de Jésus à répondre à la demande de la femme Cananéenne.

Cet Évangile nous invite, en tant qu’Église, à nous interroger sur notre ouverture et notre acceptation des autres qui sont différents de nous, que ce soit par la race, la culture ou la religion. Car c’est la mission spécifique de l’Église d’être envoyée à tous les peuples de la terre pour annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ.

L’exemple de la femme Cananéenne nous enseigne la vraie humilité qui s’oublie complètement elle-même. Elle est prête à tout pour sa fille malade. Elle crie sa prière avec insistance et persévérance. En fait, ce sont ces deux qualités de sa prière qui touchent particulièrement le Seigneur Jésus. Malheureusement, notre prière s’arrête souvent lorsque qu’elle rencontre des retards à se réaliser. Un indice de la foi surnaturelle est que nous persévérons dans la prière même si nous ne sommes pas exaucés.

Notre prière doit ressembler à l’histoire de ce sculpteur qui demande à son apprenti : « Apporte-moi beaucoup de terre d’argile parce que j’ai dans mon esprit beaucoup de chefs-d’œuvre à faire. Mais, ce que je vais faire avec cette terre ne te concerne pas. » En d’autres termes, nous devons prier beaucoup le Seigneur sans nous arrêter, même s’il semble à première vue que cela ne sert à rien. Nous ne devons pas regarder les résultats de nos prières. Plus nous prierons en confiance et dans l’abandon total, plus le Seigneur pourra faire des merveilles. C’est l’exemple de la prière de la femme Cananéenne qui a demandé avec insistance et confiance.

Demandons donc au Seigneur de pouvoir prier comme la femme Cananéenne avec un cœur humble, patient et persévérant en un mot : avec charité. Ainsi, nous pourrons devenir des intercesseurs efficaces pour construire le Royaume de la Paix et de l’Amour.



A propos Gérald Lajeunesse 418 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.