Témoigner de Jésus malgré la crainte

Homélie pour le 12° dimanche ordinaire A

Cet article est numéro d'une série de 6 Surmonter les obstacles à l'évangélisation

« En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » (Mt 10, 26-33)

Pour bien comprendre cet évangile, il est important de connaître son contexte. En fait, dans les versets qui précèdent, Jésus avertit ses disciples qu’ils seront persécutés, flagellés et amenés au tribunal. Il va même jusqu’à annoncer que « le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » (Mt. 10, 21-22) Il était donc tout à fait normal que ces paroles de Jésus aient causé des peurs et des angoisses terribles chez ses disciples. D’ailleurs, Jésus savait très bien jusqu’où pouvaient aller les pulsions et l’instinct de violence des humains. Puisque la convoitise, la jalousie, et la méchanceté de l’homme peuvent souvent le transformer en véritable « loup » pour les autres.

Craindre de perdre la foi

Mais malgré cela, Jésus ajoute toute suite après : « Ne craignez pas les hommes. » Il invite ainsi ses disciples à ne pas se laisser conduire par la peur des instincts grégaires des humains et à continuer à témoigner à tous de ce qu’ils ont vu et vécu dans la communauté des Apôtres. Mais on peut se demander pourquoi Jésus est-il aussi exigeant avec ses disciples en leur demandant de témoigner de Lui jusqu’au martyr s’il le faut ? Pour Jésus, la véritable force de l’homme ne réside pas dans ses muscles ou dans la puissance de ses armes. Elle se trouve dans son cœur et dans le don de la foi en Dieu notre Père. Car cette force ne peut être détruite par quiconque. Donc, pour Jésus, la seule crainte légitime du disciple devrait être de perdre la foi qui est sa force invincible car s’il venait à la perdre, il perdrait alors son plus précieux trésor qui donne sens et espérance à toute sa vie sur la terre.

Or, comment le disciple peut-il en venir à perdre la foi ? Nous pouvons perdre la foi quand nous cessons d’en témoigner aux autres. En fait, la foi est semblable à un muscle physique. Si nous n’exerçons jamais un certain muscle de notre corps, celui-ci vient à s’atrophier de telle manière que nous ne pouvons plus l’utiliser. De la même manière, il est important d’exercer et de nourrir le muscle spirituel de notre foi chrétienne par la prière quotidienne, par l’écoute de la Parole de Dieu et par la rencontre cœur à cœur avec Jésus dans les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. Alors, nous aurons toujours l’inspiration de l’Esprit Saint qui nous rappellera les paroles de Jésus en toutes circonstances et nous pourrons recevoir la grâce de la Bonté et de la Bienveillance de notre Père qui veille constamment sur nous afin de surmonter tous les dangers et toutes les menaces.

Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?

En effet, Saint Paul disait : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rm. 8, 31) Or, c’est grâce à cette inspiration de l’Esprit Saint que saint Paul a pu affronter fidèlement toutes les menaces et tous les dangers de sa vie apostolique : prisons, bastonnades, lapidations, naufrages, fatigue, faim, soif, etc… (cf. : 2 Cor. 11, 23-28). L’Apôtre des Gentils devait alors certainement se rappeler les paroles de Jésus dans l’évangile : « Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Aujourd’hui, le Seigneur Jésus nous rappelle qu’il compte beaucoup sur notre témoignage de foi devant nos frères afin que tous puissent connaître l’espérance de la Vie Eternelle. De plus, nous ne devons pas penser que le témoignage de foi est réservé seulement aux saint(es) de l’Eglise. Tous, nous pouvons témoigner de notre foi aux autres quel que soit notre âge ou notre condition. Par exemple, un jour, une dame est venue me voir après la messe dominicale pour me raconter son expérience. Elle me raconte que ce matin-là elle avait reçu la visite de son fils qui ne vient pas souvent la voir. Après environ 30 minutes, elle s’aperçoit qu’il semble vouloir rester pour le repas du midi alors que l’heure de la messe approchait. Elle a alors décidé d’inviter son fils peu pratiquant à venir à l’église avec elle et ce, même si elle craignait sa réaction négative à cause d’expériences malheureuses du passé. Mais à sa grande surprise, il a accepté son invitation. Cette maman était très contente d’avoir eu le courage de surmonter ses craintes de déplaire à son fils et de l’avoir invité à venir prier à la messe.

Expérimenter la joie

Comme vous pouvez le voir, témoigner de notre foi et évangéliser les autres ne signifie pas nécessairement faire de grands discours sur Dieu ou sur Jésus. Il s’agit tout simplement de laisser parler notre cœur quand l’occasion se présente en ne nous laissant pas arrêter par les craintes de ce que les personnes peuvent penser ou dire. Alors nous pourrons expérimenter la joie d’avoir répandu la Bonne Nouvelle de l’Amour du Seigneur à nos frères et sœurs.

Pour le partage en petit groupe :

  • Qu’est-ce qui monte dans mon cœur après la lecture de ce texte ?
  • Est-ce qu’il m’est déjà arrivé de témoigner de ma foi à quelqu’un de mon entourage tout en ayant la crainte de sa réaction négative ?
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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 74 Articles

Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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