Est-ce que je me prépare à ma mort?

Source image: Clip: Miséricordieux comme le Père de Richard Vidal

Résumé : Est-ce que je me prépare à ma mort? Est-ce que je vis comme si je devais mourir demain? L’évangile des vierges sages nous rappelle l’importance d’être prêts pour le jour de notre mort.

C’est le mois de novembre, un mois de prière pour les défunts. C’est pourquoi l’Église désire nous faire méditer sur notre ultime rencontre avec le Seigneur. C’est une grande sagesse de conserver dans notre cœur la pensée de notre dernière rencontre avec Dieu. Cela nous permet de décider et de choisir selon les vraies valeurs qui peuvent nous aider à entrer dans la vie éternelle. Je ne sais pas si vous vous rappelez, il y avait une chanson populaire française de Michel Fugain qui disait : « Chante, la vie chante, comme si tu devais mourir demain. » Voilà selon moi la vraie sagesse. C’est aussi le message de Jésus dans l’Évangile. A travers la parabole des dix vierges (5 étaient sages et 5 étaient folles), Jésus veut nous enseigner comment nous préparer sagement à la rencontre de salut avec Dieu. Pour comprendre cette parabole, vous devez connaître le contexte culturel des noces juives du temps de Jésus. En fait, le mariage juif était célébré de nuit. C’est la raison pour laquelle les invités devaient apporter une lampe afin de reconnaître et d’accueillir le marié qui arrivait en dernier parce qu’il devait aller saluer ses parents et amis avant le mariage. Donc, personne ne savait exactement à quelle heure le marié arriverait pour débuter la fête du mariage. Ainsi, on peut dire que notre vie chrétienne peut se résumer dans cette attente de la venue du Seigneur qui vient à notre rencontre parce qu’il nous aime et veut que nous entrions dans son intimité divine. Or, la façon dont nous attendons la venue du Seigneur nous en dit beaucoup sur l’image que nous avons de Dieu et sur le degré de notre amour pour Lui. Nous pouvons nous demander : comment attendons-nous le Seigneur ?

Est-ce que je me prépare à ma mort? Comment est-ce que j’attends le jour de mon ultime rencontre avec Dieu?

Attendons-nous le Seigneur comme quelqu’un qui attend le métro ou le bus (c’est-à-dire dans l’indifférence et presque l’inconscience) ? Car le bus passera à son heure que j’y pense ou n’y pense pas parce que c’est automatique. Il y a donc des gens qui croient au destin inéluctable de la mort. Dans cette vision de la vie, notre destin est déjà décidé par le sort sans que nous soyons en mesure de changer quoi que ce soit. Ainsi, ces gens qui croient en la fatalité du destin voient Dieu un peu comme un grand ordinateur impersonnel et aveugle auquel personne ne peut échapper.

Ou attendons-nous le Seigneur comme l’accusé dans un procès pour meurtre qui attend la sentence du juge dans l’inquiétude et la peur ? Alors Dieu sera souvent considéré comme un juge exigeant et impitoyable. Nous pouvons aussi attendre Dieu comme le fiancé attend sa fiancée qui doit revenir d’un voyage i.e. avec hâte et une grande joie. Alors Dieu sera considéré comme quelqu’un qui nous aime profondément et qui a un grand désir de nous rencontrer.

Est-ce que je me prépare à ma mort? Les vierges insensées ont négligé l’essentiel

Jésus veut nous enseigner dans cette parabole la bonne façon dont nous devrions l’attendre : « Alors veillez parce que vous ne connaissez ni le jour ni l’heure ». Ainsi, le fait que nous ne connaissons pas le jour de notre rencontre finale avec Dieu nous met dans la situation des pompiers qui doivent être prêts à répondre à l’appel à tout moment du jour ou de la nuit, 365 jours par an. Ce genre d’attente des pompiers ne signifie pas que nous attendons juste pour passer le temps et que nous pouvons nous amuser et nous divertir dans l’insouciance la plus totale. Car les pompiers doivent continuellement se préparer matériellement, psychologiquement et physiquement afin d’être prêts à intervenir à l’alerte d’un incendie. De la même manière, nous devons nous préparer à la grande rencontre finale avec le Seigneur. Dans l’Évangile, Jésus nous donne l’exemple des cinq vierges sages. Comment se sont-elles préparées pour la rencontre avec le marié ? Tout d’abord, elles ont fait un acte de foi. Elles croyaient que le marié viendrait. Elles auraient pu être découragés quand ils ont vu l’heure tardive, mais elles avaient la certitude intérieure que le marié serait fidèle à sa parole. De la même manière aujourd’hui, de nombreux chrétiens sont tentés de douter de la Parole de Jésus qui est ressuscité d’entre les morts et qui a annoncé qu’il reviendrait à la fin des temps. Nous aussi, nous avons des doutes de temps à autres. Le Seigneur nous invite à garder la foi en sa Parole. En d’autres termes, Jésus nous invite à cesser de croire à nos doutes et à douter de nos doutes. Mais la foi ne suffit pas à rencontrer le Seigneur parce que nous devons avoir l’huile de la charité. Malheureusement, les vierges folles n’avaient pas l’essentiel car elles n’avaient pas l’huile de la charité. Mais la charité ne peut pas être achetée dans les magasins parce que c’est un don de Dieu que nous devons accueillir, préserver et faire grandir. Ainsi, afin de nous préparer à notre rencontre avec le Seigneur dans la vie éternelle, nous devons toujours chercher à développer notre foi en l’activant par la charité envers nos frères.

A propos Gérald Lajeunesse 430 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la paroisse St Enfant-Jésus de la Pointe-aux-Tremble, à Montréal.