Faire briller la gloire de Dieu

Homélie sur la Transfiguration de Notre Seigneur

Source image: Clip: "Miséricordieux comme le Père" de Richard Vidal in Webtélé ECDQ

Introduction : La gloire de Dieu…

… dans la vie d’Art Thomas

Art Thomas est né le 15 août 1984. Il a été aumônier de jeunes, écrit des chants, voyage dans le monde entier, spécialement en Afrique où il exerce un grand ministère de guérison, avec beaucoup de simplicité. Ce jeune père de deux enfants a souvent eu, lui-même, des problèmes de santé : une colonne vertébrale fragile, la maladie de crohn. Sa femme a failli perdre son deuxième enfant à 24 semaines. Il a surmonté ces épreuves par la foi, et chacun sait qu’il est plus difficile de croire que Dieu agit pour sa propre santé et celle de ses proches, que pour celles des autres.

Une des raisons pour laquelle il lui était difficile de croire à sa propre guérison était son opinion de lui-même. Le Seigneur lui accorde alors une vision : Il est sur une route brillante et tombe à terre. Il y voit son reflet. « Seigneur, dit-il, je suis fatigué de me regarder, je veux Te voir. » « Tu me vois », lui répond le Seigneur. Le reflet de la route lui renvoie alors l’image du Christ Lui-même. Il se remémore ce verset de l’épître aux Galates : « J’ai été crucifié avec le Christ, ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi. » (Gal. 2, 20) Cette vision, loin de l’enorgueillir, lui donne une foi beaucoup plus large, non seulement en lui-même, mais en son prochain.  

Les Chrétiens connaissent-ils  la discorde, la maladie, la mort-même, c’est parce qu’ils ne discernent pas le Corps du Christ en leur prochain. Si S. Paul le dit à propos de ces gens qui viennent à l’Eucharistie sans y discerner le Corps et le Sang du Seigneur – « Celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation, s’il ne discerne pas le Corps. Voilà pourquoi il y a parmi vous beaucoup de malades et d’infirmes, et que bon nombre sont morts. » (1 Co. 11, 29-30) –  cela est vrai du Corps du Christ qu’est l’Eglise. Elle est malade parce que Ses membres ne croient, ni ne voient  qu’ils sont des membres du Christ : « Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres du Christ ? » (1 Co. 6, 15) dira S. Paul. Et quelques versets plus loin : « Ne savez-vous pas que votre corps est un Temple du Saint Esprit. » (1 Co. 6, 19)

… Dans la vie de 8000 Chrétiens japonais

A l’inverse, le Corps du Christ s’est manifesté glorieusement dans le quartier d’Urakimi, au Japon, où était construit la Cathédrale de Nagasaki. Le 9 août 1945, à 11h 02, « en un instant, 8000 Chrétiens furent rappelés à Dieu et notre Cathédrale disparut dans les flammes », rapporte Takashi Nagai. Il conclut son discours, le jour des funérailles, le 23 novembre 1945, par ces mots : «  Le 15 août, l’Édit impérial mit fin aux combats, et une première lueur de paix recommença à briller sur le monde. » Pour lui, sa communauté avait été « choisie comme holocauste pour que des dizaines de millions d’hommes ne périssent plus victimes des ravages de la guerre. » Huit mille membres  du Corps du Christ avaient apporté la paix au monde.

… doit être connue

Aussi la question de ce jour est de savoir si nous « brillons » comme les Chrétiens de Nagasaki pour apporter un changement à notre continent européen, si nos « corps » reflètent la splendeur du Christ, si nous discernons ce Corps en nos frères ? La question subséquente est simple : Comment faire pour briller et voir la splendeur du Corps du Christ en nos frères ? C’est la question de la Transfiguration.

1. La puissance de Notre Seigneur doit être connue…

… par une lettre de Pierre

« La puissance …de notre Seigneur Jésus-Christ »  (2 P.1, 16) doit tout d’abord être connue. Saint Pierre se sent une obligation de la faire connaître tout spécialement « à ceux qui, avec nous, ont reçu le précieux don de la foi ». (2 P. 1, 1) Comment va-t-il s’y prendre ? Tout simplement par une lettre où il expose :

  • Ce qu’il a « vu »: « Ce n’est pas, en effet, sur la foi de fables ingénieusement imaginées que nous vous avons fait connaître la puissance et l’avènement de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais en témoins oculaires de Sa majesté. » (2 P.1, 16)
  • Ce qu’il a « entendu » : « De la gloire magnifique une voix se fit entendre qui disait: “Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui J’ai mis toutes mes complaisances. “ Et nous, nous entendîmes cette voix venue du ciel… » (2 P. 1, 17-18)
  • Où il était et avec qui lors de cette expérience : « Nous étions avec Lui sur la montagne sainte. » (2 P. 1, 18)

…par une lettre du prophète Daniel

Le prophète Daniel ne s’y prend pas différemment avec les exilés juifs à Babylone. « Etant sur sa couche » il a « un songe et des visions en esprit ». (Dn. 7, 1) Il fait part de ce songe par écrit pour « [raconter] la substance des faits ».  (Dn.7, 1) Deux visions lui ont été données :

  • La première est celle d’ « un Vieillard » qui juge : « Son trône était fait de flammes de feu, avec des roues de feu ardent. Un fleuve de feu coulait, qui jaillissait devant Lui. » Le Vieillard « prend place » pour « un jugement » devant « des millions » qui le servent et des  « centaines de millions devant Lui » : « Le tribunal prit place et l’on ouvrit les livres. » (Dn. 7, 9-10)
  • La deuxième est celle d’un « Fils d’homme » à qui est donnée l’autorité (« domination, gloire et royauté »). « Sa royauté est une domination éternelle, qui ne passera pas, une royauté qui ne sera pas détruite. » (Dn. 7, 13-14)

Pierre invite alors simplement ses lecteurs à « fixer [leur] attention sur [la parole prophétique], comme sur une lampe brillant dans l’obscurité », (2 P. 1, 19) parce que c’est ainsi qu’ils pourront connaître « la puissance de Notre Seigneur  Jésus-Christ ». Contempler la vision de Daniel et de Pierre, quoi de plus simple ?

