Un Sauveur

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… dans la vie d’Elsa

Chers frères,

Une petite fille, nommée Elsa, pauvre, si pauvre, nous dit le conte qu’elle et sa mère vivaient dans une cabane, avait « un cœur d’or » : Elle vient au secours d’une vieille femme affamée, de deux enfants perdus, d’un vieillard claudiquant. Mais elle, qui fait retrouver son chemin aux perdus, s’égare à son tour dans un bois qu’elle ne connaît pas. Des étoiles la guident, puis un ange, qui lui annonce la naissance d’un Sauveur. Un Sauveur ? Elle ne comprend pas. Elle n’a pas besoin d’un Sauveur, elle qui sauve tout le monde.

…dans la vie de Thierry Casasnovas

thierry casasnovas a eu besin d'un sauveurElsa ressemble à ce Thierry Casasnovas qui, « à certains moments, « s’illusionnait lui-même ». Il n’a pas besoin d’un Sauveur. Pourtant il porte toujours un évangile sur lui. Il le lit « comme un écrit de sagesse ». Ce Jésus le « fascine ». Lui se sait très loin de ce « sage » : il est menteur, voleur, trompeur, usurpateur, violent, colérique, méchant, haineux, dépendant aux drogues, etc. La Providence se met de la partie.  Le Jeudi Saint d’un mois d’avril, quelques semaines avant ses 33 ans, sa maison prend feu. Il en sort indemne, mais ayant tout perdu. Devenu errant, son état de santé décline. Il ne pèse plus que trente kilos, « un zombie, littéralement ». En juillet, devenu invalide, il demande asile à ses parents.  Ce retour au bercail lui fait prendre conscience de son état intérieur. Il a fait beaucoup de mal.  Il demande alors pardon à tous ceux à qui il a fait du tort et fait réparation. Il recouvre lentement sa santé.

Hélas, rapidement, il retombe dans ses travers. Ne comptant pour personne, et sans grand sens à sa vie, Thierry part en Thaïlande où il rencontre une chrétienne qui l’invite chez elle, en Europe. À nouveau fragilisé, il va chez elle. Il découvre un couple pour qui le mot « Sauveur », a vraiment un sens. Des baptêmes d’adultes le « scotche » si bien que l’année suivante il demande le baptême et s’en trouve transformé ! Thierry aujourd’hui a fondé une famille, travaille, et est habité d’une « foi incandescente », avec « un message à faire passer ». Il se considère « comme une eau dans laquelle on met un sachet de thé. La couleur se répand. Là, c’est pareil. » Il ne fait plus d’efforts, comme auparavant, pour lutter contre ses mauvais instincts. « Je n’ai pas à faire d’efforts, mais à prendre une décision. […]

femme à genoux devant la croixA la croix tout a été vaincu. Par la foi, il faut se saisir [de cette victoire], dire oui au Christ, s’humilier, se mettre à genoux littéralement. » Il délivre alors son « message » : « Vous ne voulez pas prononcer ce mot de Jésus, mais en ne le prononçant pas, vous vous privez de cette accès direct au Seigneur qui vous prend, aussi faible que vous soyez, pour vous transformer radicalement. Si tu ne sais pas aimer, Il te fait aimer. Si tu ne sais pas marcher, Il te fait marcher. » Thierry « a confiance en la provision permanente de Dieu ». Plus il fait par lui-même, plus il sent qu’il « se coupe de l’expérience de la Providence et de la capacité que Dieu a de donner. Si on est déjà plein, Dieu n’a pas trop de place pour donner. Par contre, quand on est vide, là, Il peut remplir. »

… dans la vie de bergers

l'humilité des bergersDes bergers, sans histoire, – mais le sait-on vraiment – reçoivent aussi la nouvelle d’un Sauveur, né pour eux : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur. » (Lc. 2, 11) Ils ne tardent pas : « Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. » (Lc. 2, 16) Aussi, la question de Noël est celle-ci : Etes-vous une Elsa qui se suffit à elle-même ? Un Thierry pour qui Jésus est un maître de sagesse ? Ou des bergers qui se hâtent à la rencontre de Celui qui est né pour eux ? Ce Sauveur, qui prend votre faiblesse, vous intéresse-t-Il ?

Le Sauveur inutile…

… aux pharisiens

Pour Thierry, le Sauveur a été longtemps inutile. Pourtant, il ne s’oppose pas à Lui comme le feront les pharisiens et les légistes à qui Jésus dira qu’ils ont « annulé pour eux le dessein de Dieu. » (Lc. 7, 30) Ces « sages », ces « savants » ont annulé le plan de Dieu ? parce qu’ils se croient « parfaits » : « Si vous étiez aveugles, leur dit Jésus, vous n’auriez pas de péché ; mais vous dites : Nous voyons ! Votre péché demeure. » (Jn. 9, 41) Un « parfait », en effet, n’a pas besoin de sauveur.

… à Elsa

De même, le conte présente une Elsa parfaite et c’est à cause de sa perfection que Dieu l’aurait choisie : « N’aie pas peur, petite fille ! Dieu a vu ton cœur, lui dit l’ange, et c’est toi qu’il a choisie pour m’accompagner et annoncer la joyeuse nouvelle du Sauveur à tous ceux qui sont pauvres et rejetés. » Mais si le Christ choisit cette enfant pour sa perfection, elle n’a pas besoin d’un Sauveur !

