La foi victorieuse sur le monde

Jésus demande une attitude intérieure, une manière d’être, plus qu’un faire.

SOURCE IMAGE: Clip: Paroisse SJV: "Préparez le chemin du Seigneur"

Dernièrement, quelqu’un me demandait quelle devait être l’attitude du chrétien face à la question du retour du Christ. Il était inquiet de ce que font les témoins de Jéhovah comme de nourrir la peur. Les adventistes, qui font maintenant partie de la fédération protestante de France, « attendent le retour du Christ. » Cette Église « est habitée par ce souci que résume Mito Trifon, 73 ans, d’origine croate et baptisé en 1968 : « Il faut prêcher Jésus car Il va venir » (Journal ‘La Croix, 12.10.04, p.22). Les catholiques, eux aussi, savent que le retour du Christ est proche. Quelle attitude avoir face à ce retour imminent, en dehors de nourrir la peur et  de prêcher ?

Précisément, aujourd’hui, le Seigneur en parle, et c’est à propos de son retour qu’Il recommande une attitude, celle de  la prière, sans « se lasser » (Lc.18, 1).  Pourquoi ?

Les raisons en sont simples. Le Christ reviendra de deux manières :

  • D’une manière imperceptible, invisible, au plus profond des cœurs, et ce retour à Dieu dépend de chacun de nos cœurs: «La venue du Royaume de Dieu ne se laisse pas observer, et on ne saurait dire : ‘Le voici ! Le voilà ! Car, sachez-le, le Royaume de Dieu est parmi vous» (Lc.17, 20-21).
  • D’une manière soudaine : « Comme l’éclair… jaillissant d’un point du ciel resplendit jusqu’à l’autre, ainsi en sera-t-il du Fils de l’homme lors de son Jour » (Lc.17, 24).

Mais cette soudaineté de la venue de Christ se fera dans un monde devenu insensible à Dieu, « comme aux jours de Noé… comme au jour de Lot » (Lc.17, 26.28).  En effet, la venue du déluge fut perceptible à Noé seulement, la venue d’une éruption volcanique « de feu et de soufre » (Lc.17, 29) fut perceptible à Lot seulement parce qu’ils furent seuls à veiller dans la prière alors que leurs contemporains étaient dans l’insouciance à Dieu généralisée :

  • « On mangeait, on buvait, on prenait femme et mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et le déluge vint » (Lc.17, 27).
  • «On mangeait, on buvait, on achetait, on vendait (la monnaie apparaît), on plantait, on bâtissait, mais le jour où Lot sortit de Sodome, Dieu fit tomber du ciel une pluie de feu et de soufre » (Lc.17, 29).

Quel comportement demande donc le Christ devant l’imminence de son retour ? Car Il vient « bientôt » : « Je vais venir bientôt » (Ap.3, 11). Faudra-t-il construire une arche, comme Noé, ou fuir de sa ville, comme Lot ? Il semble que tout ce « faire » sera inutile : « En ce Jour-là, que celui qui sera sur la terrasse et aura ses affaires dans la maison ne descende pas les prendre, et pareillement, que celui qui sera aux champs ne retourne pas en arrière » (Lc.17, 31).

Jésus demande une attitude intérieure, une manière d’être, plus qu’un faire. Il faudra être :

  • Sans nostalgie à l’égard de ce monde, à l’opposé de la femme de Lot qui regarde en arrière, désolée de ce qu’elle quitte : « Or, la femme de Lot regarda en arrière et elle devint une colonne de sel» (Gn.19, 26).
  • Prêt à quitter la vie : « Qui cherchera à épargner sa vie, la perdra, et qui la perdra, la conservera » (Lc.17, 32).
  • Dans la volonté de Dieu, car une même action sera jugée différemment : « Je vous le dis, en cette nuit-là, deux seront sur un même lit : l’un sera pris, l’autre laissé ; deux femmes seront à moudre ensemble : l’une sera prise, l’autre laissée» (Lc.17, 34-37).
  • Dans la prière.
  • Seule la prière permettra de tenir devant l’ampleur du mal : « Un temps viendra, dit Jésus, où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme et où vous ne le verrez pas » (Lc.17, 22).
  • Seule la prière hâtera la délivrance qu’apportera le retour du Christ à ce monde que Satan aura englué dans la seule préoccupation de l’instant présent : «Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers Lui jour et nuit, tandis qu’Il temporise à leur sujet ! » (Lc.18, 8).

Mais le Christ s’interroge : Y aura-t-il encore des élus, des gens qui prieront pour ce retour, marquant la fin des maux de la terre ? « Mais le Fils de l’homme, quand Il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?» (Lc.18, 8). Cette interrogation du Christ nous dévoile que la foi est nourrie par la prière. La foi ne reste, ne se développe, ne se maintient que chez les élus :

  • Qui « crient vers Lui jour et nuit » (Lc.18, 7).
  • Qui prient avec « impudence » (Lc.11, 8)
  • Qui sont lucides. Noé et Lot sont lucides sur le monde qui les entoure. Sainte Thérèse dira même à Marcel Van que les inquiétudes que suscite ce monde sont comme des voix de Dieu pour nous appeler à la prière : « Toutes les inquiétudes qui se présentent à notre esprit sont comme la voix de Dieu qui nous rappelle la nécessité de la prière et la …confiance qui s’abandonne » (Feu et Lumière, n°18, Octobre 91, p.5).
  • Qui « veillent et prient en tout temps » (Lc.21, 36). Veiller ajoute une qualité essentielle à la prière. Il ne suffit pas de « prier », il faut « veiller », car il est possible de « ronronner » dans la prière, à la manière du chat. Le Christ ne demande pas une prière qui « ronronne » mais une prière qui « crie. » Une prière qui crie, crie parce qu’elle voit les dangers, ou parce que son auteur est en danger.

A l’inverse une prière qui « ronronne », ronronne parce qu’elle est attaquée par :

  • La « conversion » à l’esprit du monde où le disciple devient disciple de cette terre plutôt que disciple du Ciel.
  • La force de l’esprit du monde qui, peu à peu, fait aimer cette « petite vie » sur terre.
  • La difficulté de vaincre ce monde qui fait que le disciple se décourage devant ce monde qu’il n’arrive pas à changer : « Ne cède jamais au découragement…ne recule pas devant la difficulté » dit Ste Thérèse à Marcel Van (Marie Michel, L’amour ne peut mourir, éd. Fayard, 1993, p.180.)

Cet évangile éclaire, une fois de plus, la fragilité de l’homme. Il croit le combat, la victoire sur le monde à sa portée, mais, devant la difficulté, il abandonne la foi ou ronronne dans la foi. Or, la victoire ne peut s’obtenir que par une foi persévérante.

Cette foi demande quelquefois une aide. Josué ne vaincra les Amalécites que parce que Moïse est soutenu dans sa prière par Aaron et Hour qui lui soutiennent « les bras » (Ex.17, 12). Jésus Lui-même, à l’heure de sa mort, demandera cette coopération.

Je prie : « Seigneur, je ronronne alors que Tu viens bientôt et que Tu me demandes d’être un héraut pour mes frères, leur annonçant Ta venue, à temps et à contre temps. Donne-moi une foi qui soulève les montagnes par une prière qui crie, par une prière impudente, par une prière qui veille pour affronter les obstacles et les vaincre. Amen. »

Je crie : « Je veille pour ne pas entrer en tentation. »

Seigneur, voici ce que veut ma foi persévérante :

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 74 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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