           

2. La Transfiguration est un appel…

Mais il ne suffit pas de fixer son attention sur les Ecritures. Jésus ne choisit que trois disciples parmi les Douze pour aller « à l’écart, sur une haute montagne ». (Mt.17, 1) Pourquoi ?

… à des braves

Jésus ne manifeste pas Sa gloire à tous, mais à quelques-uns :

  • Parce que Pierre, acceptera de mourir martyr, quand bien-même ce sera un combat : « Quand tu auras vieilli, tu étendras les mains et un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas aller. » (Jn. 21, 19)
  • Parce que Jean, le disciple bien aimé, le seul des Douze à être témoin de la crucifixion, suit Jésus jusqu’au bout et Le comprend mieux que les autres.
  • Parce que Jacques, frère de Jean, sera le premier apôtre à subir le martyre : « Hérode fit périr par le glaive Jacques, frère de Jean. » (Ac. 12,2)

… semblable à celui de David à ses preux

Le choix divin n’est donc pas arbitraire : ces trois, parmi les Douze sont comme les trois preux du roi David. Ces trois preux s’étaient distingués par leur bravoure personnelle, mais aussi par un exploit collectif : alors que David exprimait le désir de boire l’eau du puits de la porte de Bethléem, « les Trois, s’ouvrant un passage au travers du camp philistin, tirèrent […] l’eau du puits […] ils l’emportèrent et l’offrirent à David, mais il ne voulut pas en boire et il la répandit en libation à Yahvé. Il dit : “Dieu me garde de faire cela ! Boirais-je le sang de ces hommes au prix de leur vie ? Car c’est en risquant leur vie qu’ils l’ont apportée !“ » (1 Chrn. 11, 18-19)

… exigeant hier

Il ne suffit donc pas de prêter attention aux paroles prophétiques. Pierre, Jacques et Jean sont invités sur la sainte montagne pour  aller jusqu’au bout de leur écoute. Cette métamorphose se fera peu à peu. Pierre se verra tancé par Paul pour sa lenteur : il reste trop « juif », gardant des coutumes obsolètes qui obscurcissent le message évangélique pour les nouveaux convertis de la Gentilité. « Quand Céphas (Pierre) vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il s’était donné tort. […] Je dis à Céphas, devant tout le monde : « Si toi qui es Juif, tu vis comme les païens, et non à la juive – il a pris des repas avec eux, contrairement à la loi juive – comment peux-tu contraindre les païens à judaïser (à ne plus prendre de repas avec leurs compatriotes) ? » (Gal. 2, 14)

… exigeant aujourd’hui

Cette « transfiguration » ou métamorphose, Paul continuera à la demander aux Chrétiens : « Et ne vous modelez pas sur le monde présent, mais soyez transformés (transfigurés, métamorphosés : μεταμορφοῦσθε)  par le renouvellement de votre esprit  pour discerner quelle est la volonté de Dieu,  ce qui est bon, ce qui Lui est agréable, ce qui est parfait. » (Rm. 12, 2) 

Conclusion : L’exemple des Chrétiens de Nagasaki… 

En d’autres termes, nous vivons le mystère de la Transfiguration :

  • Quand nous prêtons attention à la splendeur de l’Evangile, à la différence des incrédules : « Les incrédules ne voient pas briller la splendeur de l’Evangile où reluit la gloire du Christ. » (2 Co.4, 4)
  • Quand nous croyons que Jésus veut se refléter en nous, comme Il le dit à Art Thomas : « Dieu, qui a dit : “Que la lumière brille du sein des ténèbres“, […] a fait luire Sa clarté dans nos cœurs, pour que nous fassions briller la connaissance de la gloire de Dieu, laquelle resplendit sur la face du Christ. » (2 Co.4, 6)
  • Quand nos actions « brillent » de telle sorte que les hommes glorifient Dieu en nous côtoyant, comme Takashi Nagai, devenu citoyen d’honneur de sa ville, pour son exemple de charité parmi ses compatriotes. « Qu’ainsi votre lumière brille devant les hommes, afin que, voyant vos bonnes œuvres, ils glorifient votre Père qui est dans les cieux. » (Mt. 5, 16)

Prions : « Seigneur, donne-nous de “briller“ par notre méditation des Ecritures, par notre visage, par nos actes, afin que les hommes croient. Amen. »

Oraison jaculatoire : « L’Etoile du matin s’est levée dans mon cœur. »

Question : Comment la fête de la Transfiguration peut-elle être votre fête ? 

Suggestions : Entreprendre une « action » afin que mon prochain puisse en glorifier le Père des cieux, ou faire un acte de foi que mon visage reflète le Christ, ou méditer les Ecritures.

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Geoffroy de Lestrange
A propos Geoffroy de Lestrange 75 Articles
Le père de Lestrange, curé dans le monde rural, a fait ses études supérieures aux États-Unis. Il y a découvert le Renouveau charismatique catholique ainsi que les églises évangéliques. Bénédictin, puis profès simple chez les frères de Saint-Jean, il a découvert par ces contacts divers, l'importance de la prière pour une nouvelle Pentecôte dans l'Église, souhaitée par tant de papes.

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