… à un enfant

J’ai souvenir d’une enfant de 11 à 12 ans qui venait se confesser. Je la connaissais principalement au travers de ce sacrement et ce qui me frappait, c’est qu’elle n’avait rien à dire. Elle confessait plutôt les péchés des autres que les siens propres. Elle ne voyait pas son péché. J’avais beau l’inciter à un examen de conscience régulier : elle faisait tout parfaitement, selon elle. Je dois dire que je lui donnais l’absolution sans réelle conviction : n’est-elle pas parfaite ?

… à Thierry

Seulement, ce que cette enfant avait à comprendre, c’est que le péché ne consiste pas en tout premier lieu à faire des actes contraires à la Loi divine. Le péché est :

  • Dans la nature de l’homme depuis Adam. « C’est pourquoi, […] par un seul homme le péché est entré dans le monde… » (Rm. 5, 12)
  • Dans le cœur de l’homme. Au contraire de cette petite fille, Thierry le ressentait profondément, lui qui tentait de vaincre sa violence et qui n’y arrivait pas, de vaincre ses travers et ne les surmontait pas. Le péché était conforme à sa nature. En effet, le Seigneur dit : « Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les mauvaises pensées : débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, calomnie, orgueil, déraison. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans, et souillent l’homme. » (Mc. 7, 21-23)
  • Une loi de notre nature. Thierry aurait pu dire, comme S. Paul : « Je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l’homme intérieur ; mais j’aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m’enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres. » (Rm. 7, 22) Thierry luttait contre la loi du péché inutilement, jusqu’à ce qu’il ait dit, comme S. Paul  que « le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier. » (1 Tm. 1, 15)

La grâce de se savoir pécheur…

Pourtant, cet état de pécheur n’est pas reconnu. Se reconnaître pécheur est une grâce, j’oserai dire, la grâce qu’il faut demander à Noël. « Si tu ne te sens pas pécheur, disait le Pape François, le 3 mars dernier, lors d’une homélie, tu es mal parti. » En effet, Jésus est venu :

  • Pour nous racheter de nos fautes, entendons-nous le soir de Noël : « Le Christ Jésus […] s’est livré pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. » (Tt. 2, 14)
  • Pour la purification des péchés, entendons-nous le jour de Noël : « le Fils, […] après avoir accompli la purification des péchés, s’est assis à la droite de la majesté divine. » (He. 1, 3)
Sainte Thérèse
Sainte Thérèse

Cette grâce du rachat, Ste Thérèse l’a reçue le soir de Noël. « Ce fut le 25 décembre 1886 que je reçus […] la grâce de ma complète conversion. » Elle n’a pas demandé explicitement la grâce de se savoir pécheresse, mais elle a reçu, ce soir-là, la force qui lui manquait. Elle se savait faible, elle l’avouait, et le Seigneur est venu à son secours. Son père ayant fait une remarque désobligeante, elle descend l’escalier après s’être débarrassée de son chapeau dans sa chambre, refoulant ses larmes, avec le sourire. Elle confie : «  La petite Thérèse avait retrouvé la force d’âme qu’elle avait perdue à quatre ans et demi et c’était pour toujours qu’elle devait la conserver ! »

Cette grâce, Thierry l’a reçue :

  • En s’interrogeant sur lui-même. Alors qu’il revient chez ces parents, il fait le point sur sa vie et reconnaît qu’il a fait du tort à bien des personnes. La petite voix de sa conscience a enfin réussi à se faire jour en lui.
  • A l’inverse, les pharisiens ne s’interrogeaient pas sur eux-mêmes, ne se remettaient pas en question, ils se disaient « parfaits » et « saints ». C’est ainsi qu’ils se nommaient.
  • En écoutant autrui, même s’il écoute mal. Thierry écoute ce couple qui lui expose l’Evangile. Or, en écoutant les créatures, l’homme peut atteindre « la certitude de l’existence de Dieu, cause et fin de tout. » (CEC, n° 46)
  • A l’inverse, les pharisiens n’écoutaient qu’eux-mêmes.
  • En admirant la vie transformée de baptisés. Il est immédiatement prêt à s’engager lui-même et se prépare pendant un an à ce grand sacrement.
  • A l’inverse, les pharisiens qui voyaient les publicains et les prostituées se convertir à l’appel du Baptiste, ne changeaient pas : « Les publicains, eux, et les prostituées ont cru en lui ; et vous, devant cet exemple, vous n’avez même pas eu un remords tardif qui vous fit croire en lui. » (Mt. 21, 32)

La grâce d’être pécheur…

Thérèse et Thierry implicitement se savaient pécheurs et demandaient à être délivrés de cet esclavage. Vous sentez-vous impuissants, faibles, pécheurs-même ? La grâce de Noël est faite pour vous. Venez vite à Celui qui est venu pour faire de l’homme un être « ardent à faire le bien ». Venez avec votre faiblesse, venez tel que vous êtes.

        

Prions : « Seigneur, merci de cette grâce de Noël où Tu veux sauver les êtres faibles que nous sommes. Nous venons à Toi, dont les bras sont ouverts. Amen. »

 

Oraison jaculatoire : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

Question : Que signifie Noël pour vous ?

 

Suggestion : Se présenter à Jésus tel que l’on est pour recevoir Sa grâce.

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 69 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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