La paix intérieure et la joie par le renouvellement de nos pensées

Source image: Clip "Miséricordieux comme le Père" de Richard Vidal in: WEBTÉLÉ ECDQ

Introduction : la recherche du Seigneur…

… dans la vie du moine Thaddée

Thaddée de Vitovnica (1914-2003) a été un moine orthodoxe, un higoumène (supérieur d’un monastère) de l’Église Orthodoxe serbe, et un père spirituel (un starets). Né de parents agriculteurs, le 19 octobre 1914, il a reçu le prénom de Tomislav (Thomas). Tombé gravement malade à l’âge de 15 ans, si bien que les médecins ne lui donnent  que 5 ans à vivre, il décide  de passer ces 5 années dans la prière. Sa foi lui obtient la guérison. En raison de la persécution religieuse exercée par l’Union Soviétique, le Monastère de Milkovo en Serbie, accueille à cette époque des moines réfugiés de Russie. Il y devient novice, et le 10 mars 1935, moine et diacre. Il part ensuite s’installer au Monastère de Rakovica, où il est ordonné hiéromoine (moine-prêtre), en 1938. Pendant la deuxième guerre mondiale, il est arrêté et emprisonné à deux reprises en raison de ses activités pastorales, avant d’être libéré. Il sera également régulièrement persécuté par les autorités communistes yougoslaves au cours du temps. Transféré au cours de sa vie dans plusieurs Monastères par son Évêque, il finit par devenir Higoumène du Monastère de Vitovnica en 1962. Son don pastoral et sa vie sainte font venir beaucoup de visiteurs qu’il accueille et conseille toujours avec amour. Il a également écrit au cours de sa vie de nombreux articles spirituels. Il décède le 14 avril 2003. Ses écrits ont été publiés en langue française aux éditions de l’Age d’homme, en 2010, sous le titre « Paix et joie dans le Saint Esprit ». Son traducteur rapporte qu’il y a un point commun entre toutes les librairies de la Serbie, c’est qu’il y a toujours sur les présentoirs au moins un livre du starets Thaddée. Il lisait dans les âmes et toutes personnes qui l’approchaient en étaient durablement transformées. Atteint deux fois de dépression, il disait que la maladie est une mise en garde à l’homme qui n’est pas sur la bonne voie. Mais il disait aussi que l’homme peut être un malade qui s’ignore. Comment savoir si l’on est un malade qui s’ignore ? Il répondait : « L’homme ressent lui-même que quelque chose le gêne, il a une maladie, un manque qui entrave sa vie normale. » Pourtant, il est un remède simple qui est de « chercher le Seigneur ». (Is. 55, 6) « Quand l’âme se met à aimer de tout cœur la prière, il devient impossible de la séparer de Son Père. Elle est toujours avec Lui, toujours en Sa présence, que ce soit lors d’une discussion avec autrui ou au travail. L’âme se déplace en Sa présence, comme les anges et les saints se déplacent en Sa présence. C’est le gage du Royaume céleste dès à présent sur cette terre. Une telle âme fait ainsi l’apprentissage de la vie céleste, passant de cette vie tourmentée et pleine de labeur, à la joie des béatitudes, comme si elle avait déjà été purifiée ici-bas », écrit-il.

…dans la vie du jeune homme riche

L’évangile que nous avons entendu est précédé d’un appel de Jésus à un jeune homme riche à tout vendre pour le suivre. Le jeune homme « s’en alla, contristé, car il avait de grands biens ». (Mt. 19, 22) Il est mécontent, alors qu’il est riche (les apôtres pensaient, eux, que sa richesse était la preuve de son salut!). Il est mécontent alors qu’il est appelé à une richesse spirituelle, une richesse qu’il a demandée, mais dont il ne veut plus, parce qu’elle lui coûte quelque chose ! C’est un enfant gâté et triste.

… dans la vie des apôtres

Les apôtres, quant à eux, ont été appelés par Jésus, les uns jeunes, les autres moins. Mais ils ont eu la chance de cet appel. Jésus suggère que beaucoup n’ont pas cette grâce : ils restent là inactifs, et ce n’est qu’au tout dernier moment de leur journée terrestre qu’ils trouvent un sens à leur vie, en étant appelés. Etre distingué, être appelé, voilà la joie. Mais Pierre veut être bien sûr de recevoir une juste récompense à son labeur. Si le Seigneur ne lui avait pas affirmé qu’il aurait une très belle récompense, peut-être aurait-il été mécontent, lui aussi !

…dans la vie chrétienne

Jésus donne une leçon : tout est une question de regard. « Ton regard est-il mauvais, parce que moi, je suis bon ? » (Mt. 20, 15) Aussi, cet évangile interroge-t-il les disciples que nous sommes sur leurs pensées, sur leurs « regards ». Quelles pensées entretenons-nous sur nous-mêmes, capables de nous rendre heureux ou malheureux, alors que Dieu est bon ?

