Adorer Jésus dans l’Eucharistie: une bombe A (P. Nicolas Buttet)

bombe d'amour du Christ

Depuis quelques années déjà fleurissent à nouveau dans les paroisses du monde entier des groupes d’adoration du Saint-Sacrement. Au cœur cœur de ce renouveau, la fraternité Eucharistein située dans le Valais en Suisse, vit l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. 

Ancien avocat et homme politique son fondateur le Père Nicolas Buttet un parcours étonnant qu’il nous raconte:

« Dieu n’a jamais été une question pour moi c’est une évidence intellectuelle. Que Dieu existe, qu’il y ait un créateur… Par contre, un Dieu qui me rencontre, ça, ç’a été quand même quelque chose de plus difficile à accueillir; il a fallu une révolution pour cela. Quand on vit dans le monde, il y a les valeurs du monde qui sont là l’argent, le succès; et Dieu je l’avais laissé un peu de côté: la vie facile, la fête, la foire… Et puis toujours une question au fond de mon cœur qui était là: « mais est-ce que tu es sûr que ce que tu vis te rend heureux? » La réponse est venue en deux étapes importantes.

La première étape c’était la découverte du sacrement du pardon. C’était quelque chose de bouleversant pour moi, après plusieurs années où j’étais loin de tout. L’expérience de ma misère et de ma pauvreté et cette interpellation profonde: va te confesser. Je ne voulais pas du tout! Et ça a duré plus de 2h30 dans une église, à plat ventre par terre à pleurer. C’est tellement à l’envers de l’esprit du monde, de voir que ce qui est notre pauvreté, notre misère, est en fait le lieu de rendez-vous de l’amour et de la miséricorde

La deuxième étape, c’était durant mon stage d’avocat, de découvrir toutes ces souffrances l’humanité de très près, à travers les divorces, la violence conjugale, à travers les guerres pour l’argent, à travers aussi une histoire qui m’a beaucoup beaucoup marqué d’un jeune qui avait violé et brûlé 7 enfants. Et un cri dans mon cœur: mais comment, l’humanité qui ne sait plus aimer qui a perdu le sens de l’amour? Et puis quand on montre quelqu’un du doigt, il y a toujours 3 doigts qui nous montre soi-même et du coup je me suis dit: « mais c’est toi qui a un coeur dur aussi et tant que ton coeur ne changera pas, rien ne pourra changer dans le monde. » 

J’avais un ami qui était dans une maison d’accueil de personnes handicapées physiques et mentales, en Italie, qui s’appelle Cottolengo, la petite maison de la divine Providence et j’ai décidé de passer mes vacances là-bas de Noël. Le premier soir a été une étape importante. J’étais fatigué et le frère me dit, vers 10h: « on va juste voir si les malades dorment bien ». Et de fait, il dormaient très bien. Seulement, on avait purgé les malades et sur vingt, dans un dortoir, 18 étaient pleins de la tête aux pieds. Il me dit « eh bien, on va les nettoyer ! » Et quand j’ai levé la première couverture et que j’ai vu ce qu’il y avait dessous, je me suis dit: « Oulala, les plus sales sont pour lui, ça fait dix ans qu’il est dans la boîte, il s’en sortira mieux et que moi. Et moi je prendrai les moins sales. » Et comme le deuxième était aussi sale que le premier, je suis revenu au premier. 

Et j’ai avancé. Ç’a duré 2h30 et plus j’avançais, plus  j’étais heureux ; non pas tant d’avoir les mains dans tout ça, mais dans ces paroles du Christ qui résonnaient en moi: « Tout ce que tu as fais au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que tu l’as fait. » Il y avait cette splendeur de la dignité humaine qui éclatait sous les aspects les plus pauvres. Le visage du Christ qui était là : l’inviolable et l’incomparabilité de chaque être humain, non pas en fonction des talents qu’il a, non pas en fonction des capacités intellectuelles, non pas en fonction de ce qu’il peut faire ou rapporter, mais en fonction de ce qu’il est.

Du coup, j’étais plus fatigué après avoir fait ça et je me suis rendu à la chapelle. Il y avait l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement et pour moi c’était vraiment la découverte du Christ, là aussi. Je ne sais pas comment l’expliquer. Une certitude de foi, une certitude inébranlable depuis ce jour-là que le Jésus de Nazareth, celui qui est dans la crèche de Bethléem, celui qui est mort sur la croix à Jérusalem, c’était le même Jésus qui était là ce soir sous un look, une apparence différente, l’apparence d’un bout de pain, mais c’était le même Jésus qui était là; que ma vie serait passé de Jésus à Jésus, Jésus sous le visage des frères pauvres en haut, et handicapés, à Jésus au Saint-Sacrement.

Après cette découverte fondamentale, Nicolas Buttet s’engage dans son Église, un service qui le conduira bientôt au Vatican où il est appelé pendant plusieurs années. Il parcourt le monde pour préparer des conférences pour le compte du Conseil pontifical Justice et Paix. Face à la misère et au désespoir qu’il rencontre ils sent un appel à se retirer pour prier. Il s’installe alors dans un petit ermitage à flanc de montagne pour se consacrer à la prière dans la solitude.

Ses rencontres se multiplient, de plus en plus de monde monte à l’Ermitage pour prier avec lui. L’évêque fini par lui demander de fonder un lieu d’accueil et de prière.

Benoît XVI a eu cette audace de comparer l’Eucharistie à une bombe atomique, une bombe A. Il y en a plusieurs qui peuvent exploser: celles qui détruisent l’humanité et la création, et puis il y a la bombe « A » d’amour qui peut exploser et qui explose sur tous les autels du monde dans tous les tabernacles du monde. C’est la bombe d’amour du Christ présent. Mais je vois aujourd’hui avec tous les jeunes qu’on accueille aussi, c’est ça qui transfigure tout. Et si la maison tient et si on voit tant de jeunes  sortant de la drogue, de la dépression, de la violence, c’est parce que le Christ rayonne et qu’il est adoré jour et nuit. Sans ça, ça ne serait pas possible. 

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