Comment ai-je rencontré le Seigneur Jésus ?

Témoignage personnel

Mon histoire de foi et d’amour avec le Seigneur Jésus n’est pas extraordinaire ou rocambolesque. Je suis né dans une famille « catholique normale» comme la plupart des familles québécoises des années 50. Ma foi en Jésus reposait beaucoup sur la structure sociale de la chrétienté où tout baignait dans l’uniformité du catholicisme. J’ai donc été baptisé le lendemain de ma naissance et j’ai reçu les autres sacrements de l’initiation chrétienne (réconciliation, eucharistie et confirmation) dès l’âge de sept ou huit ans. J’allais fidèlement à la messe avec ma famille à tous les dimanches.  Je servais la messe dès l’âge de six ans et je me rappelle que j’aimais beaucoup cela.

Je me souviens en particulier de mon grand-père maternel qui était aussi mon parrain de baptême. Il a été pour moi un véritable témoin de Jésus par son dévouement dans le service de l’Eglise. En fait, pendant plus de 60 ans il a fidèlement été bénévole de l’église paroissiale. Il m’a témoigné ainsi d’une générosité sans borne pour le service humble du Seigneur et je suis certain que son témoignage de vie a joué un rôle important pour ma vocation au sacerdoce.

Mais vers l’âge de 18 ans, je commençais à me poser de sérieuses questions sur la foi et sur l’Eglise. Influencé sans doute par le vent de contestation religieuse des années 70, je me demandais qu’est-ce que je faisais encore à la messe du dimanche ? C’est alors que j’ai eu la grâce de rencontrer un professeur de philosophie. Ce professeur avait eu le courage de témoigner devant toute la classe qu’il était un « converti » à la foi catholique. Athée, disciple du philosophe Alain, il avait compris grâce à ses lectures que Dieu existe bel et bien. Je me suis donc rapproché de ce professeur et il a su me convaincre au fil de nos conversations que la science et la foi chrétienne ne s’opposaient nullement. Cette nouvelle conviction m’a beaucoup solidifié dans ma foi. Dorénavant, je n’aurais plus à avoir honte d’être catholique car je savais maintenant que les raisons de croire du chrétien ne relevaient pas de la superstition ni d’une croyance infondée. J’ai même eu l’audace d’écrire un article dans le journal du CEGEP afin de contredire un étudiant qui citait le philosophe Nietzche afin de dénigrer les chrétiens. Cette lettre a été pour moi « providentielle » car grâce à elle, j’ai été amené à connaître un petit groupe de chrétiens appelé « Béthanie ».

Grâce à « Béthanie », j’ai pu vivre ma foi avec d’autres jeunes de mon âge. Nous priions ensemble le chapelet, nous étudiions les documents de l’Eglise, nous partagions avec simplicité et faisions occasionnellement des petites actions d’évangélisation à l’université Laval que nous fréquentions. Par la suite, j’ai été conduit à faire les Exercices spirituels de Saint Ignace de Loyola qui ont été pour moi un point tournant dans la découverte de ma vocation. En fait, c’est au cours de la semaine des Exercices de St Ignace que j’ai perçu pour la première fois l’appel du Seigneur à devenir prêtre. Je me rappelle en particulier que lors de l’adoration eucharistique à minuit, j’ai ressenti cet appel pressant à suivre Jésus dans le ministère sacerdotal. Les contemplations et méditations des évangiles m’ont beaucoup aidé à mieux connaître Jésus à lui faire confiance davantage et à l’aimer. Mais l’Esprit Saint rencontrait de nombreuses résistances en moi car l’appel du Seigneur me faisait terriblement peur. De nombreuses questions surgissaient à mon esprit : Serai-je fidèle à ma vocation ? Serai-je capable d’être prêtre ? La perspective de devoir un jour parler devant des assemblées de l’Eglise me paralysait. Et puis, il faut le dire, je n’étais pas très attiré par le célibat des prêtres car j’aurais désiré me marier.

Mais le Seigneur a été très patient avec moi. Il n’a rien forcé. Je suis reparti de la retraite avec mon questionnement vocationnel. En fait, au sortir de la retraite, je vivais dans une joie immense car je vivais en présence du Seigneur. Tout me rappelait sa bonté, sa beauté, sa sagesse et son amour. Mais en même temps, à chaque jour, me revenait l’invitation du Seigneur : « Viens et suis moi » et je résistais et je repoussais ses invitations. Malgré tout, je continuais à fréquenter le groupe « Béthanie », à prier et à participer à la messe. Jusqu’au jour où durant une action de grâce après la communion de la messe, le Seigneur m’a donné la grâce de m’abandonner totalement à Lui. Il m’a fait comprendre que sans Lui, je ne pourrais jamais répondre à ma vocation. La seule condition afin que je puisse réussir à lui répondre et à surmonter tous les obstacles présents et futurs à ma vocation était que je m’abandonne dans la confiance totale en lui ouvrant mon cœur et tout mon être. C’est ainsi que j’ai eu la grâce de dire « oui » au Seigneur Jésus et que j’ai pu devenir prêtre 7 ans plus tard en 1984.

P. Gérald Lajeunesse omv

Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 42 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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