5 caractéristiques de l’Église morte et ressuscitée du Québec

L'Esprit édifie les pierres vivantes de l'Église, et non l'inverse
L'Esprit édifie les pierres vivantes de l'Église, et non l'inverse

Dans un article précédent, il est possible que j’aie pu laisser une impression négative ou pessimiste aux lecteurs quant à l’avenir de l’Eglise Catholique au Québec. Mais en fait, il en est rien. Car je suis tout à fait convaincu que notre Eglise au Québec renaîtra de ses cendres. En effet, voici mon espérance pour l’Eglise du Québec : il est certain qu’actuellement une Eglise se meurt mais la bonne nouvelle est qu’une autre Eglise est en train de naître.

En effet, notre Eglise actuelle au Québec est en train de vivre le mystère de mort et de résurrection à travers lequel son Fondateur Jésus Christ est lui-même passé. L’Eglise du Québec est en train de mourir, mais une autre Eglise est en train de ressusciter de la même manière que le Christ est mort et ressuscité. De fait, Jésus ressuscité était le même qu’au moment de sa Passion et de sa mort sur la croix mais en même temps, il était différent car on ne le reconnaissait pas au moment de ses apparitions. De même, l’Eglise qui est en train de renaître est la même Eglise Catholique qu’auparavant mais elle est en même temps différente. Qu’est-ce qui est différent dans cette Eglise ressuscitée ?

5 caractéristiques de l’Église « renée »

Voici selon moi cinq (5) caractéristiques de l’Eglise qui est en train de renaître par l’action de l’Esprit Saint et qui la différencie de celle que l’on a pu voir auparavant :

1- Une Eglise cellulaire: L’Eglise paroissiale ‘ressuscitée’ sera composée d’une multitude de petites « cellules d’évangélisation » : petites communautés de 3 à 8 personnes se réunissant dans les maisons pour apprendre à évangéliser leur entourage immédiat (oïkos). Ainsi, l’Eglise paroissiale deviendra une communauté de petites cellules paroissiales d’évangélisation.

2- Une Eglise évangélisée qui évangélise: Comme au temps de l’Eglise primitive, la nouvelle Eglise naîtra de l’évangélisation de ses membres. Elle sera empreinte du mandat missionnaire que Jésus a donné à son Eglise : « Faites des disciples » (Matthieu 28, 19). Ainsi, chaque membre des cellules sera un disciple-missionnaire ayant à cœur d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu à son entourage (oïkos) afin que tous puissent rencontrer le Christ ressuscité et entrer dans la Vie Nouvelle.

3- Une Eglise qui est plus pauvre matériellement (moins de bâtiments et de ressources matérielles) mais qui est plus riche spirituellement puisqu’elle s’engagera résolument pour la mission en cherchant à engendrer des petites communautés de type familiale qui favorisent la connaissance mutuelle de ses membres par des partages de foi dans la charité afin de créer ainsi une fraternité spirituelle et où ils pourront apprendre à rendre compte de leur espérance aux personnes de leur entourage (oïkos). Ainsi, la nouvelle Eglise est un « retour aux sources de l’évangile » où l’Eglise n’était pas assimilée à un bâtiment ou à une institution humaine mais à une communauté de croyants transformée par la foi en Jésus Christ mort et ressuscité.

4- Une Eglise qui n’est pas simplement un « centre de distribution de services sacramentels ou religieux » mais une Eglise (pôle missionnaire) qui s’engage activement pour la transmission de la foi. Dans ce contexte, le rôle des prêtres sera surtout de former les leaders afin qu’ils puissent devenir des disciples-missionnaires capables d’animer les cellules d’évangélisation pour la renaissance de l’Eglise. Les prêtres agiront alors comme des « pères spirituels » qui pourront accompagner spirituellement tous les leaders des cellules afin qu’ils puissent croître dans la vie de l’Esprit. De plus, dans la nouvelle Eglise, les sacrements seront considérés comme des moyens efficaces pour la croissance de la vie spirituelle des disciples du Christ qui ont vraiment adhéré à leur Maître et Seigneur.

5- Une Eglise centrée sur la célébration et l’adoration de l’Eucharistie d’où viennent toutes les grâces pour la fécondité de la mission d’évangélisation. Ainsi, un baptisé qui n’aurait pas le désir de célébrer régulièrement l’eucharistie et de prendre des temps pour l’adorer est le signe qu’il n’est pas encore vraiment « rené » de l’Esprit. D’où alors l’importance pour lui de revenir à la base de l’évangélisation : en continuant son parcours de formation chrétienne dans la participation aux rencontres fraternelles de la cellule où l’on peut y partager la charité du Christ et ainsi, faire croître en lui le désir de la rencontre sacramentelle avec Jésus dans l’eucharistie.

Bien entendu, il existe de nombreuses autres caractéristiques de la nouvelle Eglise qui est en train de renaître au Québec. Il est important de les connaître afin de pouvoir être en mesure de mieux reconnaître la nouvelle naissance de notre Eglise en ce XXI° siècle.

Questions pour le partage en petits groupes :

  • Est-ce que je peux voir dans mon milieu des signes de la résurrection de l’Eglise ?
  • Quelle « nouveauté » reconnaissez-vous à l’Eglise ressuscitée par l’Esprit-Saint ?
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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 211 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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