1. Les pensées sources de trouble ou de paix…

Le starets Thaddée, régulièrement persécuté par les autorités communistes, emprisonné deux fois, sauvegarde « à tout prix » sa paix intérieure. « Ne donne pas ta paix intérieure pour rien au monde », disait-il.  Cette paix, cette joie, il les gardait :

  1. En veillant sur ses pensées. « Telles sont tes pensées, telle est ta vie. Tu ne peux être bon [content ou joyeux], si tu penses au mal. »
  2. En ne se préoccupant nullement des critiques, mais en bénissant. Mon propre père faisait partie d’une importante organisation internationale où la critique allait bon train. Il ne s’en préoccupait jamais. « Certaines personnes pensent de nous n’importe quoi. Ils n’ont qu’à nous critiquer. Nous les bénirons toujours et souhaiterons toujours du bien. » (Starets Thaddée)
  3. En sachant remplir son esprit. Alors que son interlocuteur demandait au Père Thaddée si la drogue peut rendre heureux, ou la télévision, il répondait : « L’homme ne peut boire de l’eau de vie assez forte [prendre des narcotiques, regarder la télévision qu’il jugeait comme une drogue], être chaque jour ivre et être bon. L’esprit ne doit pas être vide. »
  4. En étant calme. Alors qu’Israël compte sur sa cavalerie pour fuir la montée en puissance de l’Assyrie de Sennachérib, le prophète est chargé de dire à ses dirigeants : « Dans la conversion et le calme était votre salut, dans la sérénité et la confiance était votre force, mais vous n’en avez pas voulu ! » (Is. 30, 15) Alors qu’un journaliste demande au Père Thaddée s’il n’éprouvait pas le besoin d’aller en ville, il répondait : « Où qu’on m’installe, je suis bien. » La manière de s’aider soi-même, c’est d’être calme. « Si l’homme se calme, il voit arriver son salut. […] Tout lui est facile. Tous les malheurs n’influent pas sur lui. Il sait que cela doit être ainsi, et il est très calme. »

L’homme lié à Dieu et à l’univers tout entier… 

L’Orthodoxie est connue pour sa défense de la création. Cela est dû à son esprit de « communion ». La communion paisible et joyeuse vient:

  1. De la réception de « l’énergie » divine. Un enfant, lorsque j’étais curé de Cires-les-Mello, courait dans mes bras, tous les matins, en allant à l’école. L’enfant n’était pas catéchisé. Je ne connaissais pas vraiment ses parents. Le Père Thaddée explique cette intuition enfantine. « Si une âme est noble et sereine, l’enfant accourt tout de suite vers elle. […] La qualité divine agit à travers cette âme en raison de la sérénité et de la docilité de cette âme. »
  2. De la compréhension de nos liens avec l’univers. Un ingénieur se souvient de ses rencontres avec le Père Thaddée. Les aléas de la vie en avait fait un chauffeur de taxi. L’ingénieur avait été frappé de la douceur et de la pénétration du regard du starets. Celui-ci lui avait évoqué son passé avec précision, et annoncé son avenir, ainsi que celui de la Serbie. Pourquoi ? Le Père Thaddée était lié à l’univers. « Nous, le genre humain, nous sommes tellement liés, liés entre nous par l’énergie indissoluble. […] Nous ne pouvons demeurer les uns sans les autres. »
  3. De la simplicité de notre contact avec Dieu. Le Père Thaddée était un thaumaturge. Beaucoup de miracles se réalisaient en sa présence. Pourquoi ? « Quand on s’adresse sincèrement au Seigneur, une énergie incroyable en émane grâce à laquelle l’homme peut faire mouvoir tout ce qui existe. Il peut arrêter le soleil. Il peut faire des miracles. C’est incroyable… car Dieu est présent partout. S’il est relié à la source de vie, l’homme peut réaliser chaque vœu. 

Conclusion : Le rayonnement de l’âme…

… dû au contentement

Le Père Thaddée a rayonné de son vivant et rayonne au-delà de la mort, comme une S. Thérèse de l’Enfant Jésus. Le jeune homme riche est triste. Pierre est exigeant. Il veut sa récompense. Le moine Thaddée se serait désolé de ces pertes de joie de vivre dans l’instant présent : « Dieu merci, il existe encore des oiseaux. Mais beaucoup d’espèces ont disparu. Tout est en train d’être détruit et la vie s’éteint… Il ne s’agit nullement d’un mystère. Voilà une dizaine d’années, quand la neige tombait en grande quantité, une multitude de lapins s’assemblaient à la pleine lune. Sur l’immensité enneigée, ils se réunissaient dans une clairière où il n’y avait pas d’arbres et se poursuivaient les uns les autres, se culbutant et jouant dans la neige. Les bêtes connaissent cette joie de vivre. […] Nous, qui sommes pourvus en tout, ne sommes jamais contents. »

…par l’amour

La clé de la joie, c’est d’être « l’apôtre de l’amour ». Pour cela, Jésus demandait à Marcel Van de s’adresser à Lui avec simplicité : « Ils sont nombreux, ceux qui ne savent qu’écouter ce que Je dis, sans oser converser tout bonnement avec Moi comme des enfants, sous prétexte que cela ne convient pas… Dis-leur bien que J’écoute très volontiers les conversations ordinaires, même les plus simples, et que Je prends plaisir à les entendre. C’est là tout ce que J’attends des âmes qui M’aiment. […] Je ne recherche pas, comme les gens du monde, les propos élégants ; seules les paroles enfantines, sortant d’un cœur aimant, ont le don de charmer mon oreille. » (M. Van, Colloques 1-7) Parlons-Lui simplement et nous parlerons de Lui, nous Le rayonnerons.

Prions : « Seigneur, répands Ton amour dans nos âmes par le Saint Esprit. »

Oraison jaculatoire : « Jésus je T’aime ! »  (Oraison jaculatoire de M. Van)

Question : Comment avez-vous répandu votre joie de vivre cette semaine ?

Suggestion : Parler simplement au Seigneur.

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 75 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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