3 signes que notre prière est inspirée par l’Esprit Saint

Homélie du 20° Dimanche Ordinaire A Evangile : Mattieu 15, 21-28

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« Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Matthieu 15, 22-23

La prière de cette femme cananéenne est véritablement un modèle de prière qui doit inspirer toute évangélisation. En fait, comme on le sait, l’évangélisation de nos frères et sœurs doit nécessairement commencer par la prière. Or, cette prière doit aussi être inspirée par l’Esprit Saint afin d’atteindre son but. Mais on peut se demander : quels sont les signes que notre prière est vraiment inspirée par l’Esprit Saint ? Voici trois (3) signes qui peuvent nous assurer que notre prière est inspirée par l’Esprit Saint selon l’exemple de la Cananéenne :

L’Amour

La cananéenne est inspirée par son amour pour sa fille qui est tourmentée par un démon. « Elle disait en criant : ‘Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David’ ». Cette femme aimait tellement sa fille qu’elle était prête à enfreindre toutes les barrières culturelles qui la séparait du Juif qu’était Jésus pour obtenir sa guérison. En effet, beaucoup de choses séparaient les Cananéens des Juifs car ils étaient des ennemis jurés depuis des siècles. Ainsi, la foi de cette Cananéenne était si empreinte d’amour pour sa fille qu’elle était prête à surmonter toute l’animosité et la rancœur ancestrales que son peuple avait accumulées contre les Juifs au long de son histoire. Cela est certainement le fruit de l’Esprit Saint qui seul peut susciter la force du pardon pour nos ennemis.

D’ailleurs, la prière de la Cananéenne est assurément inspirée par l’Esprit Saint car il est le seul qui puisse nous faire surmonter les blocages et les barrières humaines que sont les différences culturelles, les conflits politiques et les frontières géographiques pour faciliter la réconciliation entre les peuples ennemis. Ainsi, l’amour des ennemis est le signe certain que notre prière a pour origine l’Esprit de Dieu. Car l’Amour qui vient de Dieu ne nous porte pas seulement à aimer notre famille et les gens qui nous ressemblent et qui vivent dans la même culture ou le même pays que nous. L’Esprit Saint nous appelle à aimer tous les hommes de toutes les nations car tous sont appelés à faire partie de la grande famille de Dieu notre Père. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Jésus a envoyé ses disciples annoncer la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu à toutes les nations (cf. Matthieu 28, 19).

Une prière inspirée par l’humilité

La Cananéenne démontre une humilité extraordinaire. Elle ne fait pas reposer sa prière sur ses mérites personnels ou sur ses qualités ou ses bonnes actions. Lorsque Jésus semble répondre négativement à sa requête en disant : «Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens», elle reprit : «Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres.» La femme reconnaît humblement sa situation de ne pas être « fille du Peuple choisi par Dieu pour annoncer le Salut ». Elle reconnaît aussi en vérité son état de pécheur. Mais son humilité lui donne aussi l’audace de revendiquer la miséricorde divine. Ainsi, son humilité touche profondément le Cœur de Jésus et lui permet de recevoir la grâce demandée. Or, la véritable humilité est un don de l’Esprit Saint, l’Esprit de Vérité qui nous libère intérieurement de notre orgueil qui nous emprisonne. « La Vérité vous rendra libres » disait Jésus.

Une prière insistante et persévérante

La prière de la Cananéenne est insistante et persévérante parce qu’elle espère tout de la bonté infinie de Dieu. Souvent, nous cessons de prier parce que nous cherchons des résultats à notre prière. Mais la prière de la Cananéenne nous enseigne la gratuité totale et la confiance absolue que chacune de nos prières sont importantes pour le Seigneur afin de réaliser la Volonté de Salut du Père qui doit se réaliser d’une façon que Dieu seul connaît. Ainsi, c’est l’Esprit Saint qui nous donne la patience et l’abandon total dans la Miséricorde de Dieu et qui nous fait « espérer contre toute espérance ». Même si nous demandons de bonnes choses selon l’Esprit Saint : par exemple, le salut pour tous nos frères et sœurs et leur conversion à l’évangile, l’Esprit Saint qui suscite notre prière nous donnera aussi la persévérance nécessaire pour obtenir du Seigneur toutes les plus grandes grâces.

Questions pour le partage en petit groupe

  • Est-ce que je prie pour mon oïkos (mon entourage) et spécialement pour ceux et celles qui me semblent le plus éloignés de la foi chrétienne ?
  • Est-ce que je reconnais les signes de l’inspiration de l’Esprit Saint dans ma prière ?
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Gérald Lajeunesse
A propos Gérald Lajeunesse 88 Articles
Le père Gérald Lajeunesse est prêtre et membre de la Congrégation des Oblats de la Vierge Marie (omv). Il est curé de la Mission italienne San Domenico Savio, à Montréal.

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