La rencontre humaine authentique: lieu d’évangélisation

La rencontre humaine authentique constitue la première action d’évangélisation.
La rencontre humaine authentique constitue la première action d’évangélisation. Pour cela, nous devons prendre conscience de nos pauvretés afin de rencontrer le Christ.

Le processus des Cellules paroissiales d’évangélisation nous invite à évangéliser notre oïkos (entourage) spécialement par le service généreux et gratuit de nos frères et sœurs. On peut alors tout de suite penser à élaborer un plan de service des frères en cherchant quelles sont les œuvres de miséricorde que l’on pourrait faire pour eux (visite des malades, aide matérielle ou financière, etc…). Mais avant de mettre en œuvre toute ces actions de miséricorde pour notre oïkos, il me semble important que nous prenions conscience qu’avant tout, chacune de nos rencontres humaines est déjà un terreau fertile d’évangélisation. La rencontre humaine authentique constitue en fait la première et la plus importante action d’évangélisation que nous puissions faire pour le Seigneur, pour nos frères et pour nous-mêmes.

Jean Vanier évangélise par la rencntre humaine authentique
Jean Vanier

A l’instar du Pape François, le fondateur de l’Arche, Jean Vanier, disait dans une de ses conférences que dans la rencontre humaine authentique entre deux personnes, l’Esprit Saint est à l’œuvre et peut toucher les cœurs afin de les convertir à l’Amour du Christ. Saint François d’Assise avait expérimenté cela lors de sa ‘rencontre avec un lépreux’. Il disait que lorsqu’il était en sa présence et qu’il lui parlait, « il sentait au fond de son cœur une très grande douceur. » C’est à partir de cette rencontre avec le lépreux que François d’Assise décida de tout donner au Seigneur et de se consacrer à Lui pour le suivre dans la pauvreté radicale.

Ainsi, la Miséricorde de Dieu se manifeste à nous et s’exerce en nous et nos frères à travers la simple rencontre de deux êtres humains qui ont conscience de leur pauvreté personnelle. La conscience de notre pauvreté personnelle peut au premier abord sembler nous menacer, nous bloquer et même nous détruire intérieurement. Mais s’il y a une autre personne aussi pauvre et vulnérable que nous qui vient vers nous (et cette personne est en fait Jésus qui vit en moi et dans mon frère), et si cette personne s’intéresse à nous, nous regarde avec tendresse et nous écoute sans jugement alors notre pauvreté devient le terrain de la communion de l’amour et de notre libération. A ce moment-là, nous pouvons expérimenter l’Amour inconditionnel de Dieu qui peut nous libérer et nous ouvrir au message de salut que Jésus veut communiquer à tous les hommes par l’évangélisation.

Humilité pour évangéliser

La leçon que nous devons retenir de tout cela est que pour évangéliser nos frères, nous devons avant tout prendre conscience de nos fragilités humaines, de notre vulnérabilité et de nos limites personnelles non pas pour tenter de les éliminer et ainsi nous rendre forts, invulnérables et sans reproche par nos connaissances et nos vertus, mais pour pouvoir entrer dans une relation profonde avec notre frère qui est lui aussi vulnérable, fragile et limité. C’est sur ce terrain de notre humanité vulnérable qui est faible et pauvre que les barrières et les murs de protection intérieure tomberont pour faire en sorte qu’il puisse y avoir une vraie rencontre humaine dans un cœur à cœur où la confiance de l’amitié vraie pourra nous ouvrir à la Bonne Nouvelle de Jésus et ainsi toucher et transformer les cœurs.

Évangélise toi toi-même

Une deuxième leçon que nous donne la « rencontre humaine comme lieu d’évangélisation » est que nous nous évangélisons nous-mêmes (et pas seulement notre frère) dans ces rencontres où deux pauvretés s’ouvrent l’une à l’autre pour s’évangéliser. Bien entendu, il nous faut apprendre à rencontrer l’autre dans le cœur à cœur de notre humanité blessée car la rencontre humaine est un long chemin d’apprentissage. Ainsi, il nous faut nous réconcilier avec notre propre misère humaine, notre vulnérabilité personnelle et nos limites. Un moyen excellent d’y arriver, c’est la pratique régulière et fréquente du sacrement de la miséricorde, c’est-à-dire, du sacrement du Pardon. Dans le sacrement de la confession, Jésus vient à nous comme le pauvre qui se sait accepté et aimé infiniment par son Père et qui veut nous communiquer sa Joie de nous savoir aimés tel que nous sommes.

L’humilité pour évangéliser

Si nous nous savons acceptés et aimés par le Christ dans nos limites et nos vulnérabilités humaines, nous pourrons alors aussi nous accepter et nous aimer dans et à travers nos pauvretés humaines. Mais cela suppose que nous ayons le sens du péché, de notre péché personnel. Or, la racine de tous nos péchés est le péché de l’orgueil. Car nos péchés d’orgueil en particulier sont des freins très puissants qui nous empêchent de nous accueillir nous-mêmes dans notre faiblesse et nos limites. En effet, l’orgueilleux en nous ne veut pas voir et accepter qu’il est faible et pauvre. L’orgueilleux veut être bien vu par les autres. Il désire être vu comme fort et sans défaut. Tandis que l’humble reconnaît très facilement ses défauts, ses faiblesses et ses torts. Le Pape François disait dans une homélie : « Seulement celui qui est humble et qui sait reconnaître sa condition de pécheur est capable de se laisser rencontrer vraiment par le Seigneur. » Et j’ajouterais : que seule la personne vraiment humble qui sait reconnaître sa condition de pécheur peut être un authentique évangélisateur.

Questions pour le partage :

  • Quel est le point du texte qui vous touche le plus personnellement ?
  • Comment comprenez-vous la dernière phrase : « seule la personne vraiment humble qui sait reconnaître sa condition de pécheur peut être un authentique évangélisateur.» ?
  • Quels moyens pouvons-nous prendre pour devenir plus humbles et reconnaître notre condition de pécheur ?
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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 161